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 La vérité est toujours au fond du verre — LIBRE

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Kajika Machk
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MessageSujet: La vérité est toujours au fond du verre — LIBRE   Mer 19 Fév - 23:54



La vérité est toujours au fond du verre




Des badauds chantaient joyeusement, bercés par l'alcool fort et un trop grand nombre de bières ingurgitées. La lumière était vive et chaleureuse, les conversations allaient de bon train, même en ces heures avancées. Le ciel qui se profilait à l'une des fenêtres de la petite taverne était d'un noir d'ancre, témoignant du silence de la nuit étoilée, contrastant avec l'ambiance animée de la taverne. Il n'y avait pas d'événement particulier, c'était une nuit comme un autre, une nuit agréable, une nuit qu'on voulait passer à boire pour oublier. Oublier ses ennuis, oublier la réalité, oublier son identité. Ce genre de nuit était l'aubaine des petits voleurs et des bandits de grands chemins, qui profitait de l'ivresse générale pour dépouiller les plus démunis. Ils étaient là, au coin de la taverne du Maraudeur, des personnes comme les autres, avec la même apparence, le même rire gras, et pourtant, ils observaient, analysaient, prévoyaient. Des serpents cachés dans un nid.

Le Maraudeur n'était pas connu pour sa clientèle des plus honnête, au contraire. Il s'agissait néanmoins d'un des seuls établissements d'Aratos où on ne vous posait pas trop de questions. Le tavernier, un gros bonhomme bourru, mais pourtant jovial, n'avait que faire des histoires de ses clients, tant qu'ils avaient assez d'or pour payer leur choppe. L'endroit idéal pour tous les petits malfrats, mais également pour ceux souhaitant se faire oublier et juste noyer leur peine dans une choppe bien remplie. L’œil amusé, Kajika observait les veilleurs, assise confortablement dans un coin de la pièce, dans un endroit un peu moins éclairé que les autres. Enveloppée dans une cape de voyage poussiéreuse, elle ressemblait à tous ces gens qui allaient et venaient de ville en ville, marchands ambulants, aventuriers. Elle ne semblait pas plus douteuse qu'un autre, dans ces lieux, et peut-être était-ce même ce qui la rendait intrigante. Ses longs cheveux sombres étaient attachés, si bien que son visage fut largement visible, à l'exception de son front, recouvert par une franche composée de quelques mèches bien placées.

Ce serait embêtant qu'on découvre sa nature en ces lieux. Même si Aratos n'était pas aussi sévère que la capitale, elle appliquait avec soin les lois royales, notamment celles concernant les hybrides et, dans le cas présent, les sang-mêlé. Kajika n'avait absolument aucune envie de se retrouver -une fois de plus- derrière des barreau froids. La jeune femme jugeait que ce n'était pas pour autant une raison de se recouvrir le visage, comme certains de ses confrères de la Pie. De toute façon, son domaine de prédilection appelait à une totale discrétion, peu sont donc ceux qui ont eu l'occasion de voir son visage et d'y appliquer le nom de Kajika Machk. Ici, elle était connue sous le nom d'Ayasha, herboriste en quête de nouvelles recettes et fragrances, d'un naturel curieux et avenant, originaire d'une petite ville dans le Désert du Shar. Une identité parmi d'autres, mais qu'elle prenait néanmoins plaisir à vivre. C'était donc en cette agréable nuit de beuverie que la jeune femme se demandait bien où la conduiraient ses pas le lendemain...

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Elfe
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MessageSujet: Re: La vérité est toujours au fond du verre — LIBRE   Ven 21 Fév - 10:29

Tous ces derniers événements continuaient à peser sur mon esprit. Cela faisait maintenant plusieurs semaines que j’avais quitté le bastion de la garde d’Enzora. La rencontre avec cet hybride, Nurmahal. L’assaut des pirates dans ce petit village côtier, où j’avais rencontré cet autre hybride nommé Alto, ainsi que retrouvé Ojûn … Je n’arrivais pas à sortir tout cela de ma tête. Avais-je fait le bon choix, pris la bonne direction en intégrant cette guilde ?

Un dragon messager m’était parvenu, alors que je m’apprêtais à regagner la route pour le désert. Jagïn m’invitait à rencontrer un certain Nardok, à Aratos. Un ordre plus qu’une invitation, même s’il était arrivé à bien le cacher sous ses tournures amicales.


Nufhaj. J’espère que tout se passe bien de ton côté. Quand tu en auras l’occasion, je t’invite à aller rencontrer Nardok à Aratos. C’est lui qui dirige toutes les compagnies de monteurs de griffons, cela te sera plus que bénéfique de le rencontrer.


Jagïn.


Jamais encore je ne m’étais rendu dans une cité Eldorienne. Bien que plus de marchands que de nobles semblaient y habiter, la beauté de la ville était sans conteste bien réelle. Mais les esclaves gâchaient la splendeur de celle-ci : ils étaient nombreux. Parfois transportés comme du bétail malade que l’on peinait à vendre, tantôt suivant les pas de leur maîtres. Je comprenais encore plus la douleur de Nurmahal, mais ce n’était pas mon combat. Pas encore, tout du moins.

Afin de parer à ses images dégradantes, je décidai de m’enfoncer dans les ruelles plus sombres et sinueuses de la ville. Au fil de mon avancée, l’emblème que j’arborais paraissait de plus en plus attirer les yeux sur moi. Une enseigne, une taverne. Le Maraudeur, cela ferait l’affaire. A la vue des occupants du bâtiment, je me dis qu’il aurait finalement peut-être été préférable de rejoindre directement le bastion de la Garde. Mais tant pis, j’allais m’asseoir dans un coin discret, sous les regards indiscrets.

