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 [GROUPE 1] [EVENT] - Départ pour l'aventure

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PNJ quêtes et évenements
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Le Marionnettiste
PNJ quêtes et évenements

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MessageSujet: [GROUPE 1] [EVENT] - Départ pour l'aventure   Sam 14 Déc - 17:05

Quête « SOIF D'AVENTURE » ; RP n°1

Contexte : vous avez accepté de rejoindre une caravane d'exploration pour les Contrées Sauvages. A vous de trouver dans quel contexte et pourquoi. Ce premier RP consiste à vous présenter entre vous et à vous attribuer différents rôles au coeur du fonctionnement de la caravane. Des personnages non joueurs vous accompagnent : un chef de caravane, un mercenaire chargé de l'organisation de la protection de la caravane, un cuisinier et un gérant des ressources de la caravane. A vous de les décrire, de les introduire, et d'en définir l'utilité dans votre RP. Votre destination, on vous l'indique, est la ville de Zahel, située dans le désert. Vous devrez donc décrire le chemin parcouru jusqu'à elle (environ 4/5 jours).

Ordre de passage :
Telabeth Ceryn - Halec Edilan - Astaroth Evenaar - Ojûn Matto Ta Waci
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Telabeth Ceryn
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MessageSujet: Re: [GROUPE 1] [EVENT] - Départ pour l'aventure   Dim 15 Déc - 19:31

Les Contrées Sauvages sont des terres qui s'étendent, semble-t-il, à l'infini. Beaucoup d'entre nous y ont trouvé leur Âme-Sœur, même si certains n'ont pas eu besoin d'aller si loin. Et même si nous savons, que certains d'entre nous savent, ils n'en parlent pas d'abondance. Les expériences vécues lors de notre quête ne sont pas facilement partagées. Parfois je me demande si nous sommes véritablement un peuple secret, ou si nous l'aimons simplement et en jouons à notre guise. C'est une question intéressante. La définition du secret par un Dragnis. Pour un ancien, en revanche. Pour moi... C'est à la fois quelque chose d'amusant, comme un jeu pour cacher la vérité sans mentir, la dénaturer en gardant sa pureté, et quelque chose de terriblement contraignant. Dans l'absolu, je sais que je pourrais. Nous avons un Ambassadeur à Eldoria que je pourrais contacter. Je pourrais être considéré comme un invité de marque à la Cour. Mais je dois avouer n'avoir que peu d'intérêt pour les choses politiques. Pour la chose politique, même. Pour les gens qui ne vivent que par et pour elle non plus, d'ailleurs.

J'aimerais parfois que le monde soit simple et que tous voient les choses de la même façon. Mais ils sembleraient que beaucoup partagent une vue que je n'ai pas sur la valeur des uns et des autres. Quoique ce ne soit pas tout à fait exact. Je pense que certains animaux ou objets ont, par leur utilité, plus de valeur que certains êtres vivants. J'imagine que beaucoup me jugeraient prompt à dévaloriser le vivant et à émettre des jugements hâtifs et fermes. J'essaie pourtant de prendre le temps de la réflexion, mais nous ne sommes pas épargnés par les préjugés. Nous en sommes victimes également, bien que je ne juge pas que nous puissions être victimes de grand-chose, et la plupart d'entre-nous n'en ont cure. Je ne dirais pas moi compris. Ce sera peut-être vrai quand je serai de retour à la Citadelle, mais en attendant... Il me faut sans cesse songer à me dissimuler. J'ai réussi à laver ma houppelande, cela dit, mais pas à réparer entièrement son usure naturelle... Non, ce à quoi je songeais était que nous en avions également.

De façon générale, le monde d'en-bas était considéré comme... Pas véritablement inférieur, mais nous les regardons évoluer avec l'intérêt et l'indulgence d'un grand-père observant les jeux de ses petits-enfants. Avec un soupçon de condescendance en plus, peut-être et d'indifférence par moment. Nous n'observons pas que les Humains, bien entendu, mais c'est avec eux que nous avons le plus de "problèmes". Pour les suivre, notamment. Je pense que c'est également à cela que servent ces années passées ici. A nous aider à faire la part des choses et à abandonner un peu de notre immobilisme. Sans pour autant nous précipiter. Encore un équilibre délicat à respecter.

Telles étaient mes réflexions alors que j'approchais lentement de la caravane qui devait nous mener dans lesdites Contrées Sauvages. Comment me suis-je retrouvé à la rejoindre? Voilà une bien bonne question. Je déplorais encore un peu d'avoir dû couper quelques-unes de mes mèches acier les plus longues à l'aide d'une dague émoussée et rouillée (comme elle se devait de l'être, j'imagine) empruntée. Je me laissais, une fois encore, bercer par le flux des pensées de nos compagnons écailleux qui parcourent la ville d'Eldoria. Peut-être ma capuche n'était-elle pas tout à fait suffisamment rabaissée. Ou peut-être la pluie de ce jour-là avait-elle excusé ma mise loqueteuse. Je me souviens des termes exacts en lesquels il m'a présenté sa demande. Sa requête. Sa quête. J'ai été suffisamment intéressé pour lui répondre de vive voix, et je me suis donc retrouvé à cet endroit.

J'en reviens donc à l'instant présent. Un homme de haute taille se présente. Le Chef de la Caravane. Sa première considération est de savoir si je possède un cheval. Non, et les chevaux ne m'aiment pas. Il m'assigne donc à une roulotte, pour quand il ne me sera pas possible de marcher à côté d'eux. Je jette un regard aux bottes usées que je porte. Elles tiendront encore, je pense. Il dit attendre encore du monde avant que l'équipage ne puisse s'ébranler. Je m'éloigne, tout en restant en vue. Plusieurs étapes nous attendent. J'observe les personnes s'agiter comme une colonne de fourmis. Impression étrange d'être dans la Citadelle. De regarder le monde. La société humaine à plus petite échelle. Mais ces hommes sont, pour la plupart des guerriers expérimentés. Ce n'est pas aussi désordonné que ce pourrait l'être. Je vois une autre silhouette, que je crois reconnaître. Le Destin aurait-il décider de me jouer des tours? Je ne peux rien attendre de moins de Sa part. Mon regard dérive sur un duel de dominance. Les Humains ne sont pas toujours plus civilisés que des animaux en rut, même s'ils aiment à croire le contraire. Même si leurs duels ne se font pas toujours à la force du poignet. Comparaison d'instruction, de richesses. Autant de moyens d'affirmer sa suprématie. Mais il n'y a pas que des Humains ici. Et pas uniquement des hommes non plus. Quoique cela ne fasse bien souvent pas grande différence...

Appuyé sur mon bâton, j'observe la marche de ce monde unique dans lequel je vais devoir participer et intervenir. Appréhension. Le temps de me rappeler mes propres règles. Minimiser mon impact. Ne pas trop parler. Paraître Humain. Ne pas utiliser mes pouvoirs... Ce ne devrait pas poser trop de problèmes, tant que le Destin n'avait pas tracé un autre chemin pour moi...

