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 Le Garde et la Pie. (PV-Nufhaj)

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Hybride
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Nurmahal
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MessageSujet: Le Garde et la Pie. (PV-Nufhaj)   Mer 19 Fév - 20:30

C'était une paisible soirée. Nurmahal, assis dans l'herbe et adossé à un rocher moussu profitait de la chaleur des rayons du soleil couchant tout en parcourant un parchemin du regard. Il se trouvait au sud d'Enzora, non loin d'un petit chemin forestier, en pleine nature. Voici quelques semaines qu'il avait quitté le service de Do et s'était rendu à Zahel pour recevoir les ordres des officiers Vautours. On l'avait vite envoyé retrouver un petit groupe d'agents à la lisière du territoire elfique. Sur le chemin, il avait traversé la Cité d'Enzora et s'était renseigné à son sujet. Pressé par ses ordres il ne s'était guère attardé; mais il avait été profondément intrigué par cette ville et le statut des hybrides qui s'y trouvaient. Il avait bien tenté de poursuivre son chemin sans plus y songer, mais peine perdue. Il s'était donc arrêté, avait appuyé sa lance contre le roc auquel il s'adossa, puis avait sorti encre et parchemin de sa sacoche avec l'intention manifeste d'y coucher certaines des réflexions qui le travaillaient. Il utilisa la plume qui le désignait comme "agent de la Pie" pour écrire.

L'après-midi lui fut nécessaire pour venir à bout de ce qui le travaillait. Lorsqu'il se relut, il grogna de dépit : c'était confus, aphoristique...Et cela n'aboutissait à rien d'intéressant. La crise de la Faille d'Enzora le tourmentait : comment des Hybrides avaient-ils pu s'allier aux hommes pour sauver leur œuvre menacée par une catastrophe naturelle ? Quelle nouvelle perversion avait pu les amener à cet avilissement ? Les hypothèses qu'il avait formulées étaient toutes improbables. Le tigre avait bien tenté de construire un raisonnement expliquant de quelle façon l'estime qu'on avait des Hybrides à Enzora pouvait se révéler bien plus dangereuse pour la liberté du Peuple que l'habituelle répression à laquelle ils étaient exposés, mais là aussi, il finissait par se perdre dans le méandre de ses propres formulations. Un après-midi de perdu.

Le tigre posa plume encre et parchemin sur ses genoux, ferma les yeux, et appuya sa tête contre le rocher vert. Une brise vespérale caressait sa fourrure conjointement avec les rayons du soleil, des oiseaux pépiaient dans les buissons, Nur crut même percevoir le battement d'aile d'un papillon. Il avait bien fait d'ôter sa chemise de lin, il pouvait profiter pleinement de l'instant. Il prit bien garde, avant de se laisser emporter par la volupté qui le gagnait, de laisser planer sa conscience sur les environs : il ne tenait pas à être surpris par une patrouille de Gardes Pourpres. Il avait vu quelques griffons traverser le ciel plus tôt. Mais il ne perçut qu'une aura encore éloignée qui semblait suivre le chemin qu'il avait emprunté plus tôt. Malgré tout il ne s'assoupit pas entièrement. Il suivit la progression de l'aura, qui se rapprochait sensiblement de sa position. Elle avait une progression régulière et Nur se tira bientôt de sa torpeur. Le crépuscule gênait quelque peu sa vision, mais il pouvait distinguer son environnement immédiat sans peine. L'aura approchait. Elle était sortie du chemin et avançait en ligne droite... Elle allait l'apercevoir. À contre-jour, Nur vit la silhouette de ce qui semblait être un homme sortir des fourrés, non loin. La silhouette parut voir l'hybride presque aussitôt et s'arrêta. Puis elle s'avança vers Nurmahal d'un pas sûr, froissant les hautes herbes, se précisant à mesure qu'elle s'approchait. Lorsqu'elle ne fut plus qu'à dix pas de l'endroit où l'hybride s'était assis, elle s'arrêta. C'était un elfe. De la Garde Pourpre. Armé.

Nur resta silencieux. Si lui était ébloui par l'astre mourant, l'elfe n'avait pas ce souci et n'avait pu manquer de remarquer le parchemin et la plume sur ses genoux, sans parler de la lance. Si il était fidèle à la réputation de la Garde, il ne manquerait pas de le trouver suspect. L'hybride choisit pourtant de rester immobile. Se lever et empoigner son arme aurait été un aveu plutôt criant. Hors de question, du moins pour l'instant. L'individu n'avait pas l'air d'être un vétéran, et si Nur abhorrait la Garde, il n'avait rien contre les elfes. Leur peuple avait également souffert de l'implantation des hommes en Eldoria. Leurs coutumes s'en étaient trouvées altérées, lui avait-on appris. C'était d'ailleurs la première fois qu'il rencontrait un des leurs, si l'on considérait que Louha n'en était pas exactement une. Il décida donc de jouer au voyageur.

-Le bonsoir, elfe. Je n'ai pas de feu, ni de pain à partager, mais si tes jambes sont fatiguées du voyage prends donc place, j'ai dans ma sacoche une flasque de vin d'Enzora et un peu de viande séchée.

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Elfe
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MessageSujet: Re: Le Garde et la Pie. (PV-Nufhaj)   Jeu 20 Fév - 9:35

Seul. Ce foutu Ganek ne s’était pas contenté de ruiner ma journée en remettant à plus tard mon vol à dos de griffon avec Jagïn, mon maître monteur. Non, en plus de cela, il m’avait envoyé à l’autre bout du continent avec pour seul compagnon mes pensées. Tant pis, ce n’était que partie remise, je décidai dorénavant de ne plus m'en plaindre et d’aller de l’avant.

