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 [Quête] L'hiver vient (Ojûn)

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Elfe
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MessageSujet: [Quête] L'hiver vient (Ojûn)   Jeu 27 Fév - 12:04

L'hiver vient

Je continuais à marcher le long du sentier bordant la forêt. J’aimais bien y avancer à pieds, cela me permettait de respirer le bon air frais, et de me replonger dans les bons souvenirs de mon enfance. Le soleil parsemait les alentours de la lumière qu’engendraient ses rayons. Un peu plus loin se trouvait une bâtisse, mais je n’eu pas à me rendre jusqu’à celle-ci pour tomber sur l’homme y habitant. Il s’approchait vers moi, tenant dans sa main un papier.

« Hep toi, tu veux un p’tit boulot tranquille et bien payé ? »

Le blason présent sur ma tunique ainsi que le griffon m’accompagnant ne semblaient pas l’intriguer outre-mesure. Le grand homme musclé, aux cheveux mi-longs coiffés en vrac et à la barbe mal rasée, n’attendit même pas que