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 [Quête] L'hiver vient. [SOLO]

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Moriline
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Fiche RPG
RPs en cours
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Disponibilité: Libre
MessageSujet: [Quête] L'hiver vient. [SOLO]   Lun 6 Jan - 14:39

    Le fait de naviguer avec Do m'amenait un peu partout. Par-ci, par-là, surtout là, en fait. Lorsque nous allions en ville, je prenais souvent du temps pour moi, pour aller aux bains publics - quand il n'y avait personne - ou pour aller regarder les tissus. Je rêvais de robes et de jolis atours, tout en sachant que la vie sur un bateau ne s'y prêtait guère. De toute façon, y'a pas de trous où placer ta queue de renard, songeais-je à chaque fois, avec une ironie mordante. Ce genre de choses n'étaient pas faites pour moi. Alors je rejoignais les autres à la taverne, je les regardais s'enivrer, je riais avec eux, rougissais de leurs blagues graveleuses.

    Mais alors que j'étais en route pour la taverne, une silhouette s'arrêta près de moi. J'avais l'air humaine, mes oreilles cachées sous un bandana de soie grise, le doux duvet blanc de ma gorge cachée par ma chemise blanche et mon corset, et ma queue, enfin, mon plus gros problème, qui se retrouvait souvent collée à ma cuisse, dans un pantalon de toile ample. Mes bottes montantes faisaient un cliquetis agréable au sol. Je tournais donc mon regard d'or vert vers l'homme ; c'était de toute évidence un fermier. Vêtements abîmés, sales, son air était cependant affable. Je l'écoutais donc parler, attentive, curieuse de savoir ce qu'il me voulait.

    ▬ Hep toi, tu veux un ptit boulot tranquille et bien payé ?

    Je penchais la tête, laissant ma queue de cheval faire onduler mes longs cheveux raides et roux. Je haussais les sourcils, l'invitant à continuer. J'étais déjà payée par Do, pour mon travail sur sa frégate, mais je n'étais pas contre me faire un peu d'argent. Cela pourrait m'aider à acheter mes objets pour mon rituel, qui approchait à grands pas. Bientôt, je serais adulte ; bientôt.

    ▬ Bon, jt'explique le truc, c'pas compliqué. En gros j'veux me faire une réserve de nourriture et de bois pour cet hiver, sauf que d'habitude c'mon fils qui m'aide. Mais en début d'année, le ptiot est allé s'engager dans l'armée royale. Du coup j'me retrouve seul avec ma femme et ma fille. Ton truc à toi, ce sera d'aller chasser les animaux d'la forêt. Moi j'irai couper du bois. J'accepte tout c'qui s'mange et qui a d'la fourrure. Si t'as pas d'arme, j'peux t'fournir l'arc en bois et les cordes de mon fils, mais c'tout. Bien sûr, tu s'ras bien payé. Aller hop, au boulot !

    Il avait dit tout cela d'une traite, et je hochais la tête au fur et à mesure.

    ▬ Donc, vous voulez que je chasse les animaux, pour que je vous rapporte viande et fourrure, c'est ça ? Et bien, si je peux vous être d'une quelconque aide, je suis volontaire.

    En fait, au-delà du fait d'être payée - car ce pauvre homme n'avait pas l'air très riche - l'idée de pouvoir aider quelqu'un me faisait toujours du bien. Je délaissais donc la ville, pour le suivre. Je ne connaissais pas beaucoup la chasse, n'ayant jamais réellement fait cette tâche, mais je me devinais assez vive. Par contre, tuer des animaux me mettait mal à l'aise. Alors, pendant qu'il allait chercher l'arc et les flèches de son fils, j'en profitais pour m'agenouiller dans un coin et remercier les esprits d'avance pour ce qu'ils allaient m'offrir.

    ▬ Ô Esprits, la tâche que je m'apprête à accomplir servira à nourrir cet homme et sa famille. Je ne le fais pas par plaisir de tuer, mais par besoin. Je vous remercie, ô divinités, par avance pour votre générosité et votre indulgence.

    Je me relevais, époussetais mes genoux et attendit que le fermier sorte. Il me tendit arme et traits, et j'attachais le carquois ans mon dos, la bandoulière passant entre mes seins. Je vérifiais que je pouvais, d'un geste rapide, prendre une flèche, puis je suivis de nouveau l'homme. Nous pénétrâmes dans la forêt et je sentis soudain tout mon être s'ouvrir. C'était comme si tous mes sens s'affolaient devant la nature. J'aimais être dans la forêt, son odeur d'humus, le doux bruissement du vent dans les feuilles. Le fermier faisait du bruit, devant moi, très peu discret comparé à mon pas léger. Il s'arrêta enfin, dans une petite clairière qui ne devait pas être là à l'origine. Il avait dû la créer en y taillant le bois de chauffe. Il alla reprendre sa hache, puis m'indiqua la forêt.