Voilà déjà deux jours que je suivais la route reliant Enzora aux cités situées à l’Ouest. Je jetais fréquemment un coup d’œil aux alentours, mais mon esprit était ailleurs. Je savais que ma forêt n’était pas loin, à deux heures de marche tout au plus si je prenais à gauche du sentier. Le voyage comblait ma curiosité, mais la forêt me manquait. Presque 2 mois que je ne l’avais pas revue. Son atmosphère reposante, sa verdure et ses arbres s’étalant à tous les horizons. Oui, elle me manquait … Je décidais donc de faire le détour afin de m’y ressourcer.

La nuit approchait. Tandis que je continuais à avancer à la lisière de la forêt, caressant de la paume de mes mains les quelques hautes herbes et tiges florales qui croisaient ma route, je ne me doutais pas que, plus loin, un hybride avait remarqué ma présence. Il me fallut tout de même quelques pas de plus pour apercevoir dans la pénombre le bout de ce qui semblait être une grand hallebarde, reflétant son acier à la lueur de la lune. Une énorme silhouette poilue semblait être adossée à côté de l’arme, contre un rocher. Je m’étais arrêté.

Qui pouvait-il, ou elle, bien être ? Sûrement un voyageur car personne ne se trouvait dans les environs. Je n’avais rien à me reprocher, et puis l’emblème de la Garde Pourpre me conférait désormais une certaine autorité. Je l’avais presque oublié, étant donné que cela était ma première réelle mission en tant que membre de la Guilde.

Je repris alors mon avancée, avec assurance. Plus je m’approchais, plus la silhouette devenait distincte. Des yeux perçants, des lignes colorées sur un duvet recouvrant tout le corps. Un hybride, et pas un petit. Malgré cela, je ne pu déceler aucun emblème ou autre insigne.

L’apparence bestiale de cet étranger et la présence d’une lance à ses côtés n’étaient pas les seules choses qui me firent rester sur mes gardes ; un hybride, seul.


« Le bonsoir, elfe. Je n'ai pas de feu, ni de pain à partager, mais si tes jambes sont fatiguées du voyage prends donc place, j'ai dans ma sacoche une flasque de vin d'Enzora et un peu de viande séchée. »

Cet accueil me surprit, mais il était bien préférable à une rencontre d’infortune. Peut-être n’était-ce aussi qu’une ruse afin de me broyer les os dès que j’aurais le dos tourné. La Garde Pourpre ne comptait bien évidemment pas que des alliés, je me devais donc de rester sur mes gardes.

« Le bonsoir, hybride. J’apprécie ton offre, je songeais justement à me reposer non-loin d’ici. Et il semblerait que notre rencontre nous soit favorable à tous les deux, j’ai  de quoi nourrir plusieurs bouches, cela devrait convenir à ton imposante carrure. »

En attendant d’avoir plus d’informations à son sujet, je choisi de rester vigilant, laissant paraître un aspect plus calme et détendu. Il était resté assis. Je m’apprêtais à lui tendre ma main afin de lui serrer sa … patte. Mais je réfrénai mon envie, toujours soucieux d’en apprendre plus à son sujet avant de m’autoriser à ce genre de choses.

« Nufhaj Eïgiri, membre de la garde, comme tu l'as probablement déjà remarqué. Et toi ? J’imagine que tu es accompagné … »

J’attendais une réponse, toujours debout. Il devait probablement se douter que je méfiais de lui. Et étant donné que j'étais un membre de la Garde, il devait également se douter que les lois ne m’étaient pas étrangères : un hybride seul était à priori un hors-la-loi.

Informer un étranger, qui plus est un membre de l’ordre, de son nom était souvent gage d’honnêteté. Un voleur ou bandit connu s’en cacherait ou donnerait un faux. Mais c’était un risque à prendre …

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Nurmahal
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MessageSujet: Re: Le Garde et la Pie. (PV-Nufhaj)   Jeu 20 Fév - 23:03

« Le bonsoir, hybride. J’apprécie ton offre, je songeais justement à me reposer non-loin d’ici. Et il semblerait que notre rencontre nous soit favorable à tous les deux, j’ai  de quoi nourrir plusieurs bouches, cela devrait convenir à ton imposante carrure. »

Bien. Si l'elfe s'asseyait et choisissait de partager son repas avec l'hybride, il le reconnaîtrait implicitement comme sans reproches. Cela permettrait peut-être d'éviter une confrontation violente. Et puis, deux inconnus s'enivrant ensemble dans la nature, cela forgerait des liens.

Mais l'elfe ne s'assit pas. Au lieu de ça, il sembla hésiter sur la conduite à tenir avant de se présenter :

« Nufhaj Eïgiri, membre de la garde, comme tu l'as probablement déjà remarqué. Et toi ? J’imagine que tu es accompagné … »

Contre son rocher, l'hybride se renfrogna. Cela prenait une mauvaise tournure. L'autre se méfiait. Livrer son nom était une chose, mais répondre à sa question implicite serait compliqué. L'hybride décida rapidement de la conduite à tenir : tant pis pour la couverture. Il ne s'enferrerait pas plus loin dans un mensonge déjà presque percé à jour. L'autre n'avait pas voulu jouer le jeu, Nur garderait son vin et sa viande. À dire vrai, cela l'arrangeait plutôt, ses rations s'étant amenuisées à une vitesse impressionnante ces derniers jours.

L'hybride prit le temps de poser ses affaires à côté de lui, puis il se leva sans un mot, et saisit son arme. Après quoi il tourna le regard vers son interlocuteur intrigué et lui rétorqua :

-Nurmahal, fils de Nurmahal et ancien esclave, comme tu l'as probablement déjà remarqué. Je ne suis accompagné que par les spectres des hommes qui ont cherché à m'empêcher de gagner ma liberté, jadis. Ils ne sont pas de très bonne compagnie, comme tu peux t'en douter. Ces tristes sires ont la déplaisante manie de m'inspirer de mauvais songes pendant mon sommeil et me glacent le sang chaque fois qu'ils en ont l'occasion. Parfois je les entends, la nuit, incarner leurs gémissements dans le bruissement du vent entre les branches. Impossible de fermer l’œil pour de bon, même pour un honnête hors-la-loi.

