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 A mouflon donné, on ne regarde pas les dents [PV Seratine]

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Adma
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MessageSujet: A mouflon donné, on ne regarde pas les dents [PV Seratine]   Dim 8 Déc - 23:19

Eldoria n'était pas un si mauvais choix. Pas véritablement qu'elle ait eu le choix, au demeurant, mais ce n'était pas véritablement un problème. Elle avait l'habitude d'être traînée à droite ou à gauche selon les envies d'un maître ou d'un autre. Aller porter ceci, aller à tel endroit, réparer cela. Tout, du moment qu'elle n'avait pas besoin de rentrer dans des bâtiments, quels qu'ils soient. Elle s'était "enfuie" des dizaines de fois déjà. Briser ses chaînes pour sortir, juste. Elle n'allait jamais plus loin. Ne posait le pied dans les cavernes sales que pour soigner les autres Hybrides.

Elle ne pouvait soigner ses propres blessures et peinait parfois à couvrir les coups de fouet qui avaient meurtri son dos, ou même la dent qui avait été brisée. Elle restait douloureuse, parfois. Le trajet jusqu'à la Capitale n'avait pas été des plus aisés. Loin de là, même. Il avait fallu marcher longtemps, depuis les Terres Indépendantes. Lorsqu'elle réfléchissait, beaucoup de choses pesaient encore sur son esprit. Le souvenir d'un Griffon affectueux, d'une main douce, d'une voix grave, d'un sourire... d'une gerbe de sang, d'un dernier cri.

Un des gardes du corps du convoi l'avait vue soigner une jeune esclave et n'avait pas manqué en parler au marchand. De quoi augmenter son prix. De quoi leur faire comprendre son attitude. "Crache ton sort, saleté d'Hybride". Ils l'avait rudoyée tout le long du trajet. Elle avait à peine pu voir les vallées, les forêts au loin. Les montagnes, plus loin encore. La montagne, la neige, le froid. Tout ce qui lui manquait, parfois.

La ville. Sensation d'étouffement. Bâtiments hauts, des pavés sous ses pieds nus. La crasse et la puanteur. Échos dérangeants de bruits assourdissants de métal, de brouhaha de foule, de claquements de fouet. Passage rapide aux bains. Traitement de faveur. Elle est lavée, frottée, peignée, ointe. Ils lui font enfiler une tunique blanche immaculée, fine. Un diadème de métal s'enroule autour de ses cornes, pend sur son front. Elle n'est pas enchaînée. Se tient droite, immobile sur l'estrade, le regard dans le vide. En réalité, elle observe. Personne n'a été mal traité. Elle n'est qu'une marchandise sur un étal, comme un poisson sur le port dont on vendrait les qualités nutritionnelles.

Un grand homme brun, habillé de vêtements de qualité, attire son regard. Pas que le sien. Son port de tête, ses attitudes. Une personne de qualité. Noble ou riche, au moins. Elle aurait aimé que rien ne change dans sa posture, mais elle sentait qu'elle s'était redressée. L'habitude. Plaire aux maîtres, se présenter sous son meilleur jour. Quelque chose d'autre aussi. Une impression, peut-être. Quelque chose qui le lui rappelait.

Finalement, de près, il n'était pas si grand que ça. Mais le marchand intéressé les avait laissés en tête-à-tête, où elle s'était retrouvée sous le feu roulant de ses questions. Il avait vendu ses compétences de guérisseuse, son passé de dame de compagnie. Ce n'était pas tout à fait exact. Elle avait simplement déjà exécuté des travaux d'aiguille, et fait office de page pour... Elle n'avait pas réussi à le dire. Sa voix placide s'était à peine élevée dans la tente. Elle n'avait pas relevé les yeux. Elle venait d'une bonne maison, était Domestique depuis sa naissance. Et non, elle ne savait pas lire, ni écrire.

Le marchand revint, un échange fut conclu. Elle ne savait pas exactement ce qui s'était passé. Ce qu'elle avait dit pour le convaincre. Difficile à dire. Mais elle l'avait suivi, parce que c'est ce qu'on attendait d'elle. Elle n'avait aucune affaire à prendre ou à récupérer. Elle suivait la silhouette, silencieuse, agile, en observant le ciel qu'elle apercevait entre les toits. Mieux valait cela que ne voir que des murs. Puis une porte fut franchie. Des grandes salles. Son souffle était un peu haché. Son cœur battait vite. Ses oreilles s'agitaient. Une phrase attire son attention. Quelque chose s'approchant de "Vois ce que j'ai déniché pour toi, petite sœur." Le temps de lui vanter ses mérites présumés. Elle avait déjà plongé dans une révérence profonde née de l'habitude.

Maintenant qu'elle y pensait, personne ne lui avait demandé son nom... Et la laine de ce tapis était d'excellente qualité...
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Seratine Meldoval
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MessageSujet: Re: A mouflon donné, on ne regarde pas les dents [PV Seratine]   Mar 10 Déc - 15:16

Une fois passée l'émotion de l'adoubement, ne restait plus que l'attente, qui paraissait interminable à Seratine. Elle était désormais Chevalier-Dragon, du moins de titre, mais n'avait pas encore pris officiellement ses fonctions. Et surtout, surtout, elle n'avait pas encore eu la chance de se rendre au Canyon Rouge pour y chercher le dragon qui deviendrait son compagnon. En effet, plusieurs autres Chevaliers avaient reçu leur titre à peu près en même temps qu'elle, et il avait été décidé qu'une expédition serait organisée afin qu'ils se rendent tous ensemble en quête de leurs écailleuses montures.

