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 Nurmahal.

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Hybride
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Nurmahal
Hybride

Messages : 42

Fiche RPG
RPs en cours
:
Disponibilité: Libre
MessageSujet: Nurmahal.   Mer 11 Déc - 22:47


« Nurmahal »
Vingt-sept ans - Hybride - Hors-la-Loi


Le jour du rituel, Nur à reçu le pouvoir de Perception. Il peut ainsi ressentir la présence d'êtres vivants à une certaine distance autour de lui ainsi que leur état d'esprit. Très utile lorsque l'on se méfie du moindre passant...

C'est un lutteur et un épéiste, ayant quelque expérience dans le combat à mains nues ainsi que dans le maniement d'armes lourdes à deux mains. En bon colosse, il mise avant tout sur sa force et sa robustesse lors des combats qu'il doit mener. En tant que "Nurmahal, descendant des Radjas", il manie également la lourde hallebarde à lame large Hashram ( Illustration 1 illustration 2 ) dont on dit qu'elle serait capable de couper un cheval en deux. Lorsqu'il la fait tournoyer, il perd certes énormément de mobilité, mais en revanche sa force de frappe est décuplée.


« Vous devez chercher votre ennemi et mener votre guerre, une guerre pour vos pensées ! Et si votre pensée succombe, vous devez néanmoins crier victoire ! »



L'unique noblesse de l'esclave

    Dans les environs d'Aratos se trouvait une immense propriété agricole possédée par un Humain nommé Mark Omet. Le terrain mesurant bien quelques centaines d’hectares, l'homme usait des services de dizaines d'esclaves Hybrides comme la loi l'y autorisait. Du matin au soir, l'année durant, la propriété fourmillait d'activité, d'esclaves et de mercenaires payés pour superviser le tout. Un boulot en or d'après eux.
Ils étaient grassement rémunérés pour maltraiter une bande d'hybrides stupides et crédules, et si ces derniers les contrariaient ils étaient libres de les malmener selon leur bon vouloir. C'était autre chose que de pourchasser ces damnés diables de la pie écarlate dans la forêt en courant le risque de se faire trucider chaque fois que l'on passait devant un buisson.
Avec plus de cent esclaves, le domaine veillait à ne pas dépasser un certain seuil de population hybride (les mercenaires eux-même n'étant pas plus d'une cinquantaine), aussi les naissances étaient-elles strictement régulées. Lorsqu'un "accident" se produisait, on attendait quelques temps que le nourrisson se renforce, après quoi il était envoyé à Aratos avec le prochain chargement de récoltes pour y être vendu.

Dans les caves de ce domaine jouait Nur. Petit esclave de son état, il était curieusement exempt de labeur depuis sa naissance et approchait les huit années.
Dans la pénombre oppressante à laquelle il avait fini par s'habituer,il jouait avec une boule de chiffons mouillés et roulait sur lui-même silencieusement. Il tentait d'oublier l'ombre du mercenaire qui le suivait partout depuis sa naissance. Il se nommait Klaus. Un homme plutôt grand et maigre au visage couturé de cicatrices et aux yeux paresseux. Il ne parlait jamais à Nur et ne faisait montre d'aucune amitié envers lui. Il le surveillait simplement.

Nur ne savait pas ce qui lui valait ce traitement, mais il n'était pas heureux dans ces caves noires. Les autres enfants travaillaient dur, eux, et lui avait interdiction de les rejoindre ou même de jouer avec eux aux pauses. Il avait l'impression confuse qu'il pourrait alléger leur fardeau en travaillant avec eux, mais cela lui était refusé. C'était là pour Nur la plus grande injustice qui soit, l'injustice qui l'avait conduit à la solitude.

Et puis, il y avait quelqu'un d'autre qui restait dans les caves avec le mercenaire et Nur alors que tous les autres étaient partis travailler. Tout au fond, dans la dernière salle, la plus sombre et la plus grande, il y avait cet Hybride colossal et enchaîné au pelage orange et blanc parcouru par d'ensorcelantes rayures. Il restait assis, enchaîné à la pierre, sans rien faire ou dire de tout le jour.

Nur avait entendu des choses à son sujet. Des rumeurs propagées par les Hybrides et les mercenaires. Elles disaient que le monstre couvert de serpents noirs était allé à Delma, la cité du Savoir, et qu'il avait volé le pouvoir de la Connaissance. Elles disaient que l'Hybride attaché au mur avait ensuite commis une faute effroyable envers les Maîtres Humains. Elles disaient que, aujourd'hui, il avait compris sa faute et s'en repentait chaque jour auprès des Grands Esprits.

Les rumeurs disaient aussi que Nur était son fils. Mais ce n'était pas possible. Le Père de Nur n'aurait pas pu commettre de faute. Le père de Nur devait être bon, un bon esclave, un bon Hybride comme son fils.
Mais lorsqu'il baissait les yeux et regardait son pelage, Nur voyait les même serpents noirs y serpenter, comme une malédiction. Il comprenait alors qu'il s'agissait peut-être vraiment de son père.

Toutes les pleines lunes, lorsque la Nuit réconfortante descendait sur le Domaine, les autres Hybrides descendaient eux aussi dans les caves, dans la grande salle sombre où se trouvait le colosse.
Nur était là, recroquevillé au fond de la salle, près du groupe des enfants. C'était le seul moment où ces derniers acceptaient de se faire approcher par le petit privilégié.
Le silence se faisait rapidement dans la salle, les Hybrides étaient assis à même la pierre froide après une dure journée de labeur et se serraient les uns contre les autres dans l'attente attentive de ce qui allait suivre.
Tout le monde était là. Ishvik et sa famille, les Han rudes à la tâche, Borg le vieil ours noir et son fils Barg, Jian, le seul reptile et le plus mal en point de tous. Kenid et Lana les presque-loups et tous les autres.

C'était alors qu'il parlait. L'enchaîné aux serpents. D'une voix rauque et chaude, sans bouger de sa place, il s'adressait aux hybrides et leur parlait d'espoir. Il leur expliquait qu'à Delma il avait découvert la vérité : c'était de leur faute si les Humains les avaient réduits en esclavages. A cause d'une grande Faute du peuple Hybride seul, les hommes avaient été contraints de les domestiquer, de devenir leurs maîtres.
Mais il était toujours possible aux Hybrides de se racheter par le travail, par la soumission. S'ils étaient suffisamment bons, l'avenir s'éclairerait et le Peuple regagnerait ce qu'il avait perdu, une vie libre et harmonieuse sous les astres.
Il parlait généralement longtemps, doucement, berçant les siens. Nur se disait lors de ces moments que ce ne serait pas si mal qu'il soit vraiment son père. Personne ne savait raconter les histoires comme lui.

Puis, les hybrides partaient, la tête pleine de belles images et d'espoirs et Nur restait seul avec le conteur et le mercenaire qui ne le quittait à aucun moment. Mais ce jour-là, un quatrième personnage apparut, drapé dans de riches étoffes. Il était quelque peu replet et arborait ostensiblement une barbe taillée en pointe surplombée par un visage flasque et tordu dans une grimace méprisante. Mark Omet. Propriétaire du Domaine et membre de la Compagnie du Dragon d'Argent.
Il avait jeté un rapide coup d’œil à Nur et au mercenaire avant de s'adresser au prisonnier sur un ton familier tout en restant à bonne distance. Il l'avait remercié à propos de quelque chose, Nur n'avait pas tout compris. Puis il avait désigné Nur et dit qu'il était temps pour lui d'aller travailler aux champs avec les autres, que cela faisait partie du marché. Le fauve avait grogné mais acquiescé et Nur ne s'était plus senti de joie. Enfin, il serait comme les autres esclaves ! Il quitterait ces tristes caves et servirait les Humains, comme ses congénères !

Par la suite, après une courte discussion à laquelle Nur n'avait prêté aucune attention, le Maître était parti. C'était à cet instant que pour la première fois, le prisonnier s'était adressé au mercenaire qui suivait Nur partout.

-J'aimerais être seul avec mon fils, Klaus.

L'homme, d'abord surpris puis gêné, rétorqua qu'il n'avait pas le droit de laisser Nur seul. Comme s'il n'était pas surpris par la réponse du garde, le fauve hocha lentement de la tête. Puis, il riva son regard mordoré à celui de Klaus.

-Tu étais présent ce jour-là, Klaus ? Il y a neuf ans...Tu étais là avec les autres.

Silence inconfortable. Mouvements embarrassés du gardien. Cliquetis des chaînes puis la voix basse et profonde qui poursuivit :

-Tu as tout vu.

Cette dernière affirmation, calme et posée, eut raison des dernières réticences de Klaus qui se racla la gorge et indiqua qu'il attendrait Nur dans la pièce adjacente
C'était la première fois que le prisonnier faisait une chose pareille en présence de Nur.

-Approche et assieds-toi.

Nur obéit et s'assit en tailleur à quelques centimètres du géant. C'était aussi une première. Auparavant, Nur avait parfois tenté de s'approcher du grand fauve, mais il s'était fait violemment repousser à chaque tentative...Il courait alors se réfugier dans l'étreinte consolatrice d'Ishvik sa nourrice.  

Nur haïssait un peu l'hybride enchaîné à cause de ces violences. Mais aujourd'hui il se passait quelque chose de spécial. Cette masse sombre et taciturne allait parler à Nur.

-Nur, pourquoi les hommes nous ont-ils réduits en esclavage ?

Facile !

-Parce que nos ancêtres les hybrides ont commis une Faute impardonnable alors que les humains nous apportaient richesse et civilisation.

-Les humains nous ont réduits en esclavages parce qu'ils avaient peur de notre force. Parce qu'ils étaient cupides et faibles, ils avaient intérêt à nous affaiblir. La Faute de nos ancêtres à consisté à ne pas réaliser plus tôt la vraie nature de ceux que nous avions secourus. Ces humains faibles et aussi nombreux que les fourmis ont vu nos terres, les valeurs et la force qui était les nôtres. Ils ont craint notre force, notre vitalité et ont désiré les territoires où nous étions établis. Ils ont profité de notre naïveté pour nous soumettre, nous rabaisser, car nous leurs étions insupportables. Voilà pourquoi aujourd'hui nous portons ces chaînes infamantes.

Nur resta un instant silencieux. Ce n'était pas du tout comme d'habitude. Les mots du fauve n'évoquaient plus aucune belle image en lui, juste de la confusion et un vertige qui prenait peu à peu de l'ampleur.

-Mais ce n'est pas...

-Qu'est-ce que l'espoir ? l'interrompit brutalement le prisonnier.

A cette question, Nur connaissait la réponse !

-C'est la promesse d'un avenir meilleur, un avenir où les hommes et nous on sera égaux !

-Qu'est-ce que l'égalité ?

-C'est...heu...quand on est pareils ? Libres ?

-L'espoir, Nur, est tout ce qu'on veut bien laisser aux esclaves. Tout le reste ils nous l'on pris. La dignité. Nos coutumes. Notre histoire. Petit-à-petit tout ceci s'estompera sous les coups de fouets et les mensonges, et alors, lorsqu'il ne nous restera vraiment plus que l'espoir, ils auront gagné. Ceux qui espèrent ne vivent pas, ils attendent et ruminent. Les hommes entretiennent cet espoir chez nous, ils savent que nous sommes malades, ils nous ont rendus malades, malades d'espérance. Ils ont transformé notre race fière et forte en race faible et malade. L'espoir entretient cet état depuis lors. L'espoir d'un avenir meilleur. L'espoir de l'égalité. L'égalité ! Une autre chimère pour les malades. Trouves-tu que Klaus et moi soyons égaux ?

Nur réfléchit un instant. L'hybride était beaucoup plus gros et fort que Klaus, et même si ce dernier avait des armes, il avait peu de chance de l'emporter en cas de conflit.

-Non, affirma l'enfant, vous êtes plus costaud.

- A partir de ce postulat, quel sens peut bien revêtir une chimère telle que l'égalité ? L'égalité, comme l'espoir, est une "idée" pour les faibles. Qui sommes-nous nous-autres Hybrides sinon l'exact inverse ? Quels maîtres avions-nous avant que les Humains ne viennent ? Aucun. Les seuls êtres qui auraient pu correspondre à cette définition étaient les divins Dragnis, siégeant au faîte des monts, les coureurs des nues, les Gardiens des cieux. Mais les hommes sont venus, ont noirci notre horizon et ont corrompu notre race avec leurs idées et leurs fouets.
Et voilà que les plus raisonnables d'entre nous se retrouvent en proie au ressentiment fatal. Les plus éveillés d'entre nous ne vivent plus que pour prendre leur revanche. Vois-tu le mal qui nous a été infligé ? Vois-tu pourquoi l'espoir doit être tué ? Il ne s'agit plus d’espérer, mais d'agir. Et pour ceux que nous sommes devenus, le désespoir doit devenir une fin. Alors Il n'y aura plus d'échappatoire. Alors nous devrons frapper et vaincre. Il nous reste une noblesse à nous autres esclaves : la révolte.


L'Hybride continua ainsi durant quelques heures, demandant parfois l'avis du jeune garçon. Nur buvait littéralement ses paroles, bouche-bée. Instinctivement, il sentait qu'il se passait quelque chose de très important, même s'il ne comprenait que peu de choses.
Lorsque ce fut fini, ils restèrent silencieux l'un en face de l'autre durant un instant. Alors Nur posa la question que quatre heures consécutives de discours complexes n'avaient pas réussies à lui enlever du crâne.

-Qu'est-ce qui s'est passé il y a neuf ans ?

Le Père fixa alors son fils, le paralysant d'un regard terrible qui donnait sur un autre temps. A cet instant Nur remarqua que s'étalaient d'autres serpents sur le corps de son père, plus clairs, qui ne semblaient pas suivre un dessin quelconque.
Des marques profondes inscrites dans la chair, souvenirs d'un jour rouge.

-Je me suis mis très en colère.


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Les Tigres et les Loups


Cette discussion ne changea au final pas grand chose dans la relation qu'entretenaient Nur et son père. Ce dernier le traitait toujours rudement et ne lui parlait quasiment pas ou peu. Et puis, maintenant Nur travaillait comme les autres sous les fouets des contremaîtres.
Ses camarades l'avaient enfin accepté et il était à présent un esclave comme les autres. Cela lui procurait une certaine satisfaction, malgré l'âpreté du travail à fournir. Et puis, toutes les pleines lunes, il descendait avec les autres dans la cave où Il se trouvait.
Il écoutait alors le discours apaisant qui apportait les belles images et qui vous laissait rêveur, et lorsque c'était fini, il restait seul avec son père. Là, un tout autre type de discours se tenait. Au fil des ans, Nur comprit de plus en plus de choses et devint capable de répondre à son père, de critiquer ses vues qui lui semblaient par trop pessimistes. Le père ne changea aucunement d'attitude mais Nur devina que c'était exactement ce qu'il avait voulu.

 En parallèle de ces discussions, Nur s'était épris d'un sport commun chez les esclaves : le Barka, une espèce de mélange entre lutte et pugilat. Il trouva dans divers combats le moyen de dépenser cette force et d'exhiber cette musculature que des années de travaux paysans intensifs lui avaient permis de développer.
Il retrouvait dans cette violence une forme de la sauvagerie et de la simplicité qui avaient dû être celles de ses aïeux. L'oubli de soi, les coups, la défaite amère ou la victoire triomphante, tout cela l'enivrait et rendait la réalité tellement plus intense.
Il apprenait de plus à lire et écrire depuis ses quatorze ans. Un soir, il avait surpris une discussion à la dérobée entre  Mark et son père.

-Je continuerai tant que vous le voudrez, disait l'hybride, mais si vous voulez continuer à faire vos économies, il faut aussi me satisfaire.

-Chien d'esclave ! Tu oses me donner des ordres à présent ? Oublierais-tu qu'un mot de moi suffira à faire éventrer ta marmaille ?! Il est hors de question que je me plie à tes moindres désirs et que j'offre à ce morveux une éducation de nobliau !

Nur, retenant son souffle, vit le prisonnier tendre son corps tout entier et faire trembler les chaînes sous la pression. Mark fit un pas en arrière, mais au final, le captif s'inclina sur la pierre en supplication.

-Je vous en conjure Maître, c'est mon unique enfant. Je voudrais qu'il puisse surpasser ses camarades pour ainsi servir plus efficacement les Maîtres Humains. Pour cela, il doit savoir lire et écrire. Je vous en supplie...

Surpris, l'humain demeura un instant sans réaction, puis éclata d'un rire gras devant l'absence d'amour-propre de l'esclave.

A partir de ce jour, Nur reçut un cours d'écriture et de lecture une fois par semaine. Il était redevenu le "privilégié" et ses camarades s'éloignèrent petit à petit de lui. Il n'en était que plus violent dans les combats qu'il disputait. Néanmoins, petit à petit, il comprit que c'était quelque chose qui lui serait très utile. La plupart des esclaves du domaine ne savaient ni lire ni écrire.


A de nombreuses occasions, et particulièrement au marché d'Aratos lorsqu'ils devaient charger et décharger des marchandises, il défiait d'autres esclaves et luttait contre eux dans la poussière sous le regard amusé ou dégouté des badauds.
Bien évidemment cela n'enchantait pas le contremaître, mais Nur approchait à présent la vingtaine et le dépassait d'une large tête. Aussi acceptait-il que le tigre et ses amis se livrent de temps à autre à ce petit passe-temps. Puis, ça attirait les passants et il arrivait parfois à récolter un petit écot.






Un incident se produisit le lendemain. Alors que, appuyés contre le chariot qu'ils venaient de décharger, Nur et les autres esclaves observaient en buvant une manche entre deux d'entre eux, à la foule des badauds attroupés vinrent s'ajouter deux personnage : un jeune homme correctement vêtu et un Hybride lupin. Tous deux étaient armés, l'un d'une fine rapière, l'autre d'une grande claymore.
Le jeune humain regardait le spectacle yeux écarquillés, poussant parfois des petits cris de surprise ou de mépris. Il devait avoir dans la quinzaine, le poil ne lui courait pas encore sur le menton. Usant de son nouveau pouvoir, Nur vit que le jeune humain était incertain, anxieux. Sans doute la proximité du peuple et des esclaves lui était-elle inhabituelle.

Nur posa son brot et se dirigea vers le duo d'un pas exagérément chancelant.
Le jeune noble ne le remarqua qu'au dernier moment et ne put de fait pas se défiler : l'hybride le dominait de toute sa masse et l'écrasait d'un regard moqueur et méprisant. Derrière son maître, le loup s'était raidi mais ne paraissait pas inquiet outre-mesure. C'était visiblement un vétéran, maigre mais tout en nerfs et l’œil vif avec ça. Puis, son épée parlait pour lui. Il avait un air dangereux.

Mais pas suffisamment pour ôter à Nur cette envie mesquine de ridiculiser l'humain.
Le combat avait cessé, un silence relatif s'était fait. Autour du jeune humain et de son laquais, un vide certain s'était creusé, dû à cette imposante carcasse d'esclave qui semblait chercher la bagarre.

L'homme-tigre balaya la foule du regard, les prenant à témoins. Puis il cria son défi à la ronde :

-Qui est le maître, qui est l'esclave ? rugit-il. Sa silhouette massive contrastait fortement avec celle, malingre en comparaison, du petit noble. Ce dernier, outré mais conscient que l'esclave ne cherchait qu'a l'énerver se tut et fit un signe de la tête.

Le loup prit alors sa place en face de Nur et jeta son arme de côté.

-Tu veux un duel, pauvre merde ? grogna t-il, féroce. Tu vas l'avoir.

Nur répondit par un ricanement méprisant. Il restait bien plus imposant que son adversaire.

-Viens chercher ta raclée, le chien de garde.

A cet instant, ils se mirent en garde et commencèrent à se tourner autour. Tandis qu'ils se fixaient, Nur se remémora une sentence de son père tandis qu'ils discutaient, quelques jours auparavant :

"Les faibles sont rusés. Ils font s'entredéchirer les forts afin de les affaiblir et finalement les surpasser. Nous diviser a toujours été une de leurs tactiques favorites, à raison. N'oublie jamais que quelles que puissent être les apparences, un esclave servile est encore quelque part un fier Hybride, un frère qu'il faut aider."

Mais il était trop tard pour arrêter cet affrontement. Le loup attaqua soudainement, bondissant en avant et balançant son poing fermé dans l'estomac de Nur. Ce dernier encaissa et riposta violemment en enserrant son adversaire de ses deux bras avant de le projeter au loin. Le garde du corps roula sur lui-même et se repositionna en un rien de temps, pour avoir arriver sur lui le poing massif du tigre. Déséquilibré, il ne put esquiver et fut projeté une deuxième fois par l'impact. Cette fois, il s'affala lamentablement au sol comme une poupée de chiffon. Nur ne profita pas plus avant de son avantage et laissa la foule profiter du spectacle. Le loup se redressa, vomit, trébucha, avant de reprendre définitivement son équilibre, hagard et poussiéreux. Il gémit, une main sur son ventre, là où Nur l'avait touché. Malgré son état, il reprit une garde de combat et fit signe à Nur d'approcher. Ce dernier, narquois, haussa les épaules et se remit en garde.

Il recommencèrent à se tourner autour, Nur d'un pas assuré, son adversaire donnant au contraire l'impression qu'il tenait à peine debout, un filet de bave pendant de ses babines. Le tigre décida d’abréger son humiliation et fondit sur sa proie sans prévenir, bras tendus.

L'instant d'après il était au sol la tête pleine d'étoiles et le bras droit tordu dans son dos. Il tenta instinctivement de se dégager mais ne put surmonter la douleur et demeura le nez dans la poussière. Ce loup était agile comme un singe !

-Merci pour ton coup de maître à l'instant, grimaça le loup en se frottant l'estomac. Tu m'as bien réveillé. 'Faisait un bail que personne ne m'avait dominé comme ça. Tu aurais pu finir le combat alors que j'étais à terre tout à l'heure, au lieu de ça t'as préféré jouer au plus malin. T'es pas l'premier à essayer d'me mettre la tête au carré jeunot.

-Pauvre de moi, j'savais pas qu'un chien de garde pouvais ruser comme ça...

-Fais pas l'insolent, petit, rétorqua le vainqueur. Reconnais ta défaite, maintenant. Ou je te casse quelque chose.

Nur rumina quelques instants. Il n'avait pas perdu de combat depuis des mois maintenant et cette rencontre hasardeuse viendrait réduire sa fierté a néant ? D'une brusque poussée, il tenta de déséquilibrer le loup, mais ce dernier resserra aussitôt sa prise et le tigre en fut réduit à éructer un gargouillis de souffrance.

-T'as gagné...souffla rageusement le jeune fauve. Laisse-moi m'relever.

L'instant d'après, il se dépoussiérait en bougonnant, mettant ses camarades au défi de rire de sa défaite.

-Hé.

Nur se retourna et vit le garde lui tendre une main amicale. C'était d'usage après un duel. D'abord réticent, Nur finit par accepter la poignée de main. Le loup lui adressa un sourire narquois. Pour couper court à ce moment désagréable, Nur lui demanda son nom.

-Gris d'Ylfirr. Mes amis m'appellent juste Grison. Et toi, paysan ?

-Nurmahal.

Le loup lâcha sa main comme s'il s'était brûlé et recula d'un pas, comme effaré.

Nur, étonné, chercha à comprendre la réaction de l'esclave mais ce dernier partit sans un mot, entraînant son jeune maître à la suite, le visage fermé.

Lorsque les esclaves regagnèrent le domaine dans la soirée, ils plaisantaient encore à propos de l'évènement. "C'est la dernière fois qu'on te laisse boire pendant le Barka ! La prochaine fois tu serais bien capable d'agresser le Roi !" riaient-ils, sarcastiques.
Mais Nur ne les écoutait pas vraiment. Ballotté par le chariot, allongé sur le dos, il repensait au visage que le loup lui avait offert en entendant son nom. Il y avait eu de l'effroi et de la colère dans ce visage. De la joie aussi. Comme s'il avait vu un fantôme. Serait-ce possible ?

Avait-il connu son père ?


Après la fin du service, tandis que les esclaves regagnaient leurs pénates, l'hybride éprouva le besoin d'aller questionner son père au sujet du sang qui coulait dans leurs veines, au sujet de ces ombres froides qui étaient ses aïeux. Arrivé face au prisonnier Nur fut frappé de voir comme il ressemblait à l'apparition. Le père avait vieilli et son pelage avait grisonné, mais il n'avait rien perdu de sa masse et de son aura inquiétante.

-Père, fit Nur sans s'asseoir, je viens de passer mon rituel.

Silence.

-J'ai vu un de nos ancêtres, qui portait armes et armures. Qu'est-ce que ça veut dire ? Qui étions-nous auparavant ?

- Assieds-toi. Ce que j'ai à te dire sera long.

Nur s'exécuta à contre-coeur et tendit l'oreille. Malgré l'antipathie qu'il éprouvait pour cet individu qui ne lui avait jamais témoigné d'amour ou d'intérêt, il savait ce qu'il lui devait.

-Autrefois, lorsque les hommes nous réduisirent en esclavage, un clan d'hybrides se fondit dans la masse des soumis afin d'apprendre les techniques de forgeage des humains. Ils apprirent de leurs oppresseurs tout en feignant la soumission. Lorsque le moment fut venu, une rébellion vit le jour, menée par l'esprit que tu as vu. Il se nommait Viçvamétra et a inventé l'arme que tu l'as vu porter. Sa rébellion fut vite réprimée, la faute à une organisation déficiente et à l'absence d'expérience des rebelles. La bravoure et les exploits de notre ancêtre sont devenus légendaires mais il mourut trop vite pour changer quoi que ce soit. Néanmoins, sa lance passa de générations en générations, cachée. Ses propriétaires furent souvent des fauteurs de troubles, des hors la loi et des rebelles.

Elle est arrivée jusqu’à moi tandis que je servais un noble vivant à Delma. J'étais un esclave instruit. J'avais accès aux savoirs des humains, et petit à petit je me construisais grâce à ce savoir. Je projetais de tuer mon jeune maître avant de m'enfuir, mais son père était plus fin observateur que lui et me démasqua. Il me vendit aussitôt, moi et toutes mes possessions sur le marché d'Aratos, sachant parfaitement que la servitude était devenue pour moi bien pire que la mort. Ce fut là qu'Omet me trouva. Il m'acheta, moi et l'arme dont j'avais héritée. On dit qu'il la garde dans sa salle à manger. En travaillant dans son exploitation, je rencontrais ta mère. Et lorsque tu arrivas...je ne voulais pas que mon fils soit un esclave. J'ai provoqué une émeute dans deux des fermes d'Omet.

-Il en a d'autres que celle-ci ?

-Avait. Je les ai brûlées avant que moi et mes partisans ne nous fassions écraser sous le nombre. Ta mère est morte avec ceux de mes amis qui m'ont suivi jusqu'au bout. A la suite de ça, ce satané paysan a délibéré sur ce qu'il devait faire de moi. Il m'a menacé. Si je ne faisais pas exactement ce qu'il disait, il te tuerait. Il avait compris ce que j'étais avant tout. Un orateur. Alors il m'a demandé de nourrir l'espoir des autres esclaves qu'un jour ils auraient une vie meilleure, pour empêcher toute rébellion. J'ai été enchaîné ici, et j'ai fait ce qu'il a demandé. Tout en t'éduquant comme tu devais l'être grâce au pouvoir que j'avais sur lui. Je lui ai épargné des milliers et des milliers, parce que grâce à moi il n'avait plus besoin d'employer autant de mercenaires qu'auparavant. Je faisais le travail à leur place. Je gardais les miens sous contrôle. Et si je manquais à ma parole, Klaus te tuait.

Nur resta silencieux. Cela faisait longtemps qu'il soupçonnait que le marchand menaçait son père en l'utilisant, mais se l'entendre dire, c'était autre chose.

-Tu n'as jamais cessé d’espérer.

Le ton de Nur était accusateur.

-Toutes ces belles paroles sur la guerre nécessaire, les sacrifices, l'espoir trompeur. Tout ça pendant que toi tu t'accrochais à moi alors que tu aurais dû me sacrifier à la cause suivant ton raisonnement.

-A cela je t'objecterais une chose : que peut-on accomplir lorsque l'on est mort ?

Nur ne répondit pas et se leva avant de se détourner et de s'en aller. Il ne reconnaissait plus cet être comme son père. Un Hybride qui n'avait pas la force de mourir pour ses idées, il fallait s'en méfier plus encore que des traîtres.

C'était une des premières choses qu'il lui avait apprises.

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L'appel des Ancêtres



Le Prisonnier

Le père regarda son enfant monter les marches qui le mèneraient à l'air libre. Il regarda monter l'unique héritier des Radjas de l'ancien temps, un héritier qu'il avait façonné et manipulé par ses mots et ses actes pour en faire un digne descendant des souverains de jadis. Et il sentit monter en lui la tristesse de savoir qu'il avait tué en son fils toute ouverture, tout sentiment autre que la colère et l'orgueil. La vie de Nur serait placée sous le signe de la méfiance, du calcul et des passions tristes. L'essentiel de ce qu'il aurait voulu transmettre à son enfant, il l'avait gardé par devers lui. L'amour. La joie. Les vieux chants Radjas qui décrivaient la naissance du monde avec tant de beauté et de paix. Il aurait tant voulu répondre à ses regards interrogateurs par des rires affectueux. L'emmener voir Delma la superbe, le Palais Amarante, la forêt Obscure où couraient autrefois les Grands Esprits, le grand Shar, la Citadelle des divins Dragnis.


Avec soulagement, Nurmahal père songea que le désespoir était enfin là.

Il regarda ces chaînes usées et ce mur moussu qui avaient vieilli avec lui.

Puis il commença à tirer.



Nur

Lorsqu'il sortit des caves, Nur aperçut au loin une rumeur. Des cris qui résonnaient jusqu'ici, qui provenaient des baraquements d'esclaves. Une étrange lueur grandissait là-bas. Comme si le soleil se couchait une seconde fois.

Et puis Nur vit les bâtiments du Domaine prendre feu eux aussi. Les mercenaires criaient autour de lui et sortaient en masse de leurs logements pour se diriger vers l'incendie. Des dizaines d'esclaves allaient eux en sens inverse pour échapper aux flammes et gênaient leur progression. Par-dessus ce chaos, alors qu'il commençait à sentir la chaleur des bâtiments qui brûlaient, Nur entendit un long cri.

-NURMAHAAAAAAAAAAAAAL !


Sonné, il resta interdit un instant, puis il aperçut la silhouette d'un loup qui brandissait une arme à deux mains et exécutait un à un les mercenaires amollis et paniqués d'Omet. Grison.

C'est alors qu'une main s'abattit sur son épaule et que la voix rauque de son père résonna à son oreille, accompagnée par le cliquetis familier des chaînes.

-Qu'est-ce que tu fais planté là, fils ?

Avant qu'il n'ait pu articuler un mot, le vieux tigre s'éloigna en direction du loup en lui lançant ce qui serait peut-être ses derniers mots à Nur :

-Omet a toujours la lance de Viçvamétra.

Puis il rugit et, saisissant un mercenaire inattentif par la taille, lui arracha la gorge de ses crocs avant de se plonger dans le chaos environnant.

Nur tourna les talons et se dirigea vers la demeure du maître. Autour de lui, c'était un tourbillon d'auras paniquées ou enragées qu'il ne parvenait à lire qu'a grand peine. Cela l'avantageait grandement. Personne ne songea à l'arrêter alors qu'il s'approchait de sa cible à grands pas.




Grison

Le loup commençait à fatiguer. Lorsque le cinquième garde tomba sous sa lame, il trébucha et faillit s'empaler sur l'arme de son défunt adversaire. Malgré ça, les autres mercenaires restèrent à distance, effrayés. Ils devaient n'avoir jamais combattu un Hybride. Encore moins un Hybride dressé pour tuer comme Grison. Il hurla encore une fois son vieux cri de guerre, en souvenir du passé, et espéra que le fils de son vieil ami saurait profiter de la confusion pour s'enfuir. Quelle chance il avait eu de rencontrer son fils. Ces tripes, ces cris, ces esclaves fuyant et ces gardes effrayés...Cela lui rappelait l'insurrection qu'il avait menée aux côtés de Nurmahal, des années plus tôt. Au nom de la justice vraie, celle des hybrides, ils avaient jadis tenté de détruire Omet. Assommé et vendu, Grison s'était retrouvé à servir un maître a l'autre bout du pays et n'avait jamais vu ses rêves se réaliser. Aujourd'hui, une nouvelle chance lui avait été donnée de mourir heureux.

 Rendu fou par l'appel du sang, il se jeta sur ses ennemis en hurlant, et trancha le cou d'un jeune roquet d'un geste.

Derrière les gardes, quelqu'un lui répondit avec un rugissement vite suivit de cris de peur et de souffrance. Grison sentit son cœur s’accélérer alors qu'il reconnaissait la silhouette colossale qui se dirigeait vers lui dans élan meurtrier.

-Nur ! Radja !!

Défonçant la poitrine d'un mercenaire effrayé au passage, le vieux fauve perça le cercle et rejoignit son ancien camarade. Les mercenaires le reconnurent et reculèrent, apeurés à l'idée d'affronter ce prisonnier presque légendaire. Ils avaient perdu beaucoup des leurs et cet incendie faisait toujours rage.

-Qu'est-ce que tu fais là, Grison !?  cria le tigre.

-Je me suis pris une raclée par ton chiard au Barka, figure-toi ! Je pensais que tu étais mort ! Omet t'as épargné ?

-Pas vraiment ! Tu te sens d'attaque pour reprendre là où on s'était arrêtés la dernière fois ?

-J'attends ce moment depuis trente ans !

Le Radja ramassa une hallebarde tombée à terre et la fit tournoyer dans les airs comme il avait l'habitude de le faire, avant de se précipiter sur ceux qui les encerclaient.

Il était temps de se racheter pour avoir survécu aussi longtemps à son amour.

-Klaus ! Quelle joie de te revoir...Viens que je te salue.


Nur

Dans la demeure du paysan, tout est silencieux. L'Hybride s'avance calmement dans les couloirs, il sait qu'il n'a rien à craindre. Les quelques auras présentes sont faibles et apeurées. Sans doute la famille d'Omet. Ses filles, sa femme. Il les avait aperçues quelque fois. Elles ne l'intéressaient pas.

Il arriva dans la grande salle, là où censément, Omet recevait ses invités et prenait ses repas. La pièce était grande et belle ; ça et là, des peaux d'animaux et des armes étaient suspendues, recouvrant le bois lustré. Des meubles de belle facture la parsemaient.

Et il la vit. La Lance de Viçvamétra. Suspendue derrière la place d'honneur. Sans perdre de temps, Nur grimpa sur la table et d'un geste, arracha l'arme au mur. Il faillit tomber par la suite, surpris par le poids de l'arme. Le manche était froid comme la glace et massif. La lame, large et effrayante, témoignait du savoir-faire de son créateur. Alors qu'il la tenait, Nur sentit l'histoire de l'arme se manifester a travers tous ces Hybrides qui l'avaient précédés. Les Ancêtres étaient là et lui prêtaient leur force. Il ouvait presque les voir, ressentir leur souffle, leur peine...et leur colère. A cet instant précis, Nur était invincible. Il avait retrouvé son âme même et sa place.
Lorsque quatre mercenaire pénétrèrent dans la pièce lame dehors en le sommant de se rendre, Nur tourna lentement sur lui-même. Il les connaissait depuis longtemps, et savait qu'ils n'étaient que des hommes comme les autres cherchant à s'en sortir. Il avait éprouvé de la sympathie pour eux parfois.

Mais ils se mettaient entre lui et son Héritage.

Nurmahal empoigna la lance et arma le coup sans prévenir. L'instant d'après, le seul survivant trébuchait sur le torse d'un de ses camarades et s'étalait bruyamment dans les tripes d'un autre. La lance ravageuse avait broyé armes chair et os comme de rien n'était, guidée par la force colossale de l'hybride hors de lui, et ces hommes imprudents n'avaient pas survécu. Nur lécha le sang sur son pelage sans quitter le mercenaire du regard et ressentit l'approbation profonde de ses aïeux jusque dans ses entrailles. Là se tenait sa place. Il était né pour se faire craindre, réapprendre aux hommes la véritable nature de ceux qu'ils avaient cru pouvoir dominer si aisément.
Il était né pour perpétuer la Volonté de Viçvamétra, Premier des Radjas et Héros Hybride.

Le survivant s'enfuit en bégayant, suivi de près par un Nur serein extérieurement. Ils regagnèrent tout deux l'extérieur pour assister au spectacle : avec son domaine entier en proie aux flammes et ses esclaves en fuite, Omet tentait de rassembler le plus possible d'hommes pour arrêter son ancien prisonnier qui semblait décidé à régler ses dettes. Des bouts d'homme volaient tout autour du monstre rugissant et les mercenaires, bien que toujours plus nombreux, semblaient de plus en plus réticents à obéir aux ordres de leur employeur.

A cette vue, Nur fut pris par le désir de rejoindre son père dans cette spirale de destruction et, brandissant sa lance, s'avança vers lui. Mais Grison apparut couvert de blessures et lui indiqua la forêt en gueulant :

-Barre-toi ! Trouve la Pie ! Si tu crèves là, on aura fait tout ça pour rien !

-Je préfère mourir en tentant d'étriper cette enflure que de vivre avec le regret de...

-Ta gueule merde ! Ton père et moi on s'occupe d'Omet alors barre-toi maintenant ! La Garde va venir, peut-être même des chevaliers dragons ! Il y aura un massacre parmi les esclaves ! Va t-en tant que tu le peux encore !

Là-dessus, le loup lui jeta un dernier regard et courut à la rescousse de son vieil ami.

Serrant les crocs, Nur prit la direction qu'il lui avait indiquée. C'était étrange. La liberté...Elle était là, toute proche, cette liberté tant désirée, tant convoitée durant toute son existence d'esclave. Et pourtant, il aurait tout donné pour trouver la force d'accompagner son père dans ses derniers moments, dévoré par la lumière des flammes vives qui lui serviraient de suaire dans la grande éternité.

Sans un regard en arrière, vêtu de vulgaires vêtements de lin et la lance à la main, le dernier de la lignée des Radjas s'enfonça dans les bois nocturnes.


« ce qu'il faut savoir sur moi »
les petits détails font toute la différence

Possédez-vous un familier ou une monture ? Pas d'animal de compagnie ni de monture. Nur n'éprouve que peu d'affection pour les animaux dressés, et ne parlons pas des dresseurs.

Quelle est votre situation actuelle ? Il travaille pour la pie écarlate, alternant des postes parmi les Vautours et les Albatros, il est très mobile et déterminé à utiliser cette organisation à son avantage.


Quelle est votre position par rapport à la religion ? Nur croit aux grands esprits avant tout, fidèle à sa culture. Mais il ne pense pas qu'il faille pour autant se reposer sur l'espoir que les divinités interviendront un jour pour remettre ce monde à l'endroit. Il a l'intention d'agir de lui-même sans attendre de Signe des dieux ou autres.

Que pensez-vous de l'exploration des Contrées Sauvages ? C'est une opportunité non négligeable pour la Pie écarlate. On doit pouvoir y trouver ressources en abondance ainsi qu'alliés potentiels.

Quel est votre rapport vis-à-vis des dragons ? Nur respecte ces bêtes divines comme tout être devrait le faire. Les dragons sont les véritables Seigneurs d'Elden, des êtres sacrés et des alliés précieux dans la bataille. L'utilisation de Dragons comme bêtes de somme par les humains l'indigne profondément.




Dernière édition par Nurmahal le Sam 15 Mar - 22:08, édité 27 fois
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MessageSujet: Re: Nurmahal.   Jeu 12 Déc - 8:47

Bonjour bonjour ^^

Je te re-souhaite la bienvenue, même si je suis complètement dégoûté...

Je lis, je lis, je suis complètement pris dans l'histoire et là... il manque la fin  crying 

J'ai donc très très hâte de pouvoir lire la suite, d'autant que le style est très fluide et qu'il n'y a presque pas de fautes (genre deux jusque-là, ce qui est une très bonne moyenne xD). J'ai aussi très envie d'en savoir plus sur le père et la raison de son enchaînement >_<

En somme, j'aime beaucoup ce que j'ai lu jusque-là, donc courage pour la suite \o/

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MessageSujet: Re: Nurmahal.   Jeu 12 Déc - 17:33

Bienvenue à toi, et encore un copain hybride =)
J'en étais sûr qu'il y'aurait un hybride tigre ou lion ^^
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MessageSujet: Re: Nurmahal.   Jeu 12 Déc - 19:56

Oy o/ Merci pour l'attention portée à cette fiche smile La prochaine fois que je posterais ici je devrais l'avoir terminée =) Croisons les doigts quoi.


+pas si évident que ça Kryk ! Je voulais prendre un loup au départ. Puis, je suis tombé sur une image et blam. Tigre.

(Hybrids shall prevail  cool )

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Telle est l’œuvre des fervents, elle se nomme aussi "bien et mal".

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Nurmahal
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MessageSujet: Re: Nurmahal.   Dim 15 Déc - 0:27

Et voilàààà, je l'ai finie. Dites-moi si des choses ne vont pas ou quoi ^^

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Kajika Machk
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MessageSujet: Re: Nurmahal.   Dim 15 Déc - 9:05

Superbe histoire  w00t 
J'ai vraiment beaucoup aimé, c'est très facile de se plonger dans ton texte et de s'accrocher à l'univers que tu décris. Sans surprise donc, je te valide \ô/

Bienvenue sur Elden !

Félicitation, ton personnage a été validé. Nous te redirigeons d'ores et déjà vers les Journeaux de Bord obligatoires, ainsi que vers les demandes de RP. Nous espérons que tu te plairas sur Elden.
Have fun !

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Nurmahal.

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