Un silence. L'elfe a le visage fermé et la main bien prête de son arme. Fini les politesses. Dans peu de temps, la situation allait dégénérer. Immanquablement. En Eldoria hélas, le fer tranchait les conflits plus volontiers que les mots.

-Dis-moi, ami Eïgiri, continua Nur, j'ai entendu dire que ceux portant les couleurs de la Garde avaient à cœur de faire appliquer la justice en tout lieu. "Justice est notre seule Loi" n'est-ce pas ? Mais quelque chose me chiffonne. Je n'ai jamais vu l'un des vôtres bastonner les hommes se permettant d'enchaîner mon peuple et de les vendre au marché comme de vulgaires têtes de bétail. Du temps où je comptais moi-même parmi ces "têtes de bétail", il m'arrivait de croiser des patrouilles de tes frères d'armes. Je croyais alors distinguer dans leur regard une lueur de pitié. Cette illusion s'est dissipée, lorsque ces même hommes ramenèrent au domaine de mon maître trois jeunes esclaves ayant tenté de s'échapper. Morts. Ils avaient enfreint la loi stipulant qu'ils étaient la propriété du marchand Mark Omet, et, de plus, avaient résisté lorsque la patrouille les avait interpellés.

Ces mots désordonnés et confus suffiraient-ils à jeter la confusion dans l'esprit du garde ? Nurmahal avait entendu dire que les elfes étaient plus sensibles que les hommes, plus ouverts.  Autrefois, en tout cas. Il choisit d'achever son discours.

-La Garde n'est qu'une mascarade. Vous vous contentez de défendre les faibles contre les forts, alors que l'inverse devrait se produire. Vous fermez les yeux sur les aberrations du Royaume, sa corruption, ses coutumes mortifères qui visent à rabaisser les Hybrides, les dénaturer. Vous ne faites qu'obéir à la Loi sans chercher à la remettre en question, à remettre ses fondements en question. Vous avez oublié ces racines ! Votre devise est une farce. Tu pourras dire à tes maîtres que vous avez besoin d'une phrase sincère comme celle-ci : La Loi est notre seule Justice. Ta Loi te dit que je suis un malfrat, Nufhaj Eïgiri. Elle te dicte mon arrestation, mais elle ignore un fait important : Nous sommes en guerre. Maintenant j'aimerais te poser une question. Es-tu l'esclave des lois Humaines ? Où es-tu prêt à faire montre de la liberté d'esprit dont ton peuple était jadis capable ?

La gorge sèche, le tigre se tait. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas parlé aussi longuement, il avait perdu l'habitude de discourir. Malgré tout, il ne désespérait pas que ses paroles aient eu un effet sur l'elfe. Si cela échouait...

Il y a toujours l'acier.

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Elfe
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MessageSujet: Re: Le Garde et la Pie. (PV-Nufhaj)   Ven 21 Fév - 9:19

L’expression auparavant presque amicale que l'on pouvait observer sur le visage de l’hybride laissait désormais place à un ton bien plus renfermé. Il venait de se lever. Je m’attendais à ce qu’il soit grand, au moins autant que moi, mais sa largeur et sa hauteur me dépassaient bien plus que ce que je m'imaginais. Son poids aussi, fort probablement. Tout cela sans dire un mot, alors qu’il venait également d’empoigner sa lance. Par réflexe, mes yeux se plissèrent légèrement et mes mains se dirigèrent vers les pommeaux de mes lames.

Nurmahal, ancien esclave hybride. Si le doute m’habitait encore quelques instants plus tôt, la situation était maintenant devenue très claire. En tant que Garde Pourpre, mon devoir stipulait qu’un hybride seul, sans maître, était immanquablement un hors-la-loi.
Avant de me plonger dans mes pensées, j’écoutais la triste histoire que Nurmahal me racontait. Mon père m’en racontait tout un tas, à l’époque. Je me souviens encore que j’arrivais à lire dans ses yeux un profond dégoût du sort que la race humaine avait réservé à ces hybrides, alors encore habitants libres de nos contrées, tout comme nous. Mais même si nous vivions loin des cités humaines, l’ère dans laquelle j’évoluais tendait à accepter cet esclavage plus que de s’en indigner. Il était devenu partie intégrante de ce monde, et nous, les elfes, ne ferions rien pour en changer la donne.


« La Loi est notre seule Justice. »

Il n’avait pas tort. La justice restait cependant quelque chose d’abstrait ; chacun pouvait avoir la sienne. La Garde, une mascarade. Moi, elfe, esclave des lois humaines. Je restais silencieux, ne me privant cependant pas d’accentuer les traits de mon visage et l’expression de celui-ci au fur et à mesure que l’hybride déblatérait son discours. Non, je n'étais pas un esclave des lois humaines ; c'était un choix.

J’avais espéré ne jamais être confronté à un moment tel que celui là. Dès mon intégration, nous avions pour habitude de longuement débattre sur divers sujets avec Jagïn. Mon maître et moi passions une bonne partie de la nuit, assis au coin du feu, à s’échanger nos avis et idées quant à l’esclavage. Comme pour moi, depuis sa naissance, cette aberration existait. Sauf que lui, en tant qu’homme, était plongé en son sein. Il avait appris à vivre avec, et arrêter donc quelque jeune esclave qui tentait de s’enfuir ou d’enfreindre la loi ne lui posait pas vraiment de soucis. Mais je ne savais toujours pas quel parti prendre …

« Je ne peux que t’accorder raison Nurmahal. Depuis longtemps je redoute ce moment ; croiser un hybride sans maître, un hors-la-loi. Tu as raison de dire que cette loi est celle des hommes, qu’elle les arrange eux … »

Mon visage s’était adoucit, mes doigts s’étaient éloignés des fourreaux comportant mes armes. Un long soupir quitta mes nasaux et je repris ensuite la parole.