Donc, la jeune femme attendait. Ou, plus exactement, elle tournait en rond dans la luxueuse demeure que sa famille possédait à la capitale. Elle ne savait même pas combien de temps encore il lui faudrait patienter. On n'avait pas pris la peine de lui donner une date, ni même une estimation, il lui avait simplement été demandé de se tenir disponible pour quand le moment serait venu, d'ici peu de temps. Mais, bien sûr, « peu de temps » peut être une chose très relative... Les heures, parfois, semblent se compresser, se précipiter les unes à la suite des autres au point de donner l'impression de n'être guère plus que des minutes ; alors que d'autres fois, tout au contraire, les secondes paraissent s'étirer à l'infini, comme pour repousser le plus possible un moment tant attendu. C'était bien entendu dans le deuxième cas que se trouvait Seratine, qui rongeait son frein, et s'entraînait frénétiquement pour tenter de faire passer sa frustration.

C'est d'ailleurs au sortir d'un de ces entraînements effrénés que la trouva son frère aîné. Après la cérémonie l'élevant au rang de Chevalier-Dragon, pour laquelle tout la famille s'était réunie, Monsieur le Baron et son épouse étaient rentrés dans leur domaine afin de veiller à la bonne marche d'icelui, emportant dans leur bagages les plus jeunes de leurs enfants. Seratine, bien entendu, était pour sa part restée à la capitale, dans l'attente de ses ordres, s'attendant à y rester seule – exception faite des domestiques, bien entendu. Mais Drucas, l'héritier en titre, avait décidé de lui tenir compagnie également, arguant qu'il avait des affaires à régler en ville avant de rentrer. Affaires consistant principalement à courtiser les belles demoiselles et profiter des somptueuses et innombrables fêtes et bals qu'offraient la vie animée de la cité, ô combien plus palpitante aux yeux du jeune homme que celle de leur morne manoir esseulé. Ce dont sa sœur cadette avait clairement conscience mais que, fort heureusement pour lui, son très cher père ignorait totalement, autorisant donc ces vacances improvisées.

Ce que la jeune femme ne savait pas, en revanche, c'est que le séjour de son frère avait également u autre but, qu'elle ne découvrit qu'au moment où il la retrouva, donc, alors qu'elle venait tout juste de regagner ses appartements, échevelées et en sueur, portant toujours l'armure qu'elle avait mise pour s'exercer. L'après-midi était bien entamé, sans pour autant toucher à sa fin, aussi ne fut-elle pas étonnée par sa présence, ni à la maison – puisqu'il sortait principalement le soir – ni dans sa chambre personnelle, ayant pris l'habitude qu'il vînt la voir pour tenter de la distraire de son impatience. La surprise venait du fait que, cette fois, il n'était pas seul. Une jeune esclave, aisément reconnaissable aux majestueuses cornes qui ornaient sa tête, avait suivi son sillage et se tenait maintenant dans la pièce, silencieuse et réservée, plongée dans une révérence irréprochable.

Le regard de la jeune noble passait tour à tour de son frère à l'Hybride, interrogateur. Elle connaissait fort bien les esclaves appartenant à sa famille, et celle-ci n'en faisait de toute évidence pas partie. Du moins pas avant cet après-midi, si elle comprenait bien ce qu'il venait de se passer. Et au cas où un doute aurait subsister, la remarque de son aîné veilla à le dissiper bien rapidement. Elle fronça les sourcils, manifestement prête à regimber, mais le jeune homme la pris de vitesse sans lui en laisser la chance.

« Tu sais combien Père insiste pour que tu prennes une Dame de Compagnie. Une jeune femme de ta condition, et surtout maintenant, avec ton titre... Je ne vais pas te refaire sa tirade, je suis sûr que tu la connais par cœur à force. Et je sais combien il t'ennuie d'avoir à en chercher une. Eh bien voilà, j'ai réglé le problème, je l'ai trouvée pour toi ! »

Il était manifestement très fier de lui, bien que sa sœur parut nettement moins convaincue qu'il ne l'avait espéré. Elle se contenta de rouler des yeux au ciel, secouant la tête d'un air désapprobateur.

« Ce n'est pas le problème, Drucas, et tu le sais très bien. Je suis parfaitement capable de m'habiller et de me coiffer toute seule, je te signale. Que veux-tu que je fasse d'une dame de compagnie ?! »

De toute évidence, il avait attendu cette question, comme le démontra la vitesse avec laquelle il répliqua.

« Mais justement, j'y ai pensé ! Elle n'est pas qu'une simple dame de compagnie, mais aussi une guérisseuse hors-pair. Elle pourra te soigner après que tu aies mis nos dangereux criminels hors d'état de nuire. Comme ça tu seras certaine de garder ton joli minois intact, et moi je m'inquiéterai un peu moins pour toi. »

Cette fois, l'expression de la combattante oscillait entre l'ire, la consternation, l'attendrissement et l'amusement. Elle devait bien reconnaître que c'était une gentille attention, même si elle n'était toujours pas convaincue de sa pertinence. Elle répondit tout de même, avec un sourire en coin.