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Halec Elidan
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MessageSujet: Re: [GROUPE 1] [EVENT] - Départ pour l'aventure   Sam 21 Déc - 22:00

-A ce qu’il paraît, il y aurait des rumeurs à propos des contrées sauvages… Peut-être que cette personne que tu cherches tant s’y trouve, ce qui serait logique, vu tout ce qu’il se passe là-bas… En plus, tu as de la chance, j’ai entendu dire qu’en ce moment, des tar… euh, un groupe voulait partir en exploration, dans le coin. Je ne crois pas que leur caravane soit déjà partie… Tu peux toujours essayer de t’y faire embaucher, à mon avis, ils ne cracheront pas sur un peu d’aide.

Halec le remercia en lui donnant quelques pièces, se leva et sortit de la taverne. Là, il prit une grande bouffée d’air avant de partir à la recherche de la fameuse caravane, se disant que, pour la première fois, il avait peut-être une piste valable. Ses efforts semblaient porter leurs fruits. Ce n’était pas trop tôt. Il recherchait cette personne depuis bien assez longtemps pour qu’il puisse enfin trouver quelque chose…

Mais avant de partir, il allait devoir faire quelques achats. Il ne pouvait décemment pas aller dans les Contrées Sauvages avec aussi peu de préparation. La première chose qu’il devait faire était de se procurer un cheval. Après tout, il y avait peu de chance qu’ils en aient en trop, et s’il devait se faire embaucher, il préférait le faire en tant qu’escorte. Et puis, il avait gagné assez pour se permettre de prendre un cheval pour ce voyage. Et, évidemment, il devait aussi prendre d’autres choses, comme de l’équipement, et de la nourriture, car il n’acceptait que très rarement une nourriture étrangère : on ne sait jamais quand un empoisonneur agissant pour le compte de son frère pouvait intervenir…

Environ une heure plus tard, accompagné d’une jument alezane – Taïga - , il se présenta au chef de la caravane, qui, en apprenant que le jeune homme était surtout un combattant, le redirigea vers le chef des mercenaires, un grand gaillard qui semblait porter à peu près toutes les armes existantes. Il n’avait que quelques cicatrices et dégageait une aura de danger impressionnante. Cela prouvait qu’il savait se battre, sans aucun doute. Et il en avait conscience. Il n’essayait pas de le montrer à tout prix, mais ne cherchait pas non plus à le dissimuler. Sa force était là, tout simplement. C’était un fait qu’il ne servait à rien de nier, tout comme le fait d’exister.

L’arrangement fut vite conclu, et Halec intégra donc la caravane en tant qu’escorte. Ils s’étaient mis d’accord sur le fait qu’il ne recevrait sa rétribution qu’à la fin de l’expédition. Il n’avait pas, contrairement à son habitude, demandé un acompte, car il ne savait exactement combien il allait gagner. Et puis bon, ses frais étaient assurés au cours du voyage, donc il n’avait, pour cette fois, pas besoin d’un paiement avancé…

Il plaça ses affaires dans une roulotte puis grimpa sur son cheval, testant par là à la fois sa selle et sa monture. Il testa rapidement ses réaction et eut un petit sourire satisfait : elle semblait bien dressée. Il ne restait plus qu’à voir comment elle réagirait en cas de batailles mais, entre nous, il préférerait quand même ne pas avoir à le savoir. Il faut être idiot pour espérer avoir à livrer bataille… Mais il fallait l’être bien plus encore pour penser pouvoir aller jusqu’aux Contrées sans subir d’infortunes…

Satisfait de Taïga, il descendit de selle pour observer un peu les autres membres de l’expédition. De loin, il voyait quelques silhouettes, dont deux qui lui disaient quelque chose… L’une lui rappelait une rencontre assez récente, même si, à cette distance, il n’arrivait pas à bien distinguer la personne en question. L’autre lui donnait une sensation plus lointaine… Bah, il verrait bien au cours de l’expédition en elle-même.

Après tout, les choses venaient tout juste de commencer, non ?
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Elfe
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MessageSujet: Re: [GROUPE 1] [EVENT] - Départ pour l'aventure   Jeu 26 Déc - 17:57

Le vent s'engouffra dans les grands arbres qui bordaient la route et le bruissement de leurs feuilles emplit l'air l'espace d'un instant puis le calme retomba sur la clairière où était allongé un jeune homme. Ses cheveux argentés se mêlaient à la verdure dans une harmonie parfaite. L'elfe leva la main vers le firmament et la referma comme s'il cherchait à attraper le voile noir piqueté de luciole que les hommes ont appelé la nuit. Il laissa son bras retomber et sa main caressa l'épais tapis d'herbe qui recouvrait le sol. Ses yeux se fermèrent lentement et il sombra dans le sommeil. Lorsqu'il se réveilla, les premiers rayons du soleil filtraient à travers le feuillage des arbres, colorant le ciel de couleurs allant du rouge foncé au jaune clair en passant par le rose. Astaroth étouffa un bâillement d'une main et se dirigea vers un petit torrent qui serpentait près de l'endroit où il avait passé la nuit. Positionnant ses mains en coupe, il s'aspergea le visage avec l'eau fraîche provenant du torrent afin de faire disparaître les dernières marques du sommeil de son visage. Il étouffa dans l'oeuf un dernier bâillement et il leva le camp. Rejoindre la route principale ne fut pas difficile et en quelques minutes il se dirigeait de nouveau vers le lieu de rendez-vous des caravanes. La moiteur de ses mains et l'impossibilité de trouver le sommeil la nuit dernière trahissaient son excitation.

Quelques jours plus tôt alors qu'il refaisait le plein de vivres dans un commerce d'une petite bourgade à quelques dizaines de lieux d'ici, une rumeur avait atteint ses oreilles et enflammer aussitôt sa curiosité. Les contrées sauvages. Un détachement de caravanes et de courageux aventuriers avait finalement décidé d'explorer ces terres inconnues de tous. Intérieurement, il jubilait à l'idée d'y aller, mais extérieurement il apparaissait toujours aussi indifférent à ce qui se passait autour de lui. Alors que le soleil atteignait l'apogée de sa course, les caravanes se dessinèrent à l'horizon. Inconsciemment, l'elfe accéléra le pas, sa démarche calme se transforma rapidement en de longues foulées qui donnaient l'impression qu'il courrait vers les caravanes. Son arrivée se transforma en une entrevue avec celui que les autres considéraient comme le chef de cette petite escouade. L'arc dans le dos de l'elfe tilta aux yeux de l'homme et l'elfe se retrouva bientôt devant un homme beaucoup plus impressionnant que l'autre. Il se présenta comme étant le mercenaire en charge de la protection des caravanes durant l'exploration. L'homme ne mit pas en doute les compétences à l'arc de l'elfe, mais le fait qu'il ne possédait pas de chevaux l'embarrassait quelque peu. Quelques minutes de discussion plus tard, Astaroth ressortait de la tente avec dans sa main la bride d'un étalon au poil noir de jais. L'animal trépignait d'impatience à l'instar de son nouveau Maître. Ses sabots frappaient le sol avec force et il poussait des hennissements à intervalle régulier alors que l'elfe le menait vers la tête de la caravane.