« Mais tu me sembles bien assez malin pour savoir que le mal et le bien n’existent pas ; ils cohabitent. En intégrant la Garde Pourpre, j’ai choisi de faire le bien mais … il y’a une contrepartie, comme toujours. Si je veux un jour accomplir de grandes choses, je dois passer par là, j’ai besoin de cette guilde. Seul, je ne peux rien. »

Je pris quelques instants pour réfléchir, hésitant encore à appliquer ce qui me trottait dans la tête depuis plusieurs minutes.

« Je ne te veux pas de mal. Nous ne sommes que deux, personne n’est au courant de notre rencontre. Nous pourrions nous contenter de partager un repas, ensuite nous reprendrions nos routes respectives. Mais si un œil, curieux ou indiscret, s’égare, je serai contraint d’agir différemment. »

Tant pis, je prendrais le risque. Peut-être qu’il ne le prendrait pas, je verrais bien. Je m’assis donc là ou je m’étais planté jusqu’à cet instant, curieux et soucieux d’entendre sa réaction face à ma proposition.

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Nurmahal
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MessageSujet: Re: Le Garde et la Pie. (PV-Nufhaj)   Dim 23 Fév - 15:11

Dés que l'elfe commença à parler, Nurmahal sentit que son discours avait touché juste. Il n'y avait plus la moindre menace dans l'attitude de son interlocuteur, toute colère avait quitté son visage fin. Peut-être que ce soir, les Bois ne seraient pas les témoins immobiles d'une énième tuerie.

...En intégrant la Garde Pourpre, j’ai choisi de faire le bien mais … il y a une contrepartie, comme toujours. Si je veux un jour accomplir de grandes choses, je dois passer par là, j’ai besoin de cette guilde. Seul, je ne peux rien.

Mais de quel bien parlait-il ? La garde était subordonnée à la loi des hommes, et la loi des hommes avait été crée avant tout pour circonvenir, soumettre et avilir ceux à qui elle s'appliquerait, hybrides comme êtres humains. Pour le reste de son raisonnement, Nur était bien d'accord, mais rejoindre la garde pour faire le bien ? Voilà qui échappait complètement à son entendement. Pour l'hybride, la garde n’œuvrerait pour la "justice" qu'à partir du moment où elle s'élèverait contre le pouvoir royal et anéantirait les autres institutions telles que la Compagnie du Dragon d'Argent et les guildes y étant rattachées.

Je ne te veux pas de mal. Nous ne sommes que deux, personne n’est au courant de notre rencontre. Nous pourrions nous contenter de partager un repas, ensuite nous reprendrions nos routes respectives. Mais si un œil, curieux ou indiscret, s’égare, je serai contraint d’agir différemment.

- Faisons ainsi, Nufhaj Eïgiri.

Il aurait été stupide et malhonnête de sa part de frapper maintenant. L'offre de l'elfe rejoignait son désir et si la présente situation tendait à malmener les habitudes de la Pie, il n'entendait pas se laisser contraindre au meurtre. Il reprit donc sa place, sans toutefois quitter l'elfe des yeux. Il avait entendu dire que leur race était vive, et tout particulièrement redoutable dans le maniement de l'épée. Mais il avait également entendu parler de leur franchise et de leur honnêteté. Et puis, l'aura paisible de Nufhaj n'augurait rien de mauvais pour lui. Après un court silence, il prit donc la liberté de sortir deux coupes de sa sacoche ainsi que la flasque de vin. Il en tendit une à Nufhaj, et le servit copieusement. Après quoi il emplit sa propre coupe. Le vin avait une belle teinte rosée, à l'image de celui qu'ils avaient récupéré après un abordage fructueux aux large des côtes de l'est. C'était Do et son équipage de joyeux forbans qui lui avaient donné le goût de la boisson. Leur compagnie lui manquaient quelque part. Chaque fois qu'il buvait, il ne pouvait s'empêcher de penser à eux. Il avait laissé quelques amis sur Le Mar. Tout cela était bien loin désormais.

-À la paix qui viendra, lança Nur en levant sa coupe avant de boire. Oh, la Paix viendrait sur Eldoria, de cela, ils pouvaient tous deux êtres sûrs. Mais combien de meurtres seront nécessaires, combien de pillages, de destruction ? À peine cette pensée a t-elle effleuré l'hybride qu'il se sent coupable. Il peut presque sentir la désapprobation de la Lance de ses aïeux.

Tu es né pour tuer. croit-il entendre chuchoter à son oreille. Il tourne vivement la tête, espérant surprendre un mauvais plaisantin, mais tout ce qu'il aperçoit c'est un vague reflet s'étirant sur l'acier de l'arme posée contre le roc. L'hybride ferme les yeux et reprends une gorgée de vin avant de revenir à son invité. Au fond, lui et l'elfe ne devaient pas être si différents. Et il venait juste de penser à quelque chose...Tandis qu'il sortait de son sac les quelques morceaux de viande séchée, il rompit le silence qui s'était installé :

-Tu me disais que tu voulais user de la Garde pour agir. Mais ta Garde est liée trop profondément au gouvernement humain et à ses institutions pour espérer changer les chose radicalement. Elle travaille côte à côte avec les chevaliers dragons de la royauté, avec la milice des villes, avec les mercenaires employés par les puissants. C'est une énième force de répression alors qu'elle devrait être vouée à la résistance, au rejet des lois délétères.

L'hybride sentit l'alcool s'insinuer dans les plis et les replis de sa gigantesque carcasse. Il connaissait bien cette impression à présent, mais était toujours aussi impuissant à la contrer. Pris dans son élan, il continua à parler.

-Ami elfe, tu viens de prouver que tu n'étais pas totalement subordonné à la logique institutionnelle qui aurait voulu que tu me tues plutôt que de goûter à mon vin. Mais tu n'as pas encore franchi la limite décisive. Je...

Nur s'interrompt. La proposition qu'il va énoncer n'est pas anodine. Il sent bien qu'elle sera rejetée d'emblée mais s'il trouve les mots adéquats, elle trouverait peut-être une place où loger pour prendre de l'ampleur avec le temps.