« Tu veux que je t'arrange ton joli minois, pour te prouver que je peux me débrouiller toute seule ? »

Cette fois-ci, Drucas se contenta d'un haussement d'épaule, comme s'il avait considéré cette possibilité depuis le départ.

« Tu pourrais, mais qu'est-ce que ça prouverait ? Tu peux me botter les fesses depuis que tes onze ans... Considère que c'est seulement pour me rassurer. Et puis comme ça, Père cessera de t'ennuyer avec cette histoire. »

La discussion aurait pu continuer indéfiniment. Seratine savait son frère bien plus têtu qu'elle, et bien meilleur aux joutes verbales. Elle n'avait aucune chance de gagner contre lui, et elle était de toute manière trop fatiguée pour essayer. Et elle ne pouvait cacher que son inquiétude la touchait. De plus, l'esclave était déjà achetée... Elle n'allait tout de même pas la renvoyer, la pauvre. Surtout qu'elle ne voulait pas que l'Hybride pense que c'était de sa faute, qu'elle ne la jugeait pas assez bien pour elle ou toute autre idée saugrenue du genre. Aussi se contenta-t-elle de hocher la tête pour indiquer qu'elle acceptait, se fendant tout de même d'un soupir résigné. Puis elle s'approcha de l'esclave, l'examinant du regard quelques instants avant de lui relever doucement la tête. Elle lui offrit un sourire avant de demander, d'un ton bien plus doux que celui sur lequel elle s'était adressée à son frère :

« Comment t'appelles-tu ? »
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Adma
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MessageSujet: Re: A mouflon donné, on ne regarde pas les dents [PV Seratine]   Mer 11 Déc - 11:58

Dans des instants de flottement, et de rares instants d'illumination, Adma se demandait ce qui faisait l'esclave, quelle était leur essence, ce que l'on attendait véritablement d'eux. Si personne ne le leur avait imposé, ç'aurait pu être une vocation, subtile et complexe. Elle se vantait un peu, car elle n'avait jamais eu l'intelligence suffisante pour ça. Il ne s'agissait pas exactement que d'obéir. Il fallait écouter sans entendre, anticiper sans présomption, parler sans un mot, s'agiter en restant immobile, être un individu identifiable et remarquable tout en n'étant qu'un objet... Et surtout, par-dessus tout, savoir se faire oublier. Et en cela, sans aucune fausse modestie, elle excellait. Malgré ses cornes et malgré sa carrure, elle semblait aussi inconsistante qu'un souffle.

La preuve, ses Maîtres parlaient, alors qu'elle restait pliée en deux dans sa révérence profonde, totalement immobile, se fondant dans le décor. Elle parcourait de ses yeux dorés les volutes dans le lainage du tapis, repérant les imperfections. Elle aimait travailler la laine. Une sensation de reconnaissance dans cette texture pelucheuse, douce. Des souvenirs de flocons glacés pendant qu'elle cardait. Le claquement des navettes alors que des motifs prenaient naissance sous ses longs doigts fins étrangement agencés. Un pouce un peu court, un majeur et un annulaire de l'exacte même taille, un peu trop écartés.

La sensation d'une mèche de cheveux glissant sur son épaule, l'odeur de métal, de transpiration. Brouhaha de voix dont elle entendait les mots sans les comprendre. Tant qu'ils ne la concernaient pas, elle n'en garderait aucun souvenir. Sa présence n'était pas souhaitée. Langage corporel entraperçu du coin de l’œil. Ils se connaissaient, s'appréciaient. Elle ferma quelques secondes les paupières. La plupart des gens avaient du mal à fixer ses prunelles fendues à l'horizontal.

Un discours guerrier, une voix claire. Très doucement, sans un bruit, presque sans un mouvement, ses doigts se crispèrent sur sa tunique. Mélange de sensations. Confusion de sentiments. Une part de soulagement, peut-être, à la perspective d'être à nouveau au service d'un guerrier. Peur d'échouer à nouveau. Peur de lui être loyale aussi, peut-être. D'oublier, un peu. Déplacement d'air, un soupir exaspéré, des pas qui s'approchent, une armure qui claque. L'odeur se fait plus forte, envahissante, prégnante. Écœurante. Il lui faudrait le temps de s'y habituer.

Elle n'a pas eu besoin de se forcer pour voir le mouvement. Sa vue n'était pas excellente, mais peu de mouvements lui échappaient, et elle n'avait pas besoin de relever la tête pour la regarder approcher. Elle releva la tête sans tout à fait la laisser effleurer son menton. Elle avait oublié. Regarder sans voir. Elle observait sa nouvelle maîtresse, l'air serein et inoffensif. Avoir une Maîtresse. Ce serait une grande première. Un lent sourire étire ses lèvres alors que ses yeux semblent fixer un point vague, quelque part aux alentours de sa gorge. Elle faisait à peu près la même taille qu'elle.

Son corps gracile se détendit alors que sa voix douce s'élevait. C'était une voix qu'elle avait dû apprendre à contrôler. Une voix qui évoquait la neige enveloppante, et la chaleur d'une couverture de laine. Tout était un outil pour plaire au Maître, chez un esclave. Même le plus infime mouvement. Ses doigts s'étaient décrispés, sa tunique était retombée en plis souples alors qu'elle se redressait.