Une serveuse ne tarda pas à se pointer, me demandant ce que je souhaitais boire. Une chope d’hypocras ferait l’affaire, et même bien plus. Une fois la monnaie déboursée et la boisson servie, je n’eu pas le temps de porter celle-ci à ma bouche que deux ivrognes s’étaient présentés à moi. L’un suintait l’alcool, mais sa démarche suffisait à le faire comprendre. L’autre faisait par contre un peu plus honneur à la sobriété. Son poing alla cogner sur la table.

« Qu’est qu’tu fous ici l’garde ? J’sais pas s’t’as r’marqué, mais c’pas là une taverne pour les oisillons comme toi. »

Je posais ma bière, mon visage s’effondrant de dépit en direction de la table. Une fois mon soupir terminé, je relevais la tête et rétorqua.

« Laisse moi donc tranquille, toi et ton ami, si tu ne veux pas que la situation dégénère. Retourne à ta table et laisse-moi profiter de mon hypocras. »

Sous un revers de la main, ma chope alla s’écraser contre le mur. Il ne s’agirait donc pas là d’un moment de détente comme je l’avais espéré.

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Dragnis
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MessageSujet: Re: La vérité est toujours au fond du verre — LIBRE   Ven 21 Fév - 22:18

Cela faisait à présent deux semaines que j'étais arrivé à Aratos, l'une des plus grandes cités marchandes de tout le royaume. Je m'y étais rendu après avoir fausser compagnie à un marchant d'esclave trop zélé et avec la ferme intention d'y faire réparer par un forgeron la lame de mon katana qui gisait au fond de son fourreau en plusieurs éclats.

Conscient cependant que le peu de monnaie qui se trouvait en ma possession ne serait suffisant pour reforger la lame de mon arme, je m'étais mis en quête d'un contrat qui ne nécessiterait pas l'usage de la force et qui me permettrait de rester en paix avec les Grandes Lois. Après une bonne journée de recherches infructueuses, j'étais tombé sur un marchant à la recherche d'une personne bien constituée pour effectuer un travail de coursier dans la grande Aratos. L'annonce était plaisante. Aussi, avais-je contacté le marchant et le contrat fut signé pour une durée de deux semaines et une rémunération de dix pièces d'argent par commission, ce qui me semblait être un prix honnête.

Cette nuit donc, je venais de terminer ma dernière journée de travail pour ce marchant et profitais comme chaque soir d'une partie de la somme empochée après mon dur labeur pour m'offrir une ou deux chopes de bière locale dans la taverne du Maraudeur. Mes yeux allaient et venaient sur les clients qui m'entouraient, un mince sourire aux lèvres en voyant la bonne humeur très communicative qui régnait dans la salle.

Malgré cela j'avais préféré, comme à mon habitude, m'isoler à une table contre le mur ce qui me permettait d'observer tranquillement les autres personnes qui animait la taverne. Un escarmouche vint toutefois ternir quelques peu l’ambiance générale de la taverne. Deux ivrognes, suffisamment éméchés semblait-il pour faire tombé un cheval à la renverse d'un souffle, semblait avoir choisit de malmener un homme qui venait tout juste de recevoir sa commande. Un homme... ou pas. Mon regard venait de se poser sur les longues oreilles qu'arborait l'individu. C'était une elfe, donc. Et l’emblème sur sa poitrine ne m'était pas inconnu. Il faisait apparemment partie de la Garde Pourpre.

Quand la choppe de l'elfe heurta le mur avec violence, les derniers clients qui n'avaient pas pris conscience de l'embrouille naissante s'en aperçurent enfin de sorte qu'il régnait pendant quelques temps un silence nerveux dans la taverne. Tout le monde attendait avec impatiente la suite des événements. Pour ma part, je secouai un instant mes cheveux de neiges qui cascadaient de par et d'autre de mon visage, chassant l'idée saugrenue d'aller prêter main-forte au garde pour ce sortir de ce guêpier. Je ne comptais nullement m'impliquer dans l'éventuelle rixe qui allait éclater entre lui et ces deux ivrognes. Le Destin l'avait mise en scène mais n'avait pour l'instant pas décider que j'en ferais partie. Je décidai donc de garder un œil sur la situation tout en portant ma choppe aux lèvres. Au plus profond de mon être, j'espérais que la situation actuelle ne dégénérerait pas...

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Kajika Machk
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MessageSujet: Re: La vérité est toujours au fond du verre — LIBRE   Ven 21 Fév - 23:18

De grands éclats de voix sortirent Kajika de ses rêveries nocturnes. S'intéressant à la scène qui se déroulait non loin d'elle, la jeune femme en conclut brièvement à une rixe entre ivrognes, chose assez commune lorsqu'on était familier avec ces lieux mal famés. Une bagarre entre deux soûlards ne l'intéressant guère, elle se contenta de reprendre un air absent en prenant une gorgée de bière, résolue à poursuivre sa soirée sans vague quelconque. Cela était sans compter le magnifique vol plané que pris la chope de l'homme qui semblait s'être fait interpeler plutôt brusquement, rependant son triste contenu sur la table de la jeune femme. Cette dernière haussa les sourcils d'un air surpris, ayant eut le vif réflexe de se reculer lors de l'impact, épargnant ainsi de justesse à ses vêtements une triste destinée trempée d'alcool.  Son intention se dirigea encore une fois sur la scène, qui l'intéressait déjà un peu plus. Ce fut avec une grimace qu'elle accueillit la constatation que la malheureuse victime de se magnifique lancé de chope n'était autre qu'un membre de la Garde Pourpre : son emblème était clairement exposé et visible à la vue de tous. Kajika jaugea rapidement l'homme. C'était un elfe de grande taille arborant une longue chevelure blonde-argentée. Finement musclé, on devinait facilement qu'il s'agissait plus d'un guerrier que d'un mage.