-La Garde est limitée dans ses perspectives, reprend-il. Ses dirigeants ne font que se préoccuper des symptômes du mal qui gangrène notre terre. La pauvreté. Le Brigandage. Les conflits. Ils ne comprennent pas que ce n'est pas de cette façon que des jours meilleurs adviendront. Leur doctrine et leurs coutumes les empêchent de voir que le véritable problème, celui qu'il faut attaquer et occire, la Royauté et son cortège de mœurs et de lois. Une autre organisation a, elle, très bien saisi tout cela. Je suis certain que tu vois de quoi je veux parler. La Pie écarlate ne se préoccupe pas des pauvres, ni des malades, ni des victimes de vols ou de meurtres. Elle vise à détruire les véritables responsables de tous ces maux, autrement dit ceux qui prétendent administrer, diriger, punir, et qui génèrent l'injustice que vous combattez vainement.

L'hybride fait une pause, propose un peu de viande à l'elfe. Lui-même en arrache un bout qu'il mâche et avale pensivement.

-En tout cas, c'est ce que je vise, moi, en tant que son Agent. Alors, Eïgiri ? Que dirais-tu de quitter les marionnettes de la Garde pour nous rejoindre ? N'as-tu pas envie de te battre pour quelque chose de tangible ? Qui aille au-delà des petits intérêts des puissants ?

L'hybride courait un gros risque en révélant ainsi son affiliation à l'organisation "criminelle" la plus connue d'Eldoria, mais il sentait confusément que l'elfe ne l'attaquerait pas pour autant. Le dialogue était engagé, mais comment finirait-il ?


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Elfe
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MessageSujet: Re: Le Garde et la Pie. (PV-Nufhaj)   Lun 24 Fév - 10:10

« Faisons ainsi. Nufhaj Eïgiri. »

J’osais espérer que la verdure sur laquelle nous nous retrouvions désormais assis garderait sa couleur d'origine et n’aurait pas à revêtir un aspect pourpre autre que mon titre de garde. La coupelle que l’hybride venait se me tendre irait probablement à l’encontre de mes attentes : le breuvage versé à l’intérieur débordait tant que je ne pu empêcher quelques gouttes de parsemer l’herbe avant que la coupelle n’atteigne mes lèvres. Tant qu’il ne s’agissait pas de sang, cela me convenait. Je rétorquais ensuite à sa réplique, sans pour autant sourire.

« A la paix. »

La paix, un idéal qui ne semblait pas appartenir à nos contrées. Tout du moins, plus depuis des années. Mais j’eus bon espoir de l’instant qui s’offrait à moi : je me retrouvais au beau milieu de nulle part, en tête à tête autour d’un repas avec un hybride hors-la-loi. Original. Mais Nurmahal ne paraissait pas être un simple esclave s’étant enfuit de la demeure, ou même des champs de son maître. Non, la manière dont les mots quittaient sa gorge, la posture qu’il arborait. Il n’était pas un simple hybride.

« Tu me disais que tu voulais user de la Garde pour agir. Mais ta Garde est liée trop profondément au gouvernement humain et à ses institutions pour espérer changer les choses radicalement. Elle travaille côte à côte avec les chevaliers dragons de la royauté, avec la milice des villes, avec les mercenaires employés par les puissants. C'est une énième force de répression alors qu'elle devrait être vouée à la résistance, au rejet des lois délétères. »

Alors que les mots continuaient de fuser, je songeais, la coupe à la main. Une profonde haine envers les humains empêchait Nurmahal de distinguer les bonnes choses qui ressortaient de leurs actions. Il ne devait pas avoir vu ce que j’avais vu. Durant tout le temps passé au bastion de la garde, sous mes yeux étaient passés des centaines de voleurs, bandits, traîtres et autres criminels. Et ce, quelque soit la race à laquelle ils appartenaient.

« Ami elfe, tu viens de prouver que tu n'étais pas totalement subordonné à la logique institutionnelle qui aurait voulu que tu me tues plutôt que de goûter à mon vin. Mais tu n'as pas encore franchi la limite décisive. Je ... »

La courte pause qui venait de s’installer me donna l’envie de répondre avec humour : j’aurais également pu te tuer et ensuite goûter à ton vin. Mais je me retins d’échanger trop de familiarité avec lui. Tisser des liens avec un hors-la-loi, je me devais de l’éviter.

« La Garde est limitée dans ses perspectives. Ses dirigeants ne font que se préoccuper des symptômes du mal qui gangrène notre terre. La pauvreté. Le Brigandage. Les conflits. Ils ne comprennent pas que ce n'est pas de cette façon que des jours meilleurs adviendront. Leur doctrine et leurs coutumes les empêchent de voir que le véritable problème, celui qu'il faut attaquer et occire, la Royauté et son cortège de mœurs et de lois. Une autre organisation a, elle, très bien saisi tout cela. Je suis certain que tu vois de quoi je veux parler. La Pie écarlate ne se préoccupe pas des pauvres, ni des malades, ni des victimes de vols ou de meurtres. Elle vise à détruire les véritables responsables de tous ces maux, autrement dit ceux qui prétendent administrer, diriger, punir, et qui génèrent l'injustice que vous combattez vainement. »

Un homme de la Pie, évidemment. Je ne pu contenir l’air surpris qui me gagna alors qu’il s’avoua membre de cette … guilde. Mais je m’en doutais, la formation que j’avais reçue impliquait de savoir reconnaître un membre de cette organisation. Je restais silencieux, m’emparant du morceau de viande qu’il venait de me proposer. J’y chipotais, pensif.

« En tout cas, c'est ce que je vise, moi, en tant que son Agent. Alors, Eïgiri ? Que dirais-tu de quitter les marionnettes de la Garde pour nous rejoindre ? N'as-tu pas envie de te battre pour quelque chose de tangible ? Qui aille au-delà des petits intérêts des puissants ? »

Un petit rire nerveux se fit entendre.