"Adma, Maîtresse."

Il n'y avait rien de plus à dire. On ne lui avait rien demandé de plus. Et elle ignorait comment l'appeler également. Pourquoi donc les Maîtres semblaient-ils penser qu'un esclave savait tout avant même leur arrivée alors qu'ils étaient toujours les derniers informés? Aucun ressentiment, aucune colère dans cette pensée. Une pointe d'exaspération, peut-être. Ce n'était pas évident, parfois, de concilier la soumission et la praticité. Non, pas du tout...
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Seratine Meldoval
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MessageSujet: Re: A mouflon donné, on ne regarde pas les dents [PV Seratine]   Sam 14 Déc - 14:45

La jeune fille était fort jolie. Non pas que cela eut réellement une quelconque importance, bien évidemment, mais il était toujours plus plaisant de retrouver chaque jour un visage agréable. Elle dégageait une impression de grande fragilité, sans que Seratine ne pût dire si cette dernière était renforcée ou tempérée par les larges cornes éburnéennes qui encadraient son visage doux et harmonieux. Il ne semblait pas étonnant que son frère l'eut choisie, elle avait tout à fait la tête de l'emploi avec son air délicat, effacé et serviable. Bien sûr, il ne s'agissait là que de physionomie, qui ne disait en réalité rien ou si peu sur son caractère réel, et encore moins sur ses capacités ou sa connaissance de l'emploi auquel elle était destiné.

Mais, paradoxalement, ces considérations étaient tout à fait secondaires aux yeux de la jeune femme. Elle ne savait que trop bien combien les apparences comptaient, surtout dans le monde de la noblesse. Si le baron lui-même avait tant insisté pour qu'elle se trouve une dame de compagnie, ce n'était après tout pas par souci de son confort personnel, mais bien à cause de l'image que cela renverrait d'elle, elle en était bien consciente. Et, en terme d'image, Adma était tout simplement parfaite pour son rôle. Drucas avait raison au moins sur ce point, leur père serait amplement satisfait. Et, tant qu'il la laissait tranquille avec cette histoire, sa fille l'était aussi. Quant à savoir ce valaient réellement les compétences de l'hybride, eh bien elle le saurait bien assez tôt, et de toute manière ça ne comptait pas vraiment. Comme elle l'avait dit elle-même, Seratine ne se ressentait pas le besoin d'une dame de compagnie, aussi, de son point de vue, une incompétente ferait aussi bien l'affaire que la plus efficace d'entre elles. Elle ferait simplement son possible pour que toutes deux s'entendent aussi bien qu'elles le pourraient, et tout irait pour le mieux.

Toutes ces considérations, pour longues qu'elles puissent sembler, ne prirent en réalité qu'un bref instant, se déroulant en arrière-plan dans l'esprit de la jeune noble tandis qu'elle observait, écoutait puis répondait à sa nouvelle servante, d'un ton charmé et sincère.

« Enchantée, Adma. Quant à moi, tu peux m'appeler Seratine. Notant le regard que lui adressa soudain son frère, elle roula des yeux au ciel avant d'ajouter, comme si c'était la suite naturelle et prévue de ce qu'elle venait de dire : Au moins en privé. En public, "Mademoiselle" suffira. À moins que tu ne sois plus à l'aise avec "Maîtresse", évidemment. Fais comme tu préfères. »

Le moins que l'on puisse dire est qu'elle n'avait jamais été pointilleuse sur les titres, a plus forte raison avec les personnes proches d'elle, qu'ils soient esclaves ou non. Elle était bien consciente que ce n'était pas le cas de tout le monde. Certains exigeaient de tous leurs esclaves qu'ils les appellent "Maître" et s'adressent à eux avec une déférence servile, tandis que d'autres refusaient catégoriquement d'être appelés ainsi. Ce qu'elle trouvait respectivement infiniment arrogant et parfaitement hypocrite. Pour sa part, elle préférait laisser chacun faire à sa guise, n'attendant de la part des esclaves ni plus ni moins de respect qu'elle-même n'en accordait à n'importe qui. Elle avait conscience de sa position et l'assumait parfaitement, et n'avait nul besoin qu'on la lui rappelle constamment avec obséquiosité, ni que l'on prétende qu'elle était autre chose que ce qu'elle était pour tempérer un vague sentiment de culpabilité, ou quelle que fut la raison qui poussait certaines personnes à interdire à leurs esclaves de les appeler "Maître" si cela les chantait.

« Quoi qu'il en soit, je te souhaite la bienvenue dans la famille Meldoval. J'espère que tu te plairas parmi nous. Si tu as des questions, à quelque sujet que ce soit, n'hésite surtout pas à les poser. Je ne suppose pas que mon frère ait eu la bonne idée de te faire visiter les lieux avant de t’amener à moi ? »

Elle attendit de recevoir confirmation à sa question qui n'en était qu'à moitié une puis reprit, lançant un regard éloquent au concerné.

« Bien sûr que non. Et je présume qu'il n'a pas le temps de s'en occuper maintenant, puisqu'il lui faut aller se préparer pour la fabuleuse et immanquable fête de Madame de Je-ne-sais-qui ce soir ? Bien sûr que oui. Eh bien je m'en voudrais de te faire manquer à tes obligations, va donc, je m'occupe de la suite. »

Alors que le jeune homme sortait, sans même prendre la peine d'afficher un air désolé alors qu'il lançait un ultime « Amusez-vous bien, Mesdemoiselles » auquel sa sœur ne daigna pas répondre avant qu'il ne refermât la porte derrière lui, Seratine avait à nouveau reporté son attention sur Adma.