Et tout cela était bien mauvais pour la sang-mêlée, qui s'empressa de rabattre son capuchon sur son visage. Duper les badauds du coin était relativement aisé, mais embobiner un membre de la Garde, connue pour être notamment spécialisée dans la traque de criminels recherchés, était une autre paire de manches. L'assassin évalua calmement la situation. Son interlocuteur semblait pour le moment occupé à converser bruyamment avec les deux ivrognes. C'était le meilleur moment pour prendre furtivement la fuit-... Opérer un repli stratégique. Se levant silencieusement, la jeune femme pris soin d'éviter le cercle qui se formait petit à petit autour des trois hommes. Son plan d'évasion aurait sans doute fonctionné à merveille, si seulement un homme ne lui avait pas fortement agrippé le bras, lui beuglant de prendre pari, noyant Kajika de son haleine alcoolisée. Irritée, elle ne put s'empêcher de répliquer avec une certaine froideur.
Eh mam'zelle, vous semblez avoir de l'argent dans les poches ! Moi j'parie deux pièces d'argent sur le garde !
Bon écoute, ça a l'air passionnant mais va parier avec quelqu'un de plus pinté, j'ai d'autres chats à fouetter...
Elle semblait avoir prononcé les mots qu'il ne fallait pas. En un instant, l'homme passa d'une humeur joyeuse à son contraire et noya Kajika sous d'autres meuglements infâmes. Quelques regards se tournèrent vers eux, au grand damne de l'assassin. Elle n'avait plus le choix. Rapide comme une ombre, elle se faufila derrière l'homme, lui assenant un grand coup du tranchant de la main sur la nuque. Inconscient, il s'écrasa contre le sol dans un grand fracas. Petit silence. Oui, elle avait déjà fait plus discret, comme façon de procéder. Voyant les regards interrogateurs se tourner vers l'homme étendu à ses pieds, Kajika se sentit forcée d’éclaircir la situation.
Il semblerait que cet abruti ait trop bu, ahah.
Quelques rires se joignirent au sien et l'action reprit, à son grand soulagement. Réprimant un petit soupire, la sang-mêlé se glissa vers la sortie, avant que son regard ne croise celui d'un homme, théoriquement le seul à ne pas s'être joint au grabuge. Il la regardait fixement. Kajika eut un imperceptible arrêt. Avait-il était témoin de sa petite combine ? C'était vraiment mauvais. Raison de plus de s’éclipser. Tirant un peu plus la capuche sur son visage, la jeune femme franchit la porte d'un pas qu'elle voulait naturel. Ne restait plus que disparaitre dans la nuit, comme l'ombre éphémère qu'elle était.

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Dernière édition par Kajika Machk le Sam 22 Fév - 12:20, édité 1 fois
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Elfe
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MessageSujet: Re: La vérité est toujours au fond du verre — LIBRE   Sam 22 Fév - 11:37

HRP:
 

Le plus imbibé des ivrognes choisit de ne pas donner suite à ma demande, ou plutôt à mon conseil. Ce fut lui qui éjecta ma chope au loin. Si l’assurance qui me gagnait pouvait varier d’un ennemi à l’autre, je savais pertinemment que ces deux bougres ne seraient pas d’un grand danger. Qui sait par contre ce qui pouvait se cacher aux alentours car, désormais, une bonne partie de la taverne avait posé ses yeux sur la scène. Je décidai donc de me lever, remarquant alors que je dépassais les deux bougres d’une demi-tête. Tant mieux.

Cependant, un autre élément perturbateur vint se joindre à la partie. Une histoire de pari à ce qui était parvenu jusqu’à mes oreilles. Il venait d’agripper le bras d’une femme encapuchonnée. Un coup rapide et sec dans la nuque, et le problème était réglé. L’alcool présent dans les veines de la populace présente leur avait sans doute empêché de remarquer que l’homme n’avait pas que trop bu, mais c’était surtout rapidement fait mettre au tapis. La femme en question se dirigeait vers la sortie, non sans éveiller mes soupçons.

Le bougre qui avait fait valser ma boisson avait également observé la scène, et l’homme à terre ne devait pas lui être inconnu. Si bien qu’il se mit à suivre les pas rapides discrets de l’étrangère à la capuche, d’une manière certes moins gracieuse. Son compère sembla également se désintéresser de moi, se dirigeant lui aussi vers la porte menant à l’extérieur. Malgré la rapidité dont elle venait de faire preuve, la femme risquait de passer un sale quart d’heure.

Un troisième homme, plus costaud, se joint à eux. Lui par contre ne devait pas avoir bu beaucoup de breuvage alcoolisé. Le plus imbibé des trois s’effondra sur une table, renversant tout ce qui s’y trouvait. L’homme étrange qui y était accoudé esquiva les éclaboussures de bière mais ne fut pas épargné d’une série d’insultes provenant de l’élément perturbateur.

Je me devais de faire le point ; une femme étrange s’éclipsant, un homme à terre, trois hommes à sa poursuite, et la présence d’un autre personnage étrange qui semblait impassible jusque-là. Je décidai donc de suivre les hommes qui m’avaient provoqué plus tôt. Une fois arrivé à quelques pas de la sortie, je m’adressai à eux.


« Hé, les deux ivrognes. »

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Dragnis
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MessageSujet: Re: La vérité est toujours au fond du verre — LIBRE   Sam 22 Fév - 14:01

Conformément à mes inquiétudes, les choses s'envenimèrent quand le premier ivrogne eu fait son baptême de l'air. Dès lors, un cercle de clients entourait les trois hommes. Les paris étaient lancés et l'effervescence était de nouveau de mise avec ce nouveau centre d'intérêt. Feindre d'ignorer une telle situation revenait à de la pure bêtise pourtant, je m'y obstinais. Je savais qu'un tel comportement attirerait les regards mais, pour l'heure, je m'en fichais éperdument me contentant de vider ma choppe comme si de rien n'était.