Éclaireur. Voilà ce qui allait être son poste et son rôle durant toute la traversée. Astaroth passa la main dans son dos et caressa du bout des doigts les plumes qui dépassaient de son carquois. La corde tendue de son arc appuyait sur sa poitrine, mais la couche de vêtement qu'il portait empêchait cette dernière de toucher sa peau et de lui faire mal. Il attacha la bride de son cheval à la dernière caravane du convois et attrapa son arc. Extirpant une flèche de son carquois, il banda son arme. La rugosité de la corde, la caresse des plumes sur sa joue. Il soupira de satisfaction et décocha la flèche qui décrivit une magnifique parabole dans les airs en vibrant avant de s'écraser dans le sol plus loin, beaucoup plus loin. Il lui fallut quelques minutes pour atteindre le point de chute de la flèche et de la retrouver. Sur le chemin du retour, une silhouette attira son attention. Une nostalgie qu'il ne comprenait pas enfla en lui et il secoua la tête dans une vaine tentative pour se vider l'esprit. Il n'arrivait pas à se rappeler à qui appartenait cette silhouette, elle lui donnait une impression de déjà-vu, mais la distance qui les séparait l'empêchait de voir exactement de qui il s'agissait. Il finit par hausser les épaules après tout, l'expédition n'allait pas se terminer aujourd'hui, elle ne faisait que commencer il aurait tout le temps de découvrir qui était cette étrange personne.
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Dragnis
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MessageSujet: Re: [GROUPE 1] [EVENT] - Départ pour l'aventure   Dim 29 Déc - 0:01

Aratos. La demoiselle y était depuis trop longtemps. Et ses récentes aventures dans la ville lui donnaient plus que l'envie de s'en éloigner. Elle était fatiguée. Comment allait-elle trouver l'Âme-Soeur qui la ramènerait chez elle ? Ils étaient beaux les Anciens, avec leurs belles paroles. Sur le moment, elle se sentait très agaçée par les élans de poésies qui prenaient les adultes quand il s'agissait de répondre aux questions abordant le sujet de l'Âme-Soeur. Fallait-il qu'elle aille voir chaque dragon croisé ? Elle avait un peu honte, d'avoir essayé. Elle ne ressentait plus les âmes de ses semblables, à cause de sa punition, et elle craignait de ne pas être capable de ressentir quoi que ce soit si le dragon se présentait. Alors elle avait déjà tenté d'approcher quelques-uns. Après réflexion, elle trouvait ça stupide. Et légèrement désespéré. Comme si l'Âme-Soeur allait être parmi ces bêtes de bâts pliées aux services médiocres des êtres humains.

Ojûn soupirait. Autour de son avant bras s'était enroulé Bélize, bracelet immobile qui n'hésitait pas à parfois resserrer son étreinte pour quémander un peu plus de douceur dans les gestes de la demoiselle. Ou alors tout simplement s'assurer de ne pas se faire éjecter dans un mouvement ample et de finir jeté à plusieurs mètres de Ojûn.
Elle cherchait à ce moment là un quelconque convoi, ne voulant pas cette fois-ci faire la route seule et risquer de croiser du monde. C'est donc aux écuries bordant les alentours de la ville qu'elle retrouvait par pur hasard Svenn. Elle l'avait rencontré il y a bien longtemps, du moins cela lui semblait être une éternité. L'époque où elle avait dévalé le flanc de la montagne, esseulée. Elle avait rencontré le brave gaillard dans le village isolé de la Tranchée Blanche, dans lequel elle avait passé quelques jours avant d'enfin se lancer sur les routes.

Il savait qui elle était. Il était rare de croiser une jeune fille sur la route qui menait à la Citadelle, surtout si celle-ci n'est pas des leurs. Ojûn ne cherchant pas à se cacher, le garçon avait tout de suite eu connaissance de son histoire, et c'était bien le seul. Svenn, de forte carrure, était un travailleur. Elle l'avait longtemps connu avec un bonnet enfoncé sur le crâne, et habillé de couches épaisses de tenues hivernales en pure laine. Elle était donc surprise de le croiser si peu vêtu. Leur rencontre était une longue histoire, et avait pour conséquence de faire de lui une connaissance bienveillante à son égard. Et si elle était du genre à le rejeter bien qu'elle l'appréciait, lui était juste un grand benêt qui ne cachait pas la grande affection et admiration qu'il portait à son égard. C'était donc avec un très grand sourire plein de surprise qu'il accueillait la petite Dragnis aux airs grognons.

Elle était intérieurement ravie. Svenn était un bon compagnon, même s'il avait passé tout le voyage à lui parler de ses péripéties pour compenser le mutisme de son amie. Il partait pour Eldoria, grande capitale, et aller y retrouver de lointains cousins ayant fui le village perdu, bercés par de plus grandes ambitions que la solitude montagnarde. Svenn, lui, s'était toujours contenté de son troupeau de rennes. Mais là, il s'agissait d'un mariage. Et la génétique avait transmis à tous les membres de sa famille, même les plus éloignés, un sens de la fête qui leur était bien particulier. Ce qui expliquait le long trajet qu'effectuait Svenn, accompagné d'une bonne autre partie de la troupe familiale également invitée.

"Si tu cherches à faire de la route sans trop d'ennuis, mon cousin connait quelqu'un qui part bientôt ! Les contrées sauvages, rien que ça !"


Et Ojûn avait accepté. Parce qu'elle ne savait toujours pas comment fallait-il faire pour trouver celui qui sera son Âme-Soeur, le mode d'emploi n'était jamais fourni dans ce genre d'histoire aux airs mystérieux. Et puis, elle était lassée de devoir chercher des buts par elle-même. Errer commençait à la fatiguer, parfois, elle ne savait pas quel chemin choisir quand un croisement se présentait à elle. Au moins, là, elle n'aurait plus à y réfléchir.

Ojûn s'était retrouvée au milieu d'une agitation qui ne se gênait pas de la bousculer sans scrupules. Mais elle était trop préoccupée par autre chose pour s'en soucier.

Svenn l'avait abandonné la veille dans une auberge, accompagnée de l'homme qui devait l'amener avec lui au convois. Svenn était reparti, sans une once de tristesse car il était toujours persuadé, à chaque fois qu'elle disparaissait, recroiser Ojûn. Et de l'avoir revue le réconfortait dans cette certitude. Un gentil gars, qui payait pas de mine, et qui avait un petit faible pour les jeux d'argent. C'est donc d'un air ennuyé qu'elle avait passé la soirée à l'observer jouer au milieu des hommes ivres. On lui avait aimablement proposé de se joindre à la beuverie, mais quand ils avaient constaté que l'alcool le plus fort ne lui faisait aucunement peur, pas plus d'effet qu'un tout petit verre d'eau, ils avaient décidé de passer à autre chose et d'oublier cette vilaine donzelle même pas drôle. Usée par leurs cris d'ivrognes, elle était partie s'isoler et dormir. Elle ne pensait pas que son compagnon irait se coucher si tard. Pour se lever si tard. C'était donc dans la hâte que s'était déroulé le réveil. Elle était prête, et avait attendu patiemment que le ronfleur se décide enfin à sortir de sa torpeur. Ojûn se moquait d'être en retard. Et puis, pour le moment, c'était l'autre qui se faisait houspiller. Il avait réussi à venir plus en retard qu'un autre et cela rendait fou le maître caravanier, qui semblait être particulièrement porté sur la gueulante.