« J'aurais préféré commencé par ça, mais comme tu l'auras peut-être remarqué, je reviens tout juste de l'entraînement. Je suis sure que la visite serait plus agréable pour toutes les deux si elle attend jusqu'à ce que j'aie pris mon bain et que je me sois changée, comme j'étais sur le point de le faire, qu'en penses-tu ? »

Elle laissa à la jeune fille le temps de répondre avant de se tourner de côté, lui indiquant les sangles qui retenaient son armure ainsi que les gestes à effectuer.

« Puisque tu es là, veux-tu bien m'aider à retirer tout ça ? Ça me prend un temps fou de m'en occuper toute seule. »
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Adma
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MessageSujet: Re: A mouflon donné, on ne regarde pas les dents [PV Seratine]   Sam 14 Déc - 19:24

Enchantée. Adma n'était pas enchantée. Ne l'avait jamais été juste après un achat. Trop de problèmes en perspective. L'adaptation. Elle avait toujours du mal à se souvenir des ordres. Elle voyait l'extérieur et oubliait le reste, elle oubliait. Elle obéissait toujours, mais il fallait lui répéter de nombreuses fois les mêmes choses. Dehors, pendant ce temps passé sur les routes, ç'avait été plus facile. Mais il ne lui demandait pas grand-chose. Elle n'en faisait pas autant que ce qu'on attendrait d'elle dans une telle Maison. Les pièces étaient vastes, mais l'étouffement guettait, il fallait être prudente.

Elle n'était donc pas enchantée, et nota avec satisfaction qu'elle n'était pas obligée d'appeler sa nouvelle Maîtresse par son prénom. Une bonne chose. La familiarité avec quelque chose de dérangeant. Elle ne détestait pas être esclave, elle appréciait même plutôt de servir quelqu'un. Elle aurait aimé le faire dehors, mais elle ne choisissait pas. Ce n'était pas plus mal, de ne pas choisir. La dernière fois qu'elle avait dû le faire, un homme de bien était mort. L'appeler "Demoiselle" semblait condescendant. Si elle se souvenait bien ce qu'il lui avait expliqué, les enfants nobles envoyés dans l'Armée devenaient Chevaliers. Elle aurait donc dû l'appeler Messire Chevalier. Et ce n'était pas certain que cela lui plaise. Maîtresse était tout aussi bien. A cela aussi il faudrait s'habituer. Elle n'avait eu que des Maîtres jusque-là.

Elle inspira profondément l'odeur de métal et de transpiration. Faire comme elle préférait. Ce n'était pas certain qu'il s'agisse d'une bonne stratégie. Elle avait entendu parler de Maîtres qui disaient cela pour interdire à leur esclave de le faire ensuite. Mais si elle devait en croire ses instincts de proie, la femme qui lui faisait face n'était pas une menace. En tous cas pas pour elle. Elle n'avait pas pour objectif de l'encorner à court, moyen ou long terme, mais s'il le fallait, elle s'échapperait à nouveau, en cas de torture. Même si elle ne s'était pas échappée à l'époque. Mais elle ne l'avait pas rencontré.

Un soupir inaudible lui échappa. La discussion avait repris et ne lui était pas destinée. Elle laissa les paroles s'évanouir dans son esprit. Au moins, elle s'était redressée. Elle observait la pièce en tentant de faire abstraction des murs et des portes fermées. Il n'y avait pas grand-chose à en dire. L'homme finit par les quitter et sa Maîtresse s'adressa alors à elle. C'était étrange. Elle semblait demander les choses plutôt qu'ordonner. C'était... inconfortable plus qu'inhabituel. Son visage aux traits placides ne bougea pas alors que ses yeux acquiesçaient. Effectivement, elle ne serait pas déçue de faire avec un peu moins d'odeur. Les senteurs fortes lui rappelaient l'emprisonnement, et l'emprisonnement lui rappelait les murs qui semblaient se rapprocher, se refermer sur elle, ainsi qu'une sensation distincte de tiraillement dans ses cornes. Mauvais souvenirs.

Elle n'en pensait rien, cependant. Si sa Maîtresse avait voulu se promener nue dans les rues de la ville ou faire preuve d'un comportement indécent, elle n'avait pas son mot à dire. Si elle s'était montrée violente, elle aurait peut-être plus eu à redire, mais en l'occurrence, rien de tel. Elle croisa une seconde son regard, ses prunelles dorées ne se fixant pas très bien sur les siennes. Vide, terriblement. Elle resta immobile jusqu'à ce qu'elle se tourne pour lui présenter son flanc et les sangles qui retenaient son plastron. Une amorce de sourire effleura ses lèvres. Bons souvenirs.