Mon attention fut toutefois attiré par une scène que peu de personnes présentes observaient tant la quasi intégralité de la foule réunis dans la taverne était concentrée sur la bagarre du garde. Un homme venait d'interpeller une silhouette encapuchonnée d'une jeune femme. Une histoire de pari semblait-il... Malheureusement, la réponse de la concernée ne fut pas à son goût et son esprit s'échauffa rapidement. Je soupirai un instant. Décidément... Cette nuit sera celle d'une bagarre générale.

Je m'apprêtais à me lever de ma chaise pour sortir de la taverne avant qu'elle ne se change en énorme poudrière quand je fus surpris par la tournure que pris la brouille de la jeune femme. Celle-ci d'un geste précis qui ne m'était pas inconnu venait d'étaler l'ivrogne qui la gênait. Le bruit de sa chute interpella quelques clients à qui elle servit une excuse que tous acceptèrent. Aussitôt l'attention détourné, la jeune femme commença à s’éclipser lorsque nos regards se croisèrent. Elle s'arrêta un court instant, prenant sûrement conscience que j'avais vu son petit numéro, avant de se diriger de nouveau vers la sortie. Je ne fis rien pour l'arrêter. Quel intérêt y aurait-il eu à lui attirer des ennuis? Après tout, elle n'avait fait que se débarrasser de la nuisance qui l'assaillait.

De tout côté des querelles éclataient avant de virer à de violents échanges de coups de poings, au grand dam du tavernier qui ne parvenait pas à calmer ses clients malgré toutes ses protestations. Du coin de l’œil, j’aperçus un petit groupe d'homme qui semblait décidé à partir à la poursuite de la mystérieuse jeune femme. Il y avait fort à parier qu'ils doutaient de ses paroles et avaient fini par réaliser ce qu'il s'était réellement passé. L'ambiance de la taverne était si explosive que je ne doutais pas une seconde qu'il finirait par y avoir une bagarre qui m'incomberait...

Je décidai donc dans mon propre intérêt de quitter la taverne et tentai de me faufiler au travers de la foule de clients pour rejoindre la sortie quand mon hypothèse se vit confirmée. Je fus pris à partie par une dizaines d'hommes à l'haleine chargé d'alcool. Je fronçai légèrement le nez, quelque peu gêné par cette odeur stagnante et rance qui m'environnait à présent.

Holà, blanche-neige! Où pars-tu comme ça alors que la fête vient tout juste de commencer? Depuis tout à l'heure, tu restes dans ton coin sans participer comme si tu nous prenais de haut. J'ai bien envie de te refaire le portrait maintenant.

Me retrouvant contre mon gré le centre d'intérêt de ces ivrognes, mon humeur s'était passablement dégradé et l'emploi d'un tel sobriquet à mon égard ne l'arrangeait pas. Je décidai toutefois de conserver mon calme. Avisant le mur de l'auberge à moins de deux mètres derrière le petit groupe d'ivrognes, je m'approchai autant que possible de ce-dernier. Puisqu'il ne me serait pas possible de sortir par la porte autant faire une sortie remarquée...

Messieurs, vos esprits se sont trop échauffés, il me semble. J'étais venu pour me détendre et non pour me battre. Vous avez cependant gâché mon humeur. Battez-vous entre vous si vous le désirez mais pour ma part, je vous quitte pour cette nuit.

Le ton de mes paroles, froid et sec, les dissuada de se jeter directement sur moi. Sans attendre une seconde de plus, je mis ce temps à profit et focalisai mon esprit sur la ruelle de l'autre côté du mur   que j'avais emprunté un peu plus tôt dans la soirée. Lorsque la visualisation fut assez claire, je m'y téléportai alors que les premières mains se tendaient vers moi. Quand, des cris de stupeur retentirent dans mon dos, tout juste étouffés par l'épais mur de la taverne, je ne pus m'empêcher d'esquisser un sourire narquois. Je doutais qu'ils ne puissent comprendre ce qui s'était produit sous leur yeux.

Cherchant du regard mon compagnon à plumes que j'avais laissé avant d'entrer dans l'établissement, je l'avisai assez rapidement. Celui-ci s'était perché au sommet de l'enseigne de la taverne et avait piqué un somme. Lorsque je l’appela par son nom, Selim se réveilla et plana plus qu'il ne vola jusqu'à mon épaule. Un faible croassement me salua et il replongea dans son sommeil. Soupirant légèrement pour évacuer la pression des dernières minutes, je m'apprêtais à rejoindre l'auberge où je séjournais quand mon regard capta la silhouette de la jeune femme non loin de moi. Après une courte hésitation, je céda à l'envie de l'interpeller pour la prévenir.

Mais si ce n'est pas notre charmante actrice aux poings de fer! Bien le bonsoir, cher mademoiselle! Je sais que d'ordinaire je ne devrais pas interférer avec les desseins du Destin mais laissez-moi tout de même vous chuchoter un conseil. Vous devriez vous éloigner de cette endroit rapidement avant que des hommes mal attentionnés vous tombent dessus. J'ai pu constater que vous saviez vous défendre mais je vous souhaite tout de même bonne chance pour vous en défaire.

Sans attendre sa réponse, je lui adressais un signe de la main comme adieu puis m'éloignais à pas lents sous le ciel étoilé, tout juste perturbé par le vacarme que fit la porte de la taverne en s'ouvrant avec fracas...