Silencieuse et immobile, elle attendait la fin des préparatifs. Le chef de caravane avait juste eu un hochement de tête à son égard. Très bien, elle aiderait le cuisinier à éplucher les légumes et servirait la soupe aux hommes. Parce que, c'est ce que toutes les femmes savent faire n'est-ce pas ?

Si la Dragnis ignorait les bousculades ou la bêtise évidente du maitre caravanier, c'était principalement parce qu'elle était obsédée par ce qu'elle avait ressenti en arrivant au milieu des caravaniers. Une présence, quelque chose qui crépite, mais c'était indéfinissable, et elle trouvait cela extrêmement frustrant. Son regard mordoré n'avait de cesse de faire des allers retours sur les visages occupés qui l'entouraient. Quelque chose avait effleuré son esprit. Un vieux souvenir qui rappelait la Citadelle, et elle était presque sûre que l'un des siens était ici.

Un homme, élégant, rejoignait sur sa belle monture ceux qui étaient armés. Oh, un elfe, avec un arc. Sûrement pas lui. Un autre, vieillard, non, les Dragnis ne vieillissaient pas physiquement. Encore un, avec son vieux bâton. Un mendiant pour qui l'on aurait eu un peu de clémence ? Soit. Sûrement pas lui.

Ojûn sentait son cœur battre à la chamade. Elle n'avait aucune idée du pourquoi cela la stressait autant. Elle ne s'était jamais imaginée croiser un semblable dans le bas monde. Et ne savait donc pas comment elle pourrait bien réagir. Elle sursautait lorsque le cuisinier la bousculait. Il se confondait en excuses gênées, trahissant une personnalité très timide et réservé. Cela convenait à Ojûn. C'était presque attendrissant venait d'un taureau comme lui. C'était aussi un grand homme, très musclé, qui s'éloignait radicalement du stéréotype que l'on pouvait se faire du bon cuisinier. Il était aussi bien bâti qu'un forgeron, avec ses larges épaules. Autour de sa taille, une ceinture à laquelle étaient solidement attachés de nombreux couteaux, précieux aux regard du cuisinier. Le tablier qui recouvrait ses cuisses était déjà tout tâché. Il arborait une large mâchoire et une large bouche, surplombée par une myriades de tâches de rousseurs qu'embellissaient de petits yeux clairs comme la glace. Parfait, le voyage ne serait pas trop pénible.

Laissant le cuisinier dans sa gêne et ses affaires, elle grimpait à l'avant de la roulotte après avoir flatté l'encolure du cheval de trait, aussi épais que celui qui tiendrait les rênes. Elle aimait bien les chevaux.

Mais elle était toujours dans l'ignorance. Et se doutait que celui ou celle qui appartenait aux siens connaissait sa présence. A nouveau, cette sensation d'être une proie qui devait attendre qu'on vienne la chercher.

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Miroirs du passé Les Écritures

Le son de sa voix est #993333



Dernière édition par Ojûn Matto Ta Waci le Jeu 20 Fév - 19:15, édité 1 fois
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Telabeth Ceryn
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MessageSujet: Re: [GROUPE 1] [EVENT] - Départ pour l'aventure   Lun 30 Déc - 17:59

Une impression persistante sur laquelle je n'arrive pas tout à fait mettre un nom. Les impressions ne sont pas choses courantes chez moi. Bien trop incertaines, basées sur une part non-rationnelle de mon cerveau. Il n'est pas si aisé de croire que même les Dragnis sont faits de chair et de sang, en majeure partie. Probablement pas la même chair, ni le même sang que les Humains. Sinon nous le serions. Humains, j'entends. Mais j'ai appris qu'il s'agissait aussi d'une expression communément admise pour dire que la personne ou le groupe de personnes concerné avait des faiblesses, et des sentiments. Si nous n'en avions pas, nous ne serions pas une race avec des individualités. Nous serions une ruche, avec un esprit commun, sans nécessité de communiquer par la parole, et des rôles spécifiques que nous exécuterions à la chaîne. Et parfois, je me dis que ce serait une solution pratique à nombre de nos problèmes. Mais cela voudrait également dire asservir nos Âme-Sœurs à ce même esprit commun, ou renoncer à elles. Et cette solution ne m'apparaît plus que comme un palliatif au partage de plein gré que nous pouvons avoir avec elles. Tout cela pour dire, ou penser, plus exactement, que chaque Dragnis, s'il possède des caractéristiques communes avec ses... confrères et consœurs, n'en est pas moins un et unique. D'où l'intérêt d'avoir un nom. Paraît-il. Non pas que j'ai eu à le donner à un grand nombre de personnes dans l'année écoulée.

Toujours est-il que nous avons des apparences différentes, des connaissances et expériences différentes, et surtout, des façons bien à nous de gérer la Quête et les évènements qui allaient de pair avec celle-ci. La preuve étant que je me retrouve impliqué dans cette caravane se rendant dans les Contrées Sauvages, alors qu'aucun de mes semblables ne prendrait cette peine. Et donc, malgré cette impression persistante qu'il y a une silhouette que je reconnais dans cette Caravane, je finis par aller chercher quelques tâches à accomplir. Un tiraillement manque me détourner de mon objectif. Une reconnaissance. Une autre personne que je connais, possiblement. Inattendu. Finalement, je ne suis pas le seul à avoir eu l'idée de rejoindre un groupe pour aller jusque dans les terres inexplorées. Je sens un coin de ma bouche s'étirer vers le haut. Cela fait longtemps que je n'ai pas eu l'occasion de parler avec une personne qui comprend. Je me demande si je connais cet autre Dragnis. Il y a de fortes probabilités pour que cela soit le cas.

Je n'ai pas la force physique des Hybrides, la rapidité de réflexion des Humains, ou encore les compétences exceptionnelles des Elfes. Simplement une bonne mémoire et une main assurée. Ce que j'explique sans tarder au gestionnaire des ressources de la Caravane. Un Humain, un Marchand, m'explique-t-il. Il n'est pas très grand, menaçant même de voir sous la capuche de ma houppelande, de fixer ses yeux gris dans mes prunelles oranges. Mais il apprécie la façon dont je tiens ma plume, mon écriture serrée, précise. Ma loquacité également, de toute évidence, puisqu'il comble le silence pour deux ou trois alors qu'il me présente rapidement les tâches qui seront les miennes. Veiller à ce que la caravane ne manque de rien en demandant à chacun quel est l'état des provisions, périssables ou non, dont ils ont la charge. Le signal du départ est donné, le convoi s'ébranle alors que j'écoute la logorrhée de celui pour lequel je travaillerai pendant ces quelques jours.

Une première nuit, où je n'ai pas l'occasion de partir à la recherche de ce lien qui me tiraille. Puis vient le matin. Le sommeil n'a pas été long, mais cela ne m'empêche pas de prendre mon écritoire portatif et de suivre, à l'instinct, le lien qui m'attire. La Caravane du cuisinier. Il n'était pas en haut de ma liste, mais peu importe, je ne suis pas là pour travailler, je n'ai pas besoin d'excuses. J'ai laissé mon bâton dans la roulotte du régisseur, mais le reste n'a pas changé. La cape d'un bleu grisé dissimulant une tenue de marche en laine sombre, et de vieilles bottes de cuir, ferrées. Je la reconnais dès que je la vois. Ojûn. Je ne peux pas vraiment dire qu'il s'agisse d'une surprise plaisante. Je ne suis pas le plus expansif des Dragnis, je dois l'admettre. Mais il y a certains problèmes que je souhaite éviter, si je le peux.

Un regard intense sur ma liste me renvoie à ma première mission, avant notre départ. Aller consulter les mercenaires sur leurs besoins spécifiques. Sans un remord, je tourne les talons pour me diriger vers leurs "quartiers". Ils ne sont pas si loin, après tout. En revanche, les réactions des chevaux ne sont pas inattendues. Ils ruent, grattent le sol de leurs sabots, semblent danser dans leur énervement. Un sombre regard rougeâtre plus tard, je m'engage à la recherche du maître des mercenaires...

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Dragnis
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MessageSujet: Re: [GROUPE 1] [EVENT] - Départ pour l'aventure   Mar 18 Fév - 0:30


Le bruit des sabots contre le sol était rassurant. Une berceuse au rythme parfois irrégulier. La croupe de l'animal était parfois fouettée par les crins de sa queue. Le sifflement dans les airs, si léger était-il, rappelait à Ojûn ceux de son adoré Bélize. Au loin s'étendait les plaines qui menaient à Azal. La verdure serait une douce compagne, jusqu'à la petite ville, avant de se perdre dans des contrées plus arides avant Zahel.

La première nuit à bord de la roulotte avait été peu reposante. Les autres voyageurs avaient veillés tardivement, sûrement en retard dans leurs préparatifs. La petite Dragnis n'avait pas quitté son poste, observant silencieusement ceux avec qui elle passerait de longs moments. Il était incroyable, de se dire que ces parfaits inconnus allaient devenir pour elle, tantôt de simples créatures insignifiantes, tantôt des éléments cruciaux pour sa survie si le convoi rencontrait sur sa route les méfaits du banditisme.

Elle ne connaissait même pas leur nom. Peut-être allaient-ils mourir, bêtement, bravement. Que pouvait bien réserver le Destin à ce voyage hasardeux ? Les humains étaient de grands rêveurs, poussés par un tempérament de conquérant qui était un bon carburant, surtout quand il s'agissait d'aller explorer des terres inconnues. L'être humain, cette créature la plus banale, la plus présente sur ces terres. Et pourtant... Dans des temps plus anciens, malgré leurs faiblesses physiques, ils avaient réussi à imposer dans une certaine mesure, des lois humaines, et à asservir tout un peuple. Quelle ironie. Finalement, si le renard est moins fort, plus futé il est et par cela il domine. La Dragnis se demandait toujours comment un peuple comme celui des hybrides avait-il bien pu se laisser ainsi écraser. Si certains étaient inoffensifs, telles les hirondelles et les souris, d'autres, en revanche, possédaient en eux des forces animales impressionnantes.

La demoiselle avait eu écho des rebellions, si petites soient-elles. De la Citadelle, ses miroirs lui avaient souvent raconté de jolies histoires de revanches. Mais le Destin ne semblait vouloir accorder au peuple hybride la justice qu'il semblait réclamer. Ainsi étaient les choses du monde d'En-Bas. Pauvre monde, foulés par tant d'âmes vulnérables, pauvres pions d'un jeu obscur.

C'est dans ces pensées qu'Ojûn se perdait, tout en fixant la crinière sombre du cheval de trait. Elle était plutôt satisfaite d'avoir l'équidé comme animal de trait, plutôt qu'un de ces pauvres dragons que le travail rendait plus bête encore.

La matinée était bien avancée. Ojûn ne parlait à personne, et son compagnon de route attitré n'avait pas l'air plus bavard. Sûrement par timidité, et puis, peut-être parce qu'il était sage. Sage, car quand on avait rien à dire, il était préférable de garder le silence. Ojûn lui était reconnaissante pour ça : elle aurait été rapidement fatiguée par diverses conversations futiles, que seuls les humains étaient capables d'entretenir pendant de longues heures.  Derrière elle, le grand et costaud rouquin était occupé à éplucher des légumes. Il n'avait même pas voulu qu'elle l'aide. Il finirait bien par le lui demander, mais pour l'instant, son job était de guider, de manière très vague, le gros cheval. Ce qui, en réalité, revenait à ne rien faire du tout, puisqu'il se contentait de suivre, comme tout bon équidé bien dans sa tête, ceux qu'il considérait comme sa horde éphémère.

C'est donc envers celui ou celle qui les accompagnait, et qui était jusque là la plus grande inconnue du moment, que ces pensées se tournaient le plus régulièrement. Car si elle avait eu en elle les picotements qu'un autre Dragnis pouvait provoquer en elle, en aucun cas elle n'avait su repérer cette personne.

Quand le convoi, dans une halte prévue pour le repas, s'arrêtait, Ojûn se décidait à serpenter entre les hommes, hybrides et elfes. Il était agréable, que le soleil soit leur compagnon de route, car il aurait été plus détestable de voyager avec une pluie diluvienne.  Profitant de ce temps qui donnait un peu plus de liberté, c'est les cheveux détachés qu'Ojûn s'était décidée à vagabonder. L'ami cuisinier ne voulait toujours pas de son aide, alors elle n'avait pas insisté. C'était plutôt pratique. Au besoin, elle nouerait sa longue chevelure sur le haut de sa tête quand la soupe serait à servir.

Bélize, lui, avait préféré imposer sa présence à Tarn, car le cuisinier avait bel et bien un nom. Ce dernier semblait plus à l'aise avec les bêtes qu'avec les autres de son espèce, ou même la gente féminine. Les petits yeux sombres et globuleux fixaient les gestes qu’exécutait machinalement le cuisinier, tandis que le serpent restait immobile, enroulé sur lui-même.

Certains s'étaient adressé à elle, et Ojûn avait tenté de faire bonne figure, s'essayant à ce que l'on appelait la sociabilisation. Mais elle avait vite fait de rejoindre Tarn. Il était un bon compagnon, agréable dans son mutisme. Elle était ravie d'être tombée sur lui, et cela était visiblement réciproque.

Ce n'est que le lendemain, après avoir osé à nouveau s'aventurer entre les roulottes le soir venu, qu'Ojûn le croisait. Au début, c'était juste un homme. Ah, peut-être un elfe, vu les oreilles pointues. Elle l'avait percuté, sans le faire exprès, distraite par la lune, ou quelque chose d'autre, elle avait oublié. Ojûn ne se souviendrait jamais de ce qui l'avait à ce point distraite, et c'est toute confuse qu'elle s'excusait. Mais ses baffouillements étaient vite arrêtés.

L'homme, c'était celui qui ressemblait à un pauvre vieillard, avec son grand bâton. Sauf qu'il n'était pas vieux du tout. Physiquement, elle ne s'en souvenait pas, et c'était pour ça qu'elle ne l'avait pas immédiatement reconnu. C'est seulement quand Ojûn avait osé monter son regard vers le sien, qu'elle avait eu le choc.
Tout lui revenait. A l'époque déjà, elle s'était juré de ne jamais oublier les brûlantes iris. Ojûn se souvenait même avoir pensé aux belles écailles qu'aurait le dragon de cet autre habitant de la Citadelle.

Jamais, elle n'aurait cru penser le recroiser, surtout ici, dans un tel endroit. Elle n'avait même pas pensé à l'éventualité de recroiser l'un des siens.

"Telabeth...?"

Elle ne savait même pas quoi lui dire. Que dire, à quelqu'un de la communauté, mais que l'on ne connait pas réellement ? Les retrouvailles, ce n'était pas vraiment son rayon, comme beaucoup d'autres choses.

Et puis, en elle se creusait le puits profond de la honte. Parce qu'il était encore cuisant de s'être fait punir pour avoir outrepassé les bornes. Il était humiliant, d'avoir été obligée par les siens, de quitter la Citadelle pour aller retrouver un peu d'âme sur les routes. S'ajoutait à cela, l'amer sensation que causait une pensée plus gênante : lui, n'avait pas été privé de ses pouvoirs. Et Telabeth était un bon observateur. Si elle, elle se perdait souvent dans des futilités, lui savait toujours observer ce qu'il fallait. C'est donc avec un pincement de lèvres qu'Ojûn exprimait comme il était blessant d'avoir été vue sans qu'aucune parole ne lui soit adressée.

Voilà, pourquoi les autres étaient dangereux, Dragnis ou non. Les autres causaient toujours des choses désagréables dans les pensées. Et Ojûn avait un tempérament trop sensible, peut-être plus faible ? En tout cas, il était simple de l'altérer par de mauvaises choses, comme la colère, ou la désagréable sensation de ne pas être appréciée. Cela, oui, de toute évidence, faisait d'elle une Dragnis plus sensible à se laisser aller aux passions. D'ailleurs, c'était ce qui avait causé sa plus grande humiliation. Ravalant sa salive, trouvant le silence trop gênant, elle osait dire quelques mots, pour la forme.

"Je te croyais retourné à la Citadelle depuis longtemps."

En vrai, elle ne savait pas réellement quoi dire d'autre. Il était vrai qu'elle pensait qu'un Dragnis comme lui aurait rapidement trouvé son Âme-Soeur.

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Dernière édition par Ojûn Matto Ta Waci le Mar 4 Mar - 17:35, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: [GROUPE 1] [EVENT] - Départ pour l'aventure   Mer 19 Fév - 16:03

Les voyages se doivent d'être racontés. Non parce qu'ils sont excitants, du point de vue d'un quelconque auditoire. Mais simplement parce que, puisqu'ils sont observés, ils doivent être contés. Celui-ci est bien différent de tous ceux que j'ai connus jusque-là. D'ordinaire, je marche, d'un point à un autre, m'interrompant parfois pour faire de menus travaux, me reposer, ou manger. J'ai toujours préféré observer que parler, ou interagir. Et plus le temps passe, moins j'ai l'impression de poser de questions.

Ce qui peut paraître surprenant. C'est une autre différence que j'ai pu constater entre la Citadelle et le monde d'En-Bas, auquel on nous prépare finalement si mal. Les Humains ont une expression qui dit "se jeter à l'eau". De façon très littérale, c'est simplement dangereux. Après tout, sans une connaissance approfondie des courants et des bas-fonds, et sans une maîtrise exceptionnelle de la nage, il s'agit simplement de la meilleure façon de se précipiter vers une mort certaine. Après tout, ils iront déjà bien plus vite que nous, pourquoi raccourcir encore ce chemin? La propension des Humains à se jeter au-devant du danger est d'ailleurs proprement fascinante. Comme s'ils essayaient de vivre, en quelques courtes décennies, autant d'évènements que les Elfes, ou nous autres, Dragnis. Ou comme si la satisfaction de déjouer le Destin, pour encore quelques années, leur offrait une jouissance telle qu'ils supportaient leur sort. Troisième solution, ils n'avaient aucune conscience du danger. Pour certains, cela était peut-être vrai, mais parmi les soldats que j'avais rencontrés, la plupart paraissaient bien informés quant à leur finitude.

Tout ça pour dire que, lors de ce voyage, je découvre beaucoup. Notamment en ce qui concerne les relations entre les groupes. Une Caravane ressemble, sous bien des aspects, à un village organisé, comme celui que nous avions à la Citadelle. La mixité raciale et sociale en plus, bien entendu. Ils parviennent même à se retrouver avec deux Dragnis dans leurs rangs, en plus d'une grande quantité d'Humains, d'Elfes et d'Hybrides. Des Esclaves, que je peux côtoyer de près, pour une fois, et avec qui je parle. Je ne suis pas prêt à laisser passer cette opportunité. D'ailleurs, pendant les trajets, installé à l'arrière d'une roulotte, aussi loin de possible des chevaux de trait qui me regardent avec nervosité comme le Dragon que je ne suis pas, j'essaie d'en apprendre autant que je le peux sur celui qui... m'assiste. Qui porte les provisions que je compte, en réalité.

A lui non plus, je ne pose pas de questions. Les informations qui me sont données verbalement ne valent pas toujours celles que j'observe, car elle sont biaisées, subjectives, incomplètes, mensongères, même, parfois. Comme s'ils croyaient que je les espionne. Toujours étant que, enroulé dans ma cape, observant les interactions des différentes factions de ce village en mouvement, mes journées passent rapidement. Si bien que le soir venu, pour la deuxième fois, je suis forcé de presser le pas pour accomplir les tâches qui m'ont été confiées. Il ne s'agit pas de ne pas être à la hauteur d'un travail si simple.

Mon bâton à la main, ma houppelande refermée contre mes vêtements usés, le visage dissimulé, je confie l'écritoire au jeune Hybride qui m'accompagne, avant de me diriger vers un endroit à l'écart, un poste d'observation privilégié. Tout du moins est-ce ma destination première, jusqu'à ce que je me fasse violemment percuter. Je suis particulièrement surpris de ne pas l'avoir sentie arriver. Je n'ai pas besoin de baisser la tête pour la voir, mais elle a fait retomber ma capuche, et je préfère diriger mon regard incandescent vers le sol. Vers elle. Elle n'a pas beaucoup grandi, maintenant que je la vois debout. Je ne suis pas si hautement bâti moi-même, cela dit. En revanche, son regard doré est toujours le même. Un peu moins perdu dans les illusions, peut-être.

Je ne suis pas un empathe, je le sais, cependant, je remarque la surprise dans son regard. Confusion, peut-être, même. Le nom qui m'a été donné lui échappe, plus une question qu'une salutation. Je hoche la tête, plus une affirmation qu'un salut. J'ai décidé voilà longtemps que les noms n'avaient pas grande importance, pas grande pertinence, et elle ne me fera pas revenir sur cela. D'autant plus que ma décision... Je fronce les sourcils en la voyant pincer les lèvres. A-t-elle une raison d'avoir l'air si... Je tente de me rappeler la dernière fois qu'une personne a eu une telle expression devant moi. Après avoir mangé un fruit particulièrement acide. Rien d'agréable, donc. J'imagine donc que je suis le fruit acide dans lequel elle a mordu, pour lui causer tel désagrément.