« Une haine envers les humains se ressent pour presque chaque mot quittant ta bouche. Je ne sais pas ce que tu as vécu, et j’imagine que c’est cela qui t’as poussé à agir et devenir comme tu es aujourd’hui. Mais tu n’apporteras pas le bien en tranchant les gorges de tous les dirigeants humains, tout comme je n’apporterai pas le bien en tranchant celles de tous ceux de la Pie. »

Je venais de pencher ma tête, soucieux de bien choisir mes mots. Les pensées qui me traversaient étaient nombreuses. Je souhaitais le résonner, mais aucun de nous deux n’avait foncièrement tort, tout comme aucun de nous deux n’avait forcément raison. Mon regard se posa à nouveau sur son visage.

« Je te … remercie de ta proposition, mais je n’y répondrai pas favorablement. Je me bats déjà pour quelque chose de tangible, qui s’en va bien au-delà de l’intérêt des puissants, comme tu dis. Les bandits de toutes races confondues qui peuplent nos geôles en sont la preuve. Je me bats pour les innocents, pour ceux qui n’ont pas la force ni la possibilité de se défendre eux-mêmes. »

Alors que mes paroles défilaient, mes mains allèrent chercher dans une petite besace en cuir un pain encore frais. Il le rompit, le donna à l’hybride en disant :

« Nous revendiquons la même chose, mais nos combats restent cependant différents. Et je ne suis pas une marionnette comme certains ; j’agis selon mes pensées, notre conversation en témoigne. »

Soudain, mon regard se tourna vers les fourrés. Un bruit de pas, j’en étais certain. Au loin, quelqu’un venait d’appuyer le poids de son pied sur une brindille, et le craquement était parvenu jusqu’à mes oreilles. Malgré mes capacités, les feuillages rendaient la vue trop sombre. Impossible de voir ce qui s’y trouvait. Je me relevai, dégainant l’une de mes armes.

« Qu’est-ce donc ? Un piège ? »

Mes sourcils se froncèrent, mon regard vacillant entre la forêt et l’hybride. Je ne le pensais pas responsable de cela, mais cependant nous ne nous connaissions à peine. J’étais sur mes gardes.

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Nurmahal
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MessageSujet: Re: Le Garde et la Pie. (PV-Nufhaj)   Lun 10 Mar - 15:09

La première réaction de l'elfe fut un ricanement. Il était légèrement décontenancé. Peut-être l'hybride avait-il touché juste.

« Une haine envers les humains se ressent pour presque chaque mot quittant ta bouche. Je ne sais pas ce que tu as vécu, et j’imagine que c’est cela qui t’as poussé à agir et devenir comme tu es aujourd’hui. Mais tu n’apporteras pas le bien en tranchant les gorges de tous les dirigeants humains, tout comme je n’apporterai pas le bien en tranchant celles de tous ceux de la Pie. »

La voix de la raison et du bon sens. Sage et rassurante, étouffant comme toujours les analyses et raisonnements critiques et féconds. Encore elle. Déçu, le tigre écouta néanmoins le raisonnement de l'elfe jusqu'au bout.

« Je te … remercie de ta proposition, mais je n’y répondrai pas favorablement. Je me bats déjà pour quelque chose de tangible, qui s’en va bien au-delà de l’intérêt des puissants, comme tu dis. Les bandits de toutes races confondues qui peuplent nos geôles en sont la preuve. Je me bats pour les innocents, pour ceux qui n’ont pas la force ni la possibilité de se défendre eux-mêmes. »

Nur se résigna. Nufhaj ne l'avait pas entendu. Ou peut-être n'avait-il pas voulu l'entendre. Quel dommage. La justification qu'il lui avait opposée n'avait pas de sens à ses yeux. Quelqu'un devait se dresser pour détruire la machine qui produisait les victimes dont l'elfe parlait, et cette machine ne se trouvait pas dans le cœur des hors la loi mais dans celui des dirigeants du royaume. Détruire, pour ensuite recréer par-dessus les ruines de l'ordre obsolète. C'était l'obsession de Nurmahal. Réaliser ce dont nul hybride n'aurait osé rêver. Une reconstruction des fondements même du Royaume. L'hybride avait cru un instant que l'elfe aurait possédé le courage d'envisager la chose. Mais il semblait beaucoup trop attaché à son combat vertueux pour défendre les innocents pour s'attarder à des considérations qu'il devait regarder comme utopiques.

Les innocents n'existent pas, Nufhaj.

L'elfe avait rompu un morceau de pain et en tendit un bout à Nur, qui l'accepta silencieusement.

« Nous revendiquons la même chose, mais nos combats restent cependant différents. Et je ne suis pas une marionnette comme certains ; j’agis selon mes pensées, notre conversation en témoigne. »

Le propre des marionnettes est d'ignorer leur véritable nature, Nufhaj.

Le tigre se mit à considérer de briser la trêve qu'il avait lui-même cherchée. Il sentait des pulsions meurtrières affleurer doucement à la surface de sa conscience. Les mots de l'elfe les avaient éveillées en contrariant l'hybride. Sa lance était assoiffée elle aussi. L'hybride savoura la tentation avant de la repousser définitivement. On ne tue pas quelqu'un qui vient de vous offrir le pain sans raison. Cette considération surclassa vite la contrariété violente qui avait failli le submerger.

Soudain, l'elfe se tourna vers les bois, se leva et dégaina son arme.

« Qu’est-ce donc ? Un piège ? »


Il avait senti quelque chose et semblait suspecter un piège de sa part. Nur étendit aussitôt sa conscience et perçut immédiatement cinq auras progressant lentement vers eux. Sans se redresser, il indiqua silencieusement à l'elfe leur nombre et la direction d'où ils venaient. Puis, il saisit lui aussi son arme. Les auras indiquaient clairement que les intrus n'étaient pas animés de bonnes intentions. Le tigre eut un regard attristé pour la clairière paisible encore.