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Kajika Machk
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MessageSujet: Re: La vérité est toujours au fond du verre — LIBRE   Mar 4 Mar - 1:16

La soirée avait pourtant bien commencée.
- Mais si ce n'est pas notre charmante actrice aux poings de fer ! Bien le bonsoir, cher mademoiselle! Je sais que d'ordinaire je ne devrais pas interférer avec les desseins du Destin mais laissez-moi tout de même vous chuchoter un conseil. Vous devriez vous éloigner de cette endroit rapidement avant que des hommes mal attentionnés vous tombent dessus. J'ai pu constater que vous saviez vous défendre mais je vous souhaite tout de même bonne chance pour vous en défaire.
Kajika aurait pu partir, revigorée de ses quelques verres, disparaitre dans les flots nocturnes, s'effacer comme à son habitude. Mais tout cela aurait été bien trop facile, n'est-ce pas ? Ce fut la pensée que la jeune femme ruminait sombrement, en observant un groupe de badauds s'approcher dangereusement d'elle avec un air bagarreur et l'homme qui l'avait interpelé s'éloigner. Ils étaient trois. Bah, rien de bien méchant. L'assassin osait espérer qu'elle puisse faire le poids contre ce petit groupe d'ivrognes. Mais voilà, si elle commençait à faire du bruit, sa couverture tomberait et elle ne pourrait plus séjourner à Aratos. Et ça, ça l'embêtait un peu, mine de rien. Évidemment, il n'était pas rare que des "accidents" surviennent dans ces coins reculés de la ville. Malheureusement, cette option fut tuée dans l’œuf par l'arrivée de l'elfe de la Garde, se sentant visiblement d'humeur justicière.
- Hé, les deux ivrognes.
Les hommes se retournèrent sur cette interpellation, tandis que Kajika faisait rapidement un point sur la situation. Elle pouvait tout simplement s'en aller furtivement, les trois imbéciles semblaient absorber par une soudaine lancée d'injures envers l'elfe. Mais voilà, non seulement un témoin potentiel s'en aillait nonchalamment, mais en plus, elle alerterait le membre de la Garde. Quelle situation compliquée. Aah, au point où elle en était... Lasse, l'assassin surgit sans préavis derrière un premier homme, calquée sur son ombre, avant de lui assener un grand coup dans le dos qui eut pour résultat de le faire tomber à terre dans un cri de surprise. Tant pis pour sa couverture. Et si cela tournait mal, elle n'aurait qu'à s’éclipser. La première faculté d'un assassin est celle à toujours prévoir un chemin de retour, quelque soit la situation et le contexte. Mais pourquoi ne pas s'amuser un peu avant ? Après tout, ces gens avaient ruiner son séjour pourtant tranquille. Kajika fixait de ses yeux bleus l'elfe de la Garde, tandis que les deux ivrognes avaient mal à se remettre de leur surprise. Ce fut d'un ton glacial comme la brume qu'elle prononça un avertissement, qu'elle voulait menaçant.
- Dégagez, si vous ne voulez pas partager le sort de votre compère.
Les deux hommes hésitèrent brièvement. Leurs doutes s'envolèrent lorsque la jeune femme dégaina une dague brillante d'un mouvement calculé. Ils saisirent leur compagnon à terre et partir sur quelques menaces et grognements. Quelques secondes passèrent. Lorsque Kajika fut certaine que les trois ivrognes avaient belle et bien disparus, elle eut un long soupire et se détendit, lançant un sourire à l'elfe de la Garde.
- Il semblerait qu'ils ne viendront plus vous embêter. Cependant, je ne doute pas qu'un membre de la Garde Pourpre aurait eu tôt fait de se débarrasser de ces personnes. Mais bon, si un peu de bluff suffit à les faire déguerpir, ma foi.
La jeune femme s’évertua à garder un air sympathique. Elle savait que l'elfe ne serait pas dupe. Restait à voir s'il accepterait ou non de jouer le jeu.
- Quoiqu'il en soit, je vous propose de nous éloigner de cet endroit, je me trouverais bien mal à l'aise si notre aimable agresseur revenait avec quelques compagnons.
Inutile de multiplier les témoins. D'un pas qu'elle voulait nonchalant, la jeune femme exécuta donc ses paroles, s'éloignant de la taverne. Intérieurement, elle espérait que l'elfe prenne son propre chemin et que leurs routes ne se croisent plus. C'était trop facile, une fois encore. Kajika faisait tourner nerveusement la dague dans sa main. Ce n'était pas vraiment une arme, à vrai dire. La pointe droite de la lame ne permettait pas de trancher. Poignarder tout au plus. Mais sa véritable fonctionnalité était celle de faire sauter les serrures. Outil bien utile dans la profession de notre jeune sang-mêlée. Ses pas la menèrent dans des ruelles inhabitée. Son regard se faisait vif, l'assassin observait avec attention son environnement, repérant chaque corniche, chaque passage qui pourrait lui permette une éventuelle évasion en catastrophe. On n'était jamais trop prudent, comme on dit...

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Vraiment désolée pour le temps de réponse, j'ai été pas mal occupée T-T
+ Asma : je n'ai pas trop parlé de toi dans le RP, je t'avoue que je voyais pas trop comment te retenir un tant soit peu. xD

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Elfe
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MessageSujet: Re: La vérité est toujours au fond du verre — LIBRE   Mar 4 Mar - 12:09

Alors que les deux hommes venaient de se retourner face à moi, autre chose attira mon attention. L’homme étrange qui était encore à l’intérieur de la taverne quelques instants plus tôt était désormais devant moi, à l’extérieur de la taverne. Comment cela était-ce possible ? Il n’y avait qu’une seule sortie, et il ne l’avait certainement pas empruntée. Puis, alors que ce même homme s’adressait à la femme encapuchonnée, un mot sonna dans ma tête. Destin.

Ojûn en parlait souvent, et elle l’utilisait régulièrement, ce mot. Egalement dans les histoires sur les Dragnis, que j’avais entendues lors de ma jeunesse. Je me souvenais des passages détaillant les problèmes que rencontraient certains des plus jeunes de ces hybrides dragons à propos du Destin, de la difficulté de ne pas interférer avec celui-ci.