    ▬ Vous pouvez y aller. Rejoignez-moi à la nuit tombée, et apportez moi tout c'que v's'aurez trouvé.

    Je répondis d'un mouvement de tête, et pénétrais dans la lisière ombragée avec le son de sa hache sifflant et entaillant le bois. Tout d'abord, je ne cherchais pas à lever une chasse. Non. Je prenais un temps pour moi, pour apprécier ce qui m'entourait. J'aimais vivre sur un bateau, mais rien ne pouvait se comparer à la beauté d'une forêt. Sauf peut-être la beauté de la mer. Au bout de quelques instants, légère et précise, je cherchais des traces. Mon inexpérience était palliée par mes instincts plus aiguisés que ceux des hommes. Le fermier avait peut-être eut de la chance de tomber sur moi, finalement.

    Une sente serpentant entre les fourrés m'indiqua qu'une famille de lapins avait dû s'installer par-ici. Remerciant les esprits, par des prières ferventes et mentales, je la suivi. Je tombais sur les petites bêtes, en train de s'abreuver à un quelconque point d'eau. Je n'eus pas le coeur de les tuer tous. J'attendis de voir leurs regards affolés, histoire que je ne tue pas un Grand Esprit, puis en abattis deux. Je mis les cadavres encore tièdes à ma ceinture, et poursuivis ma quête. Je tombais, par inadvertance, sur un lynx qui venait d'abattre un faon. D'une flèche, je perçais sa fourrure au niveau du poitrail, et j'esquivais d'un bond son attaque maladroite. Je fichais une nouvelle flèche dans son crâne, et le tuais. Je n'avais pas assez de forces pour le traîner, alors je me mis à l'oeuvre. Dans ma besace, je mis les quartiers les plus gros et les plus tendres de la bête, après l'avoir dépecée. La fourrure roulée, portée sous mon bras, j'en profitais pour faire de même avec sa proie. Autant accepter ce qui se trouvait devant moi.

    La nuit tomba vite, trop vite, et je n'eus pas la chance de tomber sur autre chose. C'est les mains sanguinolentes et mes vêtements raidis par le sang que je retournais vers le fermier. Il avait tranché deux arbres, et découpé des rondins pour son chauffage. Je lui montrais les deux lapins, puis la fourrure du lynx et de la biche, et enfin la viande. Elle exhalait un fumet métallique, mais le fermier sembla content. Il m'invita à le suivre, et le bois sur ses épaules, nous retournâmes jusque chez lui. Je l'aidais à déposer bois et viandes dans un coin de la pièce ronde, et l'aidais également à saler les morceaux trop gros qu'il mettrait dans sa cave, pour la garder l'hiver, pendant que sa femme et sa fille s'occupaient des fourrures.

    Merci beaucoup, ma p'tite dame. Comme promis, voici votre paye.

    Il me tendit ce qu'il me devait, et après une hésitation, je refusais d'un geste de la tête.

    Je pense que ma récompense n'est autre que de vous avoir aidé.

    Je lui offris un petit sourire, sans dévoiler mes dents cependant. Je pouvais attendre de gagner de l'argent ; cet homme en aurait besoin, pour vivre. J'avais eu la chance de tomber sur quelqu'un comme Do. Je m'inclinais un peu, puis sortis de chez lui après qu'il m'eut lancé un regard de gratitude. Il savait pourquoi je faisais cela. Je n'avais pas pitié de lui, non. J'avais juste ce qu'il me fallait : un toit, à manger, des amis. Je ne voulais pas le dépouiller, un tant soit peut, de ce qu'il avait déjà.

    Je souris, l'air frais de la nuit qui allait tomber me fouettant le visage, et je repartis en direction de la ville proche. Je ne me vanterais pas de ce que j'avais fait, mais je ne mentirais pas à Do si il me demandait où j'avais été pêcher tout ce sang. Je gardais ce même sourire, tout en frottant mes mains l'une contre l'autre ; Do m'avait appris une chose. A être fière de moi.

    Et fière, oui, je l'étais.

_________________

Mori vous hurle son amour en #cc3333

Pendant que de nos crocs,
nous faisons l'affûtage,
vous vous faites les bourreaux,
de notre esclavage. ♪
 ©️ Mori.

► ∞ Go dance in the woods and down we go, down, down.
Go dear boy, I wanna follow you, you're a wild boy, I am a wild girl too.
Go dear boy, I wanna be with you,
there's a time for everything and I call you. ♪

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