Le sang coulerait, finalement.

Nurmahal prit posément place aux côtés de l'elfe, bien en vue des agresseurs qui comprirent aussitôt qu'ils étaient repérés.

-Dans cette pénombre nous n'avons pas d'archers à craindre. Ils vont venir, maintenant.

Effectivement, privés de leur effet de surprise les brigands sortirent des taillis et chargèrent les voyageurs en hurlant. Ils étaient sales et débraillés, l'un d'eux était même blessé, néanmoins ils portaient des armures légères et leurs lames semblaient bien entretenues. Sans doute des rescapés d'une plus grosse bande. Pour s'attaquer à un elfe guerrier ainsi qu'à un hybride aussi imposant que Nurmahal, ils devaient être passablement désespérés. Traqués peut-être. La vue même des épées et de l'imposante lance ne les firent pas reculer.

-Maintenant montre-moi ta conception de la justice. Je te montrerai la place que je réserve aux humains dans mon utopie.

La lame s'élève dans les airs.

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MessageSujet: Re: Le Garde et la Pie. (PV-Nufhaj)   Mar 11 Mar - 11:13

Après avoir répondu négativement à sa demande, je réussissais à lire un trait de déception sur le visage de l’hybride. Espérait-il vraiment que je change d’avis, que je jette mon blason à terre pour rejoindre la Pie ? Après tout, rien n’est impossible. Tant que l’on n’a pas essayé, on ne peut savoir.

Les innocents n'existent pas. C’est un sujet assez vague car il faut tomber d'accord sur ce qu’est l’innocence ; s’il s’agit de l’absence d’actions qui se veulent néfastes ou injustes, ou s’il s’agit simplement de l’innocence dont on parle comme étant celle de l’enfance. Chacun pouvait l’interpréter comme il le voulait, et moi, j’avais choisi d’aider ceux qui ne pouvaient se défendre eux-mêmes de l’injustice. Nous ne sommes donc, comme Nurmahal venait de le dire plus tôt, définitivement pas des marionnettes car nous agissons tous deux comme nous le souhaitons. La preuve en est que nous n’avons pas croisé nos lames, mais nos poignes. Du moins pour un temps ; je me ressaisi, portant ma concentration sur les bruits dans les fourrés.

Le tigre ne semblait pas plus au courant que moi de ce qui arrivait vers nous. Peut-être une ruse, je gardai donc mes distances malgré son indication silencieuse quant au nombre de probables assaillants. Cinq, qui avançaient vers nous. Il se saisit de son arme et se plaça à mes côtés. Je l’observai du coin de l’œil en fronçant les sourcils. Il était vraiment imposant, tout comme sa lance. J’espérai vraiment qu'ils n'étaient pas de la Pie, que ce n'était pas un piège.


« Dans cette pénombre nous n'avons pas d'archers à craindre, ils vont venir maintenant. »

Une bonne chose à laquelle nous n’avions pas à nous soucier. Cependant, l’absence d’archers et d'arbalétriers n’altéra en aucun cas la charge des bandits. Oui, des bandits. Etant donné leurs trognes et leurs vêtements, il n’y avait aucun doute là-dessus. On aurait dit qu’ils comptaient se battre comme si leur vie en dépendait, comme si une cause les animait.

« Maintenant montre-moi ta conception de la justice. Je te montrerai la place que je réserve aux humains dans mon utopie. »

Je n’eus pas le temps de m’écarter que la gigantesque lance siffla le vent, tandis que son porteur chargea les assaillants. Le premier d’entre eux se vu broyé sous la puissance de l'arme, ce qui eut enfin pour effet de freiner la course de ses compères. Un sourire satisfait se dessina sur le visage velu du tigre. Les quatre bandits restants portèrent leurs regards les uns aux autres, puis trois se mirent d’accord pour s’occuper de moi. Le dernier resterait sans doute avec Nurmahal, mais il avait plus de chances que le précédent. D’une part, l’effet de surprise de la lance n’était plus de mise, d’autre part, il était costaud et bien plus grand. Et lui aussi disposait d’une arme imposante.

« J’aurais bien échangé, mais soit … »

A peine le temps de dégainer mes lames qu’un couteau me frôla l’oreille. Heureusement que je l’avais remarqué à temps, dans le cas contraire il n’aurait pas terminé sa volée au loin mais en plein milieu de mon crâne. Pas le temps de souffler non plus que l’un des assaillants s’était déjà jeté sur moi, s’empalant bêtement autour de l’une de mes épées, sous mon regard étonné qui se changea ensuite en un regard moqueur. Le corps désormais inerte ne voulait pas laisser le métal glisser entre ses entrailles, et je n’allais pas me résigner à lâcher le pommeau. Je contrai donc le second des bandits qui s’était jeté pour moi en usant du premier comme bouclier, tandis que le troisième fonçait par l’autre côté. Plusieurs cliquetis se firent entendre alors que le bandit préalablement tombé à terre se releva. Je reculai d’un pas, en profitant pour tirer ma lame hors du corps qui ne s’était toujours pas résigné à la laisser s’en aller.

Plus que deux, et j’avais repris une posture à mon avantage, profitant de ma garde pour parer les divers coups qui n’allaient pas tarder à valser. Je profitai de ce court moment de répit pour jeter un œil sur le côté et observer comment l’hybride s’en sortait avec l’autre colosse; il n'avait pas l'air d'être en mauvaise posture, au contraire. Je reportai donc mon attention sur mes deux agresseurs, que je décidai de charger sans attendre. La feinte que j'utilisais régulièrement fonctionna une fois de plus. Elle consistait simplement à élancer les deux épées d'un même côté, pour aller s'enfoncer au niveau du torse. Cela avait pour effet de contraindre le combattant à parer le coup au niveau du torse à l'aide de son épée, tandis que je posais un genou à terre et changeait la direction de l'une des lames qui allait se planter dans le ventre.