Mais autre chose m’obligea à sortir de mes pensées ; l’un des ivrognes venait de s’étaler au sol. A nouveau l’œuvre de la femme au visage assombri par la capuche. Les deux autres hommes témoignèrent de leur surprise par un geste de recul. Pris entre deux feus, ils ne savaient pas comment réagir, et cela se remarquait. Elle n’eut pas besoin de plus que quelques mots pour que les bagarreurs ne s’enfuient en courant.


« Il semblerait qu'ils ne viendront plus vous embêter. Cependant, je ne doute pas qu'un membre de la Garde Pourpre aurait eu tôt fait de se débarrasser de ces personnes. Mais bon, si un peu de bluff suffit à les faire déguerpir, ma foi. Quoiqu'il en soit, je vous propose de nous éloigner de cet endroit, je me trouverais bien mal à l'aise si notre aimable agresseur revenait avec quelques compagnons. »

Je n’avais pas le temps de m’abandonner à la réflexion. Sans attendre de réponse de ma part, l’étrangère s’était retournée et s’éloignait de la taverne. Mon regard allait se poser sur l’autre ombre cachée sous une capuche ; l’homme qui avait prononcé le mot « Destin ». Je n’arrivais pas à me décider sur lequel d’entre eux allait pouvoir combler le plus ma curiosité. Ils s’éloignaient de plus en plus, dans des directions opposées. Il me fallait prendre une décision.

« Attendez ! »

Je saisi par l’épaule la personne encapuchonnée. Celle-ci s’arrêta, sans se retourner. Mon action aurait dans la plupart des cas eu pour effet de laisser une lame quitter son fourreau. Mais pas cette fois. L’immobilité de la silhouette assombrie par l’absence d’éclairage due aux hautes maisons et aux nuages recouvrant la lune m’étonnait. Calme et sérénité.

« Qui êtes-vous ? Je pense connaître l’un des vôtres … »

Ma curiosité m’avait amené à choisir l’homme qui s’était tenu à l’écart des échanges de coups et des problèmes. J’étais impatient de découvrir si mes soupçons étaient justes, où s’il n’avait rien à voir avec ce que je pensais. J’aurais tant de questions à lui poser. J’espérais qu’il en soit un, un Dragnis.

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MessageSujet: Re: La vérité est toujours au fond du verre — LIBRE   Mar 4 Mar - 19:38

La voix de l'elfe s'éleva dans l'air à quelques pas derrière moi, enjoignant une personne de s'arrêter. Je ne compris qu'il s'adressait à moi que lorsque je sentis une poigne ferme emprisonner mon épaule. Un instant, je considérai l'éventualité de réitérer ma méthode imparable de fuite pour fausser compagnie à l'elfe mais le symbole sur son plastron eut tôt fait de me rappeler qu'il faisait partie de la Garde Pourpre. Ne désirant pas quitter en hâte Aratos, où j'avais encore une chose importante à faire j’obtempérai donc et cessai de marcher. Puisse qu'il avait choisi de m'interpeller, c'est qu'il avait sûrement quelque chose à me dire. La question était de savoir si cela m'intéressait ou non...

Le temps me donna raison quand quelques secondes plus tard, l'elfe reprit parole. Sa question m'apparut d'abord comme une simple formalité. Un contrôle d'identité comme il m'était déjà arrivé d'avoir dans certaines grandes villes qui se méfiaient des personnes dissimulant leur visage sous le couvert d'une capuche. Pourtant le propos qui l'accompagna changea la donne, révélant sa question sous un nouveau jour. Il pensais connaître l'un des miens? Voilà quelque chose de bien étrange. Il n'y avait quasiment aucune chance qu'il ait côtoyé, de près comme de loin, un dragnis. Fort de cette réflexion, je supposai qu'il me confondait sûrement avec autre chose qu'un dragnis. Peut-être me prenait-il pour un sang-mêlé ou un hybride? Un piaffement d'irritation me tira cependant de mes digressions. C'était Selim qui, du haut de montre autre épaule venait de se réveiller au son de la voix de l'elfe et jetai à celui-ci un regard noir. Posant une main sur sa tête pour l'apaiser, je saisis de l'autre la main de l'elfe et l'ôtai de mon épaule avec douceur.

Vous pensez connaître l'un des miens, dites vous...

Avec la même sérénité qui m'habitait depuis quelques instant, je pivotai vers l'elfe et abaissa ma capuche, libérant ma chevelure immaculée et rivant mon regard azurée dans celui de l'elfe. Je restai un long moment à tenter de percer l'esprit de ce-dernier, cherchant à y voir quoique ce soit qui pourrait prouver qu'il avait croiser un autre dragnis. Nous étions si peu nombreux à parcourir les terres d'En-bas. Ce pouvait-il qu'il ait réellement eu la chance de croiser un de mes frères ou uen de mes sœurs? Encore maintenant, cela me paraissait peu probable. Peu probable mais certes pas impossible. Finalement, la raison l'emporta sur ma curiosité et je brisai le silence qui s'était installé entre nous, jouant la carte de la subtilité pour essayer de quitter l'elfe sans trop tarder.

Permettez-moi d'émettre un doute concernant votre allégation. Que sous-entendez-vous par "l'un des miens"? Vous semblez me considérer comme autre chose qu'un humain. Or, c'est là tout je ce que je suis. Un simple humain que le Destin a eu le malheur de guidé jusqu'à cette taverne au moment où éclatai une rixe entre ivrognes. Je ne remets pas en doute votre perspicacité, mais je crois toutefois que l'alcool la quelque peu perturbé.