Elle n'avait pas besoin de ses instructions, mais elle n'en hocha pas moins la tête, alors que ses doigts fins s'agitaient. Elle semblait ne même pas l'effleurer alors que, une à une, les attaches se défaisaient. Elle l'aida à retirer les protections, la faisant tourner sur elle-même par de légères pressions de la main, mais sans un mot. Elle avait envie d'imaginer sa voix grave, son corps large, alors qu'elle faisait de même, en un autre temps, lui semblait-il. Elle sentait presque le vent dans ses courts cheveux laineux, sur sa peau blanche. Un sourire doux illuminait son visage alors que, finalement, elle allait ranger les pièces d'armure sur leur présentoir. Elle s'occuperait de les entretenir ensuite. Elle retira le baudrier d'une main experte, écartant les bras de sa Maîtresse comme si elle contrôlait la situation bien plus que l'inverse. Elle ne l'avait pas laissée essayer de participer.

Une fois le métal enlevé, l'odeur avait été plus forte, mais une fois l'armure matelassée retirée, c'était un peu mieux. Encore un peu, et elle saurait véritablement ce que la femme sentait. Il ne restait plus qu'à savoir si elle voulait son aide dans la salle d'eau ou si elle devait s'occuper de ses affaires. Son air assuré des quelques dernières minutes s'évanouit, laissant à nouveau place à la docile esclave qu'elle avait été, qui s'inclina légèrement avant de demander de sa voix toujours aussi douce et riche:

"Souhaitez-vous que je vous accompagne afin de vous laver, Maîtresse?"

Elle espérait un non, mais cela ne s'était pas entendu dans sa voix. Pas tout à fait. Peut-être que si? Non, impossible... Elle se redressa, les doigts entrelacés, attendant, passive, aussi immobile qu'un lac par un jour calme. Peut-être aussi insondable. Non, elle se flattait certainement. Ses yeux avaient cherché l'armure, même si elle n'avait pas besoin de les tourner beaucoup. Vision large. Elle avait plus de mal avec ce qui était en face d'elle. L'autre raison pour laquelle elle ne regardait que rarement les gens en face. Elle avait envie de se concentrer sur une activité répétitive et lénifiante pour ne pas penser aux murs. Plus le temps passait, plus elle en était consciente. Elle espérait tenir plus d'une journée, malgré tout...

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Seratine Meldoval
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MessageSujet: Re: A mouflon donné, on ne regarde pas les dents [PV Seratine]   Lun 16 Déc - 16:13

Les indications de la Chevalière cessèrent bien rapidement quand cette dernière constata qu'Adma n'en avait nul besoin. De toute évidence ce n'était pas la première fois que l'Hybride se chargeait de ce genre de tâche, comme en témoignaient ses gestes précis et efficaces. À vrai dire, elle semblait prendre les choses en main avec un aplomb qui contrastait étonnamment avec la docilité qu'elle venait de montrer. Seratine se laissa surprendre, n'ayant guère l'habitude de se faire aider, et moins encore de laisser quelqu'un prendre la direction des opérations à sa place. Toutefois, après un bref instant de flottement, elle décida de simplement se laisser faire. C'était plutôt agréable, en fin de compte, et puisque l'esclave savait manifestement ce qu'elle faisait, autant en profiter.

Grand bien lui en prit. En un tournemain, et sans le moindre effort, elle se retrouvait désormais libérée de sa carapace de métal. L'efficacité avait été impressionnante, l'assurance étonnante. Mais ce que la jeune noble avait surtout remarqué, c'était le sourire qui était venu éclairer le visage de l'Hybride. Assurément, c'était plus qu'une simple Dame de Compagnie que son frère lui avait déniché, et son intérêt pour la jeune fille monta instantanément d'un cran, ainsi que sa curiosité. Mais le sourire ainsi que la belle assurance disparurent instantanément dès que l'armure eut terminé d'être retirée et qu'Adma retrouva son rôle de domestique servile, à la légère déception de la Chevalière. Mais c'était compréhensible, après tout n'était-ce pas là le comportement attendu des esclaves par la plupart des maîtres ?

Seratine n'avait pour sa part pas ce genre d'attente, mais évidemment l'Hybride n'avait pour le moment aucun moyen de le savoir. Il leur faudrait du temps pour qu'elles apprennent à connaître leur caractère respectif, et qu'elles s'ajustent l'une à l'autre. Mais de temps, elles ne manqueraient pas, aussi n'y avait-il nul besoin de presser les choses. Pour l'heure, elles n'en étaient encore qu'à se découvrir, à ce moment où l'on lutte avec le malaise qui s'installe immanquablement entre deux personnes qui savent qu'elles vont partager une certaine intimité alors qu'elles ne se connaissent pas encore. Mal à l'aise, d'ailleurs, la jeune femme ne semblait guère l'être de se retrouver ainsi en sous-vêtements – simples tunique et braies de coton moulant – devant une parfaite inconnue. Habitude créée par une vie passée entourée de domestiques, ainsi que plusieurs années à partager la proximité de ses frères d'armes, qui avait rendu quelque peu flou le concept de pudeur à ses yeux. Ainsi, c'est le plus naturellement du monde, souriant comme si de rien n'était, qu'elle répondit à la question d'Adma.