Un en moins, il ne me restait plus que le dernier. Alors que je m’apprêtai à terminer le travail, une énorme masse me bouscula. Nurmahal s'était jeté les griffes les premières sur le dernier des survivants, plantant ses crocs affûtés dans sa gorge. Il ne fallut pas plus longtemps pour que l'homme rejoigne ses comparses, alors que je remarquai le cadavre du colosse, gisant également au sol.


« Merci, j’imagine … »

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MessageSujet: Re: Le Garde et la Pie. (PV-Nufhaj)   Sam 15 Mar - 17:20

Déjà, sa première victime s'écroulait en sang, faisant hésiter les autres assaillants. Trois d'entre eux fondirent néanmoins sur l'elfe, tandis que le dernier, un colosse, défiait l'hybride de sa large hache d'arme. Les adversaires se jetèrent l'un sur l'autre, rugissant, mesurant leur force et leur fureur. L'homme était brutal et précis et se sentait visiblement en confiance du fait de son armure plus lourde que celle de son défunt camarade. Il cherchait le corps-à-corps, sachant que plus il serait proche de l'hybride, moins efficace pourrait être son arme. Son gantelet d'acier heurta à plusieurs reprises les côtes de Nur, qui repoussait alors le bandit en le menaçant de ses crocs. L'hybride esquiva habilement un coup d'estoc, et, visant la tête, abattit sa lourde lame.

L'autre dévia sa course grâce au manche de son arme, et la lance emporta le casque au lieu de la tête du bandit. Ce dernier profita d'un déséquilibre momentané pour asséner au tigre un direct mal ajusté au thorax. Nur encaissa sobrement et, de sa main libre, saisit le crâne du bandit. Ce dernier n'eut que le temps de croiser le regard de son bourreau, les griffes du fauve s’enfoncèrent dans sa tempe et son crâne, le faisant hurler de souffrance. Nurmahal le repoussa, pris son arme à deux main et frappa verticalement. Aveuglé par son propre sang (une des griffes l'avait éborgné), l'homme ne put parer ni esquiver. La large lame l'atteignit entre le cou et l'épaule et poursuivit son chemin jusqu'à sa ceinture. Dans une gerbe de sang et d'entrailles, l'homme s'effondra, la face pétrifiée de souffrance.

Nufhaj, de son côté, se débrouillait mieux que bien. Deux de ses adversaires gisaient déjà à terre. L'elfe était visiblement un virtuose de l'arme blanche. En temps normal, l'hybride se serait probablement joint au garde pour l'aider à abattre la dernière menace. Mais il avait tué par deux fois, et l'ivresse parcourait ses veines, un instinct ancestral lui soufflait de tuer encore, sans mesure, pour honorer les grands esprits, ceux qui venaient des profondeurs de la forêt.
Laissant tomber sa lance, il s'élança, saisit le bandit et lui fouailla la gorge de ses crocs, étouffant ses cris par la même occasion. Il eut un râle, puis il expira.

« Merci, j’imagine … »

Nur ne l'écoute pas, il sent ses pulsions de meurtre refluer, s'efforce de les faire refluer pour le bien de l'elfe qu'il ne désire pas tuer, pas aujourd'hui. Et puis, la conversation qu'ils ont eue l'a éclairé sur quelques points. Alors qu'il est encore couvert du sang de ses victimes, ses méninges se mettent en marche. Les esclaves d'Enzora acceptaient leur condition avilissante à cause de l'estime qu'on leur accordait, supérieure à celle des leurs frères d'Eldoria, dont ils prenaient orgueil. Les hommes, par le biais de cette fausse charité, leur faisaient perdre de vue l'inanité de leur condition. Avaient émoussé leur capacité à résister. Il allait falloir changer cela. Dans le crâne de l'hybride se tramaient de sombres projets dont les pièces se mettaient peu à peu en place. Le foyer du mouvement se tiendrait à Darlia...

Mais il n'était encore qu'un simple agent dans la Pie. Tant qu'il ne se ferait pas remarquer, il ne pourrait rien accomplir. Il avait besoin d'alliés. Seul, il était condamné à se faire un jour ou l'autre abattre comme un chien. Il lui fallait un coup d'éclat. Allumer un incendie qui ébranlerait jusqu'aux puissants chevaliers dragons. Cette réflexion l'avait traversé plusieurs fois déjà, mais aujourd'hui, alors qu'il conversait avec le garde pourpre, une idée bien précise lui était venue.

Le tigre s'ébroue, et se redresse. Il tourne sur lui-même et constate que Nufhaj ne l'a pas quitté du regard et tient encore son arme.

-Je pense qu'il est temps que nous nous séparions, fils des forêts. J'avais espérer passer la nuit non loin d'ici, mais les esprits ne semblent pas disposés à m'accorder le repos que je cherche.

Nurmahal ramassa sa lance et se dirigea ensuite vers ses affaires. Il rangea ses écrits et ses provisions dans sa sacoche et enfila sa cape de voyage. Puis il se tourna vers l'elfe et lui tint ce discours :

-Je n'oublierai pas cette nuit. Tâchez d'en faire autant, et, lorsque vous réaliserez l'inanité de la Garde, souvenez-vous de ma proposition, elle tient toujours. Remémorez-vous vos racines, vos ancêtres sauvages qui vivaient parmi les arbres et offraient leurs chants aux étoiles avant que les hommes ne viennent assombrir leurs songes. Rien ne vous rattache aux êtres humains que la compassion. Ils ne la méritent pas, comme vous vous en apercevrez peut-être. En agissant comme vous le faîtes, vous vous affaiblissez, vous vous laissez gagner par une pitié indigne de vous. D'ici là, étant donné nos allégeances respectives, il vaut mieux que nous ne nous croisions pas. Au revoir, Nufhaj Eigiri.

Sur ces mots, le poil encore chaud des fluides vitaux des hommes qu'il avait tués, Nurmahal reprit sa route, l'esprit plein de ténèbres qu'il prenait pour des lumières.

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