Je déposai une claque qui se voulait amicale sur l'épaule de l'elfe, lui affichant un sourire éclatant. Je scrutai rapidement son regard constatant que ma pique concernant le destin avait fait mouche. Il me prenait donc réellement pour un dragnis. Intéressant... Je me détournai de lui en lui adressant un dernier signe d'adieu de la main.

Je vous souhaite une bonne fin de soirée, monsieur le garde.

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MessageSujet: Re: La vérité est toujours au fond du verre — LIBRE   Ven 7 Mar - 12:05

Il s’était retourné, et avait ôté sa capuche afin de me dévoiler son visage. Je n’avais pas douté du fait qu’énoncer ma rencontre avec un autre Dragnis l’intéresserait. Il avait beau nier son appartenance à cette même race, je restais prêt à parier qu’il n’avait rien d’humain autre que son apparence. L’alcool aurait certainement été capable de perturber ma perspicacité ou mon esprit, si seulement j’avais eu le temps de poser mes lèvres à la bière qui avait directement valsée contre le mur. Saleté d’ivrogne.

L’étranger me fit un signe d’adieu après avoir déposé une tape sur mon épaule. Il me souhaitait une bonne fin de soirée et s’en allait. Non, j’étais trop curieux, je voulais en avoir la certitude. Et puis, j’étais membre de la Garde, comme il venait de le rappeler. Cela signifiait donc que j’étais en droit de l’interroger, surtout après la scène dans la taverne. Il n’allait pas s’en aller si rapidement.


« Hé, attendez ! »

Il ne s’arrêta pas, et continua d’avancer comme si ma voix était restée silencieuse. J’aurais pu laisser tomber, mais la curiosité qui m’habitait depuis ma jeunesse réfrénait cette envie, elle me dictait d’insister. J’en avais déjà rencontré une, quelle chance pouvais-je avoir d’en rencontrer un second ? Cela pourrait m’apporter de nouvelles connaissances, je savais bien qu’ils n’étaient pas censés être dangereux, à moins que l’on ressente une haine envers eux qui puisse nous amener à leur vouloir du mal. Ils devaient en savoir des choses … Je tentai autre chose, peut-être que cela marcherait.

« Ojûn Matto Ta Waci. »

Ils étaient si peu nombreux, ce nom devait donc lui être connu. J’espérai franchement qu’il s’arrête à nouveau et que l’on puisse entamer une discussion qui se voudrait forcément intéressante, du moins pour moi. Si je doutais toujours de la vérité quant à l’origine d’Ojûn, je n’avais pourtant cessé d’y penser. Et si elle avait dit vrai, qu’elle faisait partie de ceux-là … Je verrais bien.

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MessageSujet: Re: La vérité est toujours au fond du verre — LIBRE   Ven 7 Mar - 23:59

De nouveau, la voix de l'elfe m'interpella. Je continuai ma route sans y prêter attention. Il devait faire mieux que ça si il voulait que je m'arrête réellement car pour le moment rien ne me forçait à m'arrêter pour l'écouter. Puis enfin, il lâcha le morceau.

Ojûn Matto Ta Waci.

Le nom qu'il prononça me fit piler net. Le nom d'une de mes petites sœurs... Je fus aussitôt assailli par un multitude de souvenir la concernant, certains où elle n'était encore qu'un petit bébé, d'autres où elle était déjà adolescente et avec son caractère bien à elle... L'affection que je lui portais à elle à mes autres frères et sœurs m'accablait de tristesse. Ils me manquaient tous autant qu'ils étaient et même les plus grincheux de nos anciens. À chaque fois, je m'arrangeais pour faire taire cette peine en pensant à autre chose. Mais cet elfe... Il disait la connaître. Si mes calculs s'avéraient corrects, elle devait errer elle aussi à la recherche de son Âme-Sœur depuis à peu près un an. Comme Telabeth, d'ailleurs... Secouant ma tête, je tâchais de ne pas me disperser, reléguant mes pensées tournées vers mon petit-frère au second plan. Ce n'était pas le moment de s'oublier.

Depuis combien de temps la connaissait-il? Et où l'avait-il rencontré? Autant de questions qui tourbillonnait dans mon esprit. Sans réfléchir, je me retournai vers lui ne sachant pas vraiment qu'elle était l'expression qu'il pouvait lire sur mon visage tant j'étais déchiré entre un sentiment de vive inquiétude pour ma sœur et de colère pour cet elfe qui semblait désireux d'éveiller tout le quartier avec ses cris. D'un pas rapide, je le rejoins et avant qu'il n'ait pu ajouter le moindre mot, je lui intimai le silence d'un geste vif de la main.

Criez donc encore une seule fois et je vous assommes sans ménagement, stupide elfe. Voulez-vous donc que toute la cité apprenne ma véritable nature?

Mes paroles n'avaient été qu'un murmure sec et glacial mais j'étais sur que le garde m'avait entendu. Jetant un rapide coup d’œil aux alentours pour m'assurer que personne n'assistait à notre petite entrevue. Je n'étais pas vraiment rassuré. Préférant éviter toute mauvaise surprise, je tournai de nouveau le dos à l'elfe et me remis à marcher. D'un geste de la main, je l'invitai à me suivre dans le dédale de ruelle d'Aratos.

Après quelques minutes de marche, nous arrivâmes dans une des grandes places d'Aratos. La fontaine qui se trouvais au centre de celle-ci était éteinte. Je m'arrêtai de marcher un moment, jaugeant les alentours et ne repérant pas âme qui vive, je hochai de la tête de contentement. Je partis m'asseoir négligemment sur le bord de la fontaine puis reportai toute mon attention sur mon étrange compagnon.

Bien, je pense qu'ici nous serons plus tranquille pour discuter. Que savez-vous de ma jeune sœur?