« Je préfère me débrouiller toute seule pour ça, je te remercie. »

Elle espérait que la jeune fille ne verrait pas là une remise en cause de ses compétences ni un manque de confiance envers elle, aussi avait-elle mis dans sa voix toute la délicatesse dont elle était capable, veillant à ne pas aller jusqu'à paraître condescendante. Elle était habituée à avoir des domestiques qui la connaissaient bien, dont la plupart l'avaient vus grandir, et qui, surtout, ne lui étaient pas personnellement assignés, et qui pouvaient donc vaquer à leurs occupations sans se soucier spécialement d'elle, ce qui était justement ce qui lui convenait parfaitement. C'était tout à fait différent cette fois-ci, et il lui faudrait un certain temps pour s'y habituer et trouver ses marques. Mais avec quelques efforts et en procédant par étape, cela finirait bien par venir.

« Attends moi simplement ici, je n'en aurai pas pour longtemps ne t'inquiète pas. Elle avait commencé à s'éloigner quand lui revint à l'esprit qu'Adma ne connaissait pas la maison, et donc ne savait sans doute pas ce qu'elle avait le droit de faire ou pas, qui pouvait varier drastiquement d'un maître à l'autre, aussi se retourna-t-elle pour ajouter d'un ton bienveillant : N'hésite pas à te mettre à l'aise, tu es chez toi après tout. Il y a une deuxième pièce derrière cette porte, si tu veux visiter un peu en attendant, ou bien installe-toi confortablement, occupes-toi si tu le souhaites... Je te fais confiance. »

Après quoi elle disparut derrière la porte sise du côté opposé de celle qu'elle avait désigné, laissant l'Hybride seule dans le petit salon privé, à l'air certes plus martial que confortable, malgré les deux fauteuils entourant une table basse, l'épais tapis couvrant la majeure partie du sol de la pièce et les quelques tapisseries censées égayer un peu les murs de pierres nues, représentant soit des scènes militaires, soit des dragons, soit les deux.
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Adma
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MessageSujet: Re: A mouflon donné, on ne regarde pas les dents [PV Seratine]   Lun 16 Déc - 17:29

Elle n'avait pas besoin de son aide. Les yeux de la jeune Hybride se plissèrent de contentement avant qu'elle n'ait le temps de se retenir et d'offrir le visage impassible qui lui était propre. Elle n'avait prêté aucune attention au ton employé. Elle avait l'habitude qu'on lui parle mal ou qu'on la traite comme un objet, et elle se savait moins intelligente ou de moins de valeur que ses Maîtres ou même un autre Humain. Elle n'avait pas à se vexer de la façon dont on s'adressait à elle. Pour l'instant, elle ne voyait que l'opportunité qu'elle avait de s'occuper de l'armure plutôt que de la personne. Elle n'avait en soi rien contre le fait de laver quelqu'un. Mais elle n'avait pas eu à le faire depuis... longtemps. Il n'y avait pas grande différence avec le fait de se laver soi-même, et elle espérait bien avoir l'occasion de faire cela bien plus souvent, désormais.

Elle la regarda se retourner et s'adresser à elle. Si elle devait l'attendre... Elle ne pourrait rien faire. Elle ne s'inquiétait pas vraiment. Elle pouvait probablement passer des jours à ne simplement rien faire. A attendre. A regarder dehors. Pas à réfléchir, non. Elle n'avait pas ce qu'il fallait pour avoir de telles réflexions. Mais attendre... Elle savait faire. Puis elle lui dit qu'elle pouvait faire ce qu'elle voulait. Elle lui dit même qu'elle lui faisait confiance. L'expression de l'Hybride se vida. Son visage se baissa et ses yeux se fermèrent violemment un instant alors que son corps se tendait. Figée, nerveuse, elle attendit que sa Maîtresse quitte la pièce avant de s'effondrer.

Tout son corps trembla alors que ses mains s'élevaient pour cacher son visage. Une série de halètements, entre rire hystérique et sanglots, lui échappa. Elle n'avait presque pas fait de bruit. Lui faire confiance. Ce n'était pas une bonne idée, non, vraiment pas. Les gens qu'elle avait apprécié, qui lui avaient fait confiance, étaient tous morts. Et plus souvent par sa faute que l'inverse. Non... pas véritablement par sa faute, si elle voulait être tout à fait honnête. Mais elle n'avait rien fait pour l'en empêcher, alors qu'elle en avait l'occasion. Peut-être était-ce même pire.

Elle finit par se relever difficilement, l'air hanté, et se dirigea presque machinalement vers l'armure. Ses joues étaient sèches, mais elle reniflait un peu en s'installant par terre pour la graisser et l'entretenir. Cela devrait l'occuper jusqu'à la fin du bain de sa Maîtresse. Et l'aider à se calmer un peu. De fait, rapidement, le mouvement répétitif eut un effet lénifiant sur elle, et elle finit par regagner la placidité qui était la sienne. Elle soupira et laissa ses doigts glisser sur le métal légèrement réchauffé.

Ses oreilles s'agitaient un peu. Elle avait conscience des sons trop étouffés pour être à l'extérieur, mais elle essayait d'en faire abstraction, comme elle avait fini par refouler ses sentiments. Elle était une esclave. Si sa Maîtresse pensait pouvoir lui faire confiance, elle n'avait pas son mot à dire. Il n'était pas en son pouvoir de la contredire. Et avec un peu de chance, cette fois, elle saurait faire en sorte que ça ne finisse pas aussi mal. Peut-être, peut-être...

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Seratine Meldoval
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MessageSujet: Re: A mouflon donné, on ne regarde pas les dents [PV Seratine]   Mar 17 Déc - 17:23

Seratine s'était déjà retournée alors que l'expression de l'Hybride se vidait. Elle ne vit pas sa réaction, elle ne la fit pas se figer, et, bien entendu, elle ne la vit pas s'effondrer, ayant déjà quitté la pièce à ce moment-là. Eut-elle eu connaissance du bouleversement que sa remarque avait causé, sans doute se serait-elle précipité vers Adma, inquiète, sans comprendre sans doute, mais faisant de son mieux pour la rassurer. Mais ce n'était nullement le cas, aussi vaquait-elle à ses occupations l'esprit léger, totalement inconsciente du tourment qu'elle avait involontairement provoqué.

Elle avait été sincère lorsqu'elle avait dit qu'elle lui faisait confiance. Certes, elle ne la connaissait aucunement, et rien ne montrait qu'il ne s'agissait pas là d'une grave erreur. Mais rien n'indiquait le contraire non plus. Les deux jeunes femmes allaient, très certainement, passer à partir de ce jour un temps considérable ensemble, une relation allait se créer. Du moins était-ce ce que la jeune humaine souhaitait. Et pour que cette relation puisse s'établir et mûrir, la confiance serait nécessaire. Aussi avait-elle pris le parti de l'accorder dès le départ, sans question ni condition. Si elle devait s'en mordre les doigts plus tard, qu'il en soit ainsi, au moins elle aurait essayé. Elle aurait pu, bien sûr, simplement faire comme bien des jeunes femmes de son âge et de son rang, profiter du confort qu'offraient les esclaves sans se soucier de plus, ne les considérer qu'à l'aune de leur efficacité, de leur praticité, de leur discrétion. Petites mains habiles qui rendaient chaque tâche moins fastidieuse, y compris se brosser les cheveux, muettes et silencieuses, sans visage et sans âme. Mais cela ne l'intéressait pas. À ses yeux les Hybrides étaient des personnes, au même titre que n'importe quelle autre créature pensante, esclaves, certes, mais dotés chacun d'une conscience et d'une personnalité propre. S'occuper d'elle-même, comme elle le répétait assez souvent, elle en était amplement capable seule. Si elle devait avoir une Dame de Compagnie, ce serait, comme ce titre l'indiquait, en tant qu'individu à part entière, qui partagerait avec elle sa présence et sa personne autant que ses services de domestique.

Toutes ces pensées lui traversaient l'esprit tandis qu'elle se frottait énergiquement dans la grande bassine qui avait été apportée, comme chaque jour à cette heure, après son entraînement, dans ses appartements privés. Elle aurait apprécié profiter de son bain pour délasser ses muscles endoloris par l'exercice, mais elle ne voulait pas faire attendre Adma inutilement, aussi se résigna-t-elle à sortir de l'eau dès qu'elle fût propre. Elle se vêtit rapidement, d'une tenue simple d’apparence, mais dont le tissu et la coupe montraient à l'œil attentif sa qualité. Braies et tunique, bien évidemment. Il était fort rare de voir Seratine en robe, et c'était généralement qu'elle y avait été obligée. Elle sortit de la pièce sans avoir pris la peine de peigner ses cheveux encore humides. De retour au salon, elle marqua une pause, prenant le temps d'observer l'Hybride qui avait pris l'initiative d'entretenir l'armure de la Chevalière en attendant le retour de celle qui était désormais sa maîtresse. La jeune femme trouvait singulier qu'elle ait décidé d'elle-même de se mettre au travail plutôt que de profiter du répit qui lui était accorder, mais plus encore qu'elle ait opté pour cette occupation en particulier, qui ne relevait a priori guère des attributions liées au rôle pour lequel elle avait censément été achetée.

« Ce n'est pas simplement une dame de compagnie que Drucas m'a trouvée, mais une véritable écuyère ! »

Un sourire flottait sur le visage de la jeune femme, et à l'entendre il était aisé de comprendre que l'un et l'autre n'étaient de toute évidence pas au même niveau sur son échelle de valeur, ne laissant de doute que quant au nombre d'échelons au-dessus de dame de compagnie le rôle d'écuyer pouvait se trouver. Tout en parlant, elle s'était avancée dans la pièce jusqu'à approcher l'Hybride assise par terre, examinant d'un regard critique mais manifestement appréciateur le travail qu'elle avait accompli. Encore une fois, la jeune fille savait apparemment ce qu'elle faisait, ce que Seratine trouvait de plus en plus intriguant. Elle n'en laissa toutefois rien voir, se contentant de présenter un sourire satisfait.

« Beau travail. Mais laisse donc ça pour le moment, je vais te faire visiter et te présenter au reste de la maison. »

Après avoir remis en place les pièces d'armure dont l'entretien était terminée, aidée sans qu'elle ait eu à le demander par la jeune fille, elle lui fit faire un rapide tour des pièces qu'elle considérait comme siennes : le salon dans lequel elles se trouvaient, sa chambre où la bassine n'attendait plus que d'être enlevée, ainsi que le bureau, qu'elle lui avait indiqué un peu plus tôt, aux murs ornés de bibliothèques fournies. Elle expédia tout cela assez rapidement, n'estimant pas que cela présentait grand intérêt, avant de l'entraîner à sa suite à travers les nombreux couloirs de la demeure.
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A mouflon donné, on ne regarde pas les dents [PV Seratine]

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