Un autre souvenir me revient. Les punitions douces ne sont pas légion dans la Citadelle. Et pourtant, tous savent qu'elle a été envoyée de force dans sa Quête. Personne n'a jamais pris la peine de m'expliquer pourquoi, et je sais déjà que je ne poserai pas la question. Un soupir m'échappe à l'écoute de sa question. Bien plus que ce qu'une personne d'En-Bas peut me tirer, habituellement. Je ne réponds pas immédiatement, allant m'installer à mon poste d'observation. Si elle veut parler, elle me suivra. Sinon... La Citadelle nous manque à tous, en un sens, je crois.

"Les visions m'entraînent vers les Contrées Sauvages. Nous ne sommes pas invincibles, et j'ignore jusqu'où je devrai aller pour La trouver. J'attendais une opportunité."

Ce n'est pas exactement ce qu'elle a demandé. Elle n'a d'ailleurs rien demandé. Pourtant, la banalité qu'elle représente pour moi est rassurante, en un sens, et me pousse à me confier bien plus que je ne le ferais d'ordinaire. Comme je sais que je n'ai pas besoin de dissimuler mes visions, ou mon regard. Ni même ma voix, plus grondante encore du fait que je parle bas. Toujours pas de questions. Pas encore. Plus tard, peut-être. Je veux simplement profiter de ce lien qui me tiraille et l'identifie comme une Dragnis. Même si quelque chose semble altéré... Ce n'est pas encore le moment de se pencher sur ce problème.

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MessageSujet: Re: [GROUPE 1] [EVENT] - Départ pour l'aventure   Mar 4 Mar - 17:43

Ses mains se tordent entre elles. Pendant un court instant, elle hésite. Les conversations se poursuivent rarement quand l'autre décide de s'éloigner. Mais ce n'est pas n'importe qui. Même en tant que Dragnis, Telabeth s'est toujours démarqué des autres, ne serait-ce que par ses longs silences entrecoupés de réflexions personnelles. Ces dernières n'attendent presque jamais de réponse, ce sont juste des mots qui flottent.

Même si Telabeth lui fait ressentir un certain malaise, il reste la personne la plus proche d'elle rencontrée jusqu'à aujourd'hui. Du moins, qui comprend, qui sait. Qui partage avec elle, les souvenirs d'une Citadelle plongée au cœur des montagnes glacées.

Elle le suit, petite ombre blanche qui trottine. Ojûn essaye d'oublier son malaise, cela ne lui ressemble pas. Mais il ne lui faut pas de pouvoir quelconque pour percevoir l'aura déroutante que dégage naturellement son frère Dragnis.

"..Penses-tu trouver l'Âme-Soeur dans les Contrées ?"

Jusque là Ojûn ne s'était jamais posé de réelles questions concernant le dragon. Une fois, seulement. Sans que le sujet ne revienne se lui tourmenter l'esprit. Les derniers évènements la laissent toujours mitigée quand il s'agit de sa Quête. Elle a longtemps imaginé retrouver pleinement ses pouvoirs une fois son double rencontré. Mais ils semblent réapparaitre au fil des jours, selon un facteur qu'elle ne parvient toujours pas à déterminer. Peut-être se sentirait-elle moins vulnérable une fois l'Âme-Soeur trouvée.

Aujourd'hui, ses mains sont blanches. Aucune trace draconique pour dénoncer ses origines particulières. Comme depuis le début de ce voyage. C'est sûrement ce qui lui a rendu Telabeth invisible le premier jour. Pour une fois, elle espère que cela durera le plus longtemps possible. Jusqu'à ce que Telabeth sépare son chemin du sien, très loin.

Nous ne sommes pas invincibles. Ces mots semblent si futiles, et pourtant ils lui pincent le cœur. Ses yeux dorés vont se perdre dans les roulottes et les dos courbés des hommes au travail. Elle ne voudrait pas risquer de croiser l'âme rougeoyante de Telabeth, de peur de se trahir.

"C'est une bonne opportunité en effet. Cela permet de voyager plus en sécurité."

Ojûn se demande seulement si Telabeth a déjà parcouru les terres autant qu'elle l'a fait. Ou bien si elle est la seule idiote de Dragnis à errer à travers les terres, comme une âme en peine, sans aucun but. Au moins ce convoi donnait un objectif au voyage, et l'on savait où poser les pieds. Encore une réflexion qui l'éloignait des pensées dragnis. Et la dernière fois qu'elle avait voyagé au milieu de chariots lui avait laissé un dur souvenir teinté de mort.

Toujours sur les traces du Dragnis, Ojûn se décide à parler un peu plus. Elle sait que, pour profiter de cette présence à la fois inquiétante et apaisante, il faut animer la conversation. Telabeth n'est pas du genre à le faire de lui-même. Du moins pas avec elle. Et si elle agit comme elle le ferait habituellement, elle serait sûrement déjà retournée dans la roulotte du cuisinier. Mais, quelque chose la pousse à rester, profiter de la rare occasion que représente cette rencontre.

"Je n'ai plus de visions depuis longtemps. C'est à l'aveuglette, que je m'avance dans ce monde."

Esquisse d'un sourire, désabusé.

"As-tu déjà beaucoup voyagé ?"

La demoiselle sait que les mots finiront par lui manquer, que la conversation deviendra inutile, gênante peut-être ? Et que bientôt, elle irait éplucher des pommes de terre. Mais elle se souvient, subitement. Elle se souvient du petit garçon. C'est un souvenir flou, qui devient de plus en plus précis. Les écritoires lui reviennent, les papiers, l'Aîné sévère. Le miroir, et des paroles encore emmêlées. Puis enfin, la honte qu'elle ressent, et qui semble la suivre comme un vieux démon depuis qu'elle a retrouvé Telabeth, l'enveloppe et la rend lucide.

Oui, se perdre. Voilà ce que le jeune garçon, si petit soit-il, avait prédit, sans même le savoir. Du moins elle doute que le petit Telabeth de l'époque se soit réellement rendu compte que ce qu'il annonçait tenait de la prédiction plus que de la réflexion.
Devenue plutôt ironique sur sa propre personne, c'est avec un large sourire cynique qu'elle traduit cette pensée soudaine. Par cette prise de conscience, la tension qui l'habite se relâche, comme un soupir.

"Tu avais raison, Telabeth. Déjà, tu me voyais perdue, et j'ai été trop prétentieuse pour entendre tes paroles."

Elle sait que Telabeth se souvient, et qu'il comprend. Il n'est pas comme elle, voilà ce qu'elle pense. Parfois Ojûn se trouve bien plus proche d'un de ces êtres, humains, hybrides ou elfe, peu importe. Et en cela par la bêtise, la maladresse, l'oubli...Jamais, elle n'imaginerait que de telles choses arrivent à celui qui l'accompagne. Il est bien plus Dragnis qu'elle ne l'est.

La marche continue, lente.

"Il m'arrive parfois de me dire que la Citadelle ne sera plus jamais mon foyer."

Ojûn se demande même si elle serait triste de ne plus y retourner. Elle ne ressent pas le besoin d'un foyer, de toute manière, plus maintenant. Elle ne sait même plus ce qu'elle ressent, ne veut toujours pas se projeter. Se contenter d'avancer, pas après pas, et d'aviser.

Si elle doute pouvoir retourner à la Citadelle, la Dragnis ne se prononce pas pour ce qui concerne les potentielles raisons de ce non-retour. Elle connait les Grandes Lois. Il est difficile d'oublier la punition réservée à ceux qui transgressent les interdits qu'elles énoncent.

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MessageSujet: Re: [GROUPE 1] [EVENT] - Départ pour l'aventure   Sam 8 Mar - 19:07

Elle me suit. J'en étais persuadé, mais dans le même temps... Elle est difficile à comprendre. L'a toujours été. Perdue dans ses miroirs, perdue dans son monde. Le même que le nôtre, et pourtant différent. Un point-de-vue différent, unique. Que personne, ni moi, ni les autres, n'aurions pu comprendre. Son engouement presque extrême pour ses visions, ses hallucinations, ses illusions. Et pourtant, de façon surprenante, c'est de mon Âme-Sœur qu'elle semble vouloir parler. La question se pose véritablement. La trouverai-je? Dans les Contrées ou ailleurs, je ne vie que pour la trouver, pour la chercher, pour fusionner, enfin, avec elle. Combler ce vide qui me ronge le cœur et l'estomac.

Les Humains... Les habitants du Monde d'En-Bas, de façon globale, semblent avoir leur propre idée de ce qu'est une Âme-Sœur. Non pas un dragon, mais un ou une de leur semblable. Qu'ils ne ressentent pas, qu'ils recherchent sans qu'elles ne leur soit nécessaire. Une Quête abstraite pour laquelle ils ne quittent parfois jamais la maison de leur enfance. Une Quête qui ne leur est pas indispensable. Sans laquelle ils peuvent vivre. Oh, bien sûr, nous pouvons également vivre très longtemps sans trouver l'ami écailleux qui nous complètera. Ce qui m'effraie à un point inimaginable. La simple idée de ne pas parvenir, pendant cette expédition de la dernière chance, à La trouver. J'ai le temps, tout le temps du monde, pour La trouver. Je retiens un soupir alors que je prends une inspiration hachée.

Je ne pense pas revenir des Contrées Sauvages avec Elle. Je l'espère, peut-être stupidement. Perdu dans mes pensées, pourtant, je ne réponds pas. Et cela ne l'empêche pas de poursuivre. Elle n'en attend probablement pas plus de moi. Comme les autres. A mesure des ans, j'ai de moins en moins parlé, me suis de moins en moins intéressé aux relations que je pourrais avoir avec les autres. A l'exception, bien entendu, d'Arsinoë qui s'est efforcée, au travers d'un harcèlement constant, de ne pas me laisser me couper même du Monde d'En-Haut, du nôtre... Être un Observateur, tel que nous le demandent les Grandes Lois n'est pas, je crois, un don inné, comme notre longévité, les écailles qui nous habillent, ou notre immunité aux poisons qui rongent les hommes. Au contraire, il s'agit bien de quelque chose qui s'apprend. Qu'il faut tordre ses sens et son esprit pour pouvoir atteindre cette objectivité suprême, et cette... passivité, que l'on nous demande. Je m'y suis accroché, à cet idéal. A cet Observateur parfait que j'ai imaginé dans mon esprit d'enfant, à partir de bribes d'information et de fragments de Grandes Lois. De quoi m'imposer seul les contraintes qui ont fait de moi ce que je suis aujourd'hui...

Ne plus avoir de visions. Je me demande ce que cela doit faire, de vivre sans l'angoisse sourde de s'effondrer à tout moment sous une parcelle incompréhensible d'avenir. Et en même temps, ce fil directeur qui nous guide et nous permet d'être ce que le Destin attend de nous. Je me souviens alors, en alternance, qu'elle est et n'est plus, au sein de la communauté. Je n'avais jamais réfléchi à ce que cela pouvait signifier. Pour elle, plutôt que pour nous. Voyager sans idée d'où aller. Sans savoir où son Âme-Sœur peut se trouver. J'arpente le Monde d'En-Bas en allant de rencontre en rencontre, de place en place, de découverte en découverte, dans le seul but de venir ici. D'aller là où cette Caravane va me mener. A certains instants, j'ai envie de partir devant, sans me retourner, sans vivres et sans préparation, dans ma précipitation à LA rejoindre. Je réalise alors que je ne courrais qu'à ma mort. Et à la Sienne, ultimement. Je ne le supporterais pas.

Je hoche la tête à sa question, en revanche, avec beaucoup de retard. Je n'ai pas cessé de voyager, depuis que j'ai quitté la Citadelle. Ma propre obsession. Ses deux remarques, coup sur coup, me prennent de court. Je n'ai pas l'habitude de cette sensation. Je me souviens encore de ces remarques que j'avais faites, enfant. J'avais même réfléchi à une réponse complète à lui donner. Ce que "se perdre" pouvait bien signifier... Une question sérieuse qui avait occupé grand nombre de mes réflexions. Je ne doute pas du bien-fondé des remarques que je fais, en règle générale. Elles sont l'expression de ma propre pensée, malheureusement fortement subjective, et je crois à leur véracité jusqu'à preuve du contraire. Une preuve que je peux constater et comprendre grâce à mon propre esprit. Car les explications des uns et des autres sont, au même titre que les miennes, biaisées par les expériences vécues et la vie qui a été menée.

Je me contente donc d'arrêter ma marche, me retournant pour poser sur elle mon regard de braise. Étrange expression que j'ai déjà entendue, de la part d'Humains. Pourtant, elle semblait avoir une connotation qui m'échappe encore. Mais la description semble adéquate. Je m'apprête à répondre, à demander des explications. La Citadelle n'est pas notre foyer. J'ai appris... qu'un foyer représentait la présence d'une famille et une envie de revenir. La tour où nous sommes nés... Nulle famille ne nous y attend, des camarades, des personnes qui nous comprennent, simplement. Et aucune envie d'y revenir. Un besoin plus primaire. Notre foyer est notre Âme-Sœur.

Cependant, le temps ne m'est pas donné de m'expliquer, car l'appel du cuisinier l'arrache à notre discussion. Je remonte la capuche de ma houppelande sur ma tête et m'installe à mon point d'observation. Je ne la sens pas s'éloigner. Parfois, je me demande ce que cela fait de n'être plus Dragnis... La nuit, puis deux jours passent encore, sans que je parvienne à lui parler à nouveau. A-t-elle choisi de partir? De quitter la sécurité de la Caravane? Ou ma présence, dérangeante, qui lui rappellerait ce qu'elle a perdu?

Toujours est-il que les plaines vertes et vallonnées laissent la place au désert, et que Zahel, notre première destination, s'étale à présent devant nous. Orange, rouge et blanche. Le soleil tape fort au-dessus de nous. Il fait bien trop chaud, pour mon corps habitué aux températures glacées de la Trachée Blanche. Et pourtant... Pourtant je poursuis mon œuvre, comptant et annotant sans relâche. D'autres Caravanes semblent avoir rejoint la ville. Se dirigent-elles toutes au même endroit? Vers les Contrées?

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