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MessageSujet: Re: La vérité est toujours au fond du verre — LIBRE   Lun 10 Mar - 9:41

Finalement, Ojûn s’était avérée utile une fois de plus. A peine son nom avait été prononcé que l’étranger encapuchonné s’tait figé sur place. Au vu du temps de réaction, cela avait certainement fait resurgir toute une vague de souvenirs, les pensées devaient l’avoir envahi. Quelques instants plus tard, après s’être rapidement retourné vers moi, il s’empressa de me rejoindre d’un pas précipité. Le sourire de victoire qui s’était glissé au coin de ma bouche laissa soudain place à un air inquiet ; il n’avait pas l’air très souriant.

« Criez donc encore une seule fois et je vous assommes sans ménagement, stupide elfe. Voulez-vous donc que toute la cité apprenne ma véritable nature ? »

Il ne dégageait clairement pas la même impression ni le même caractère qu’Ojûn. Il avait l’air plus soucieux, plus sérieux, plus … adulte. Les histoires que j’avais entendues sur les Dragnis ne se reflétaient pas sur l’image que je m’étais faite d’Ojûn. Cette fois-ci par contre, je n’avais presque aucun doute quant à l’appartenance de cet … homme à la race Dragnis. Et étant donné sa réaction, envers Ojûn non plus. Je l’avais suivi, et après plusieurs minutes de marche, nous arrivâmes sur une place déserte. Puis, après un regard aux alentours, il s’assit sur le rebord d’une fontaine.

« Bien, je pense qu'ici nous serons plus tranquille pour discuter. Que savez-vous de ma jeune sœur ? »

Comme par réflexe, j’ouvrai ma bouche mais aucun son ne sortit. Rien d’autre qu’un silence. En effet, l’excitation était tellement présente que j’en avais oublié de réfléchir à quoi je pouvais bien lui raconter, lui demander. Discuter. Il désirait savoir ce que devenait sa sœur, mais j’hésitais à répondre. Une fois les informations reçues, il serait probablement moins enclin à en partager d’autres … Je décidai donc de jouer cartes sur table, le regardant avec insistance.

« Je sais … plusieurs choses, nous nous sommes rencontrés plusieurs fois. J’aimerais en apprendre plus sur vous, sur votre peuple. Nous pourrions procéder à une sorte de partage … Qu’en dites-vous ? »

Je restai debout, devant à lui. Face au silence qui reprenait son droit sur ce lieu déserté, je choisi de prendre l’initiative et, je verrai bien ce qu’il me répondrait.

« J’ai rencontré Ojûn pour la première fois il y’a plusieurs semaines, dans le désert. Je m’étais perdu en cherchant Enzora, et elle m’a offert à boire, me sauvant ainsi la vie. »

Je l’observai ensuite, satisfait de la maigre mais suffisante quantité de renseignements fournis. C’était à son tour, qu’allait-il bien pouvoir dire ? Je croisais les doigts de mes mains qui s’étaient rejointes dans mon dos.

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MessageSujet: Re: La vérité est toujours au fond du verre — LIBRE   Lun 10 Mar - 23:54

Aucun son ne sortit de sa bouche. Allons bon, nous voilà bien mal parti... Il fallut un instant à l'elfe avant qu'enfin les mots franchirent ses lèvres. Ce qu'il disait était assez étonnant. A mes yeux, croiser plusieurs fois un dragnis et en rencontrer un second tenait presque du miracle tant nous étions peu nombreux à parcourir les terres eldoriennes et indépendantes. Son autre propos était clair comme de l'eau de roche, un échange de bon procédés. Des nouvelles de ma sœur contre des informations sur les miens. Qu'il monnaie ainsi de telles renseignements me semblait puéril et m'agaçait quelque peu mais peut-être redoutait-il que je lui fausse compagnie avant qu'il n'ait eu satisfaction.

Soit, nous échangerons des informations, mon ami. Mais tu cracheras le premier, pour sûr. Laissant le silence répondre à sa question, j'attendis qu'il se décide enfin à parler. Je n'eus pas à attendre longtemps. Sa première rencontre avec Ojûn remontait à plusieurs semaines. Une information intéressant mais entièrement inutile. Surtout si la rencontre avait eu lieu dans le désert du Shar près d'Enzora. L'endroit était extrêmement éloigné et ma sœur aurait pu partir dans n'importe quelle direction à partir de là. Je savais que l'elfe s'était arrangé pour me donné une information suffisante pour piquer d'autant plus ma curiosité sans pour autant lâcher le morceau. Toutefois, le fait qu'il ait avoué l'avoir vue plusieurs fois depuis me faisais garder espoir, la direction qu'Ojûn avait suivit devait être la même que la sienne à quelque chose prêt.

Mon cœur faillit cependant défaillir quand je l'entendis dire que ma sœur lui avait sauver la vie en lui offrant de l'eau. Voilà qui était fâcheux... Fort fâcheux, même. Je priais silencieusement pour que le geste de ma sœur n'ait pas influé outre mesure le destin de cet elfe et que son acte ait échappé aux yeux de nos Anciens. Il serait plus que terrible qu'elle soit pourchasser à cause de la stupidité de l'elfe qui se pavanait devant moi. J'espère au fond de moi, qu'il ait pris conscience de ce que ce simple geste de gratitude pourrait entraîner pour ma sœur.

Chassant les inquiétudes qui assiégeaient à présent mon esprit, je reportais mon attention sur l'elfe.

Je vois... Concernant la demande que vous avez formulé plus tôt, je l'accepte. Vous m'en dites plus au sujet de ma sœur et je rassasierais votre curiosité. Cependant, il serait de bon ton que vous me disiez ce que vous voulez savoir exactement, je n'ai pas vraiment envie de perdre ma salive à vous raconter des choses qui ne vous intéresse pas.

Croisant les bras sur ma poitrine, j'attendis qu'il me dise enfin se qu'il tenait tant à connaître sur les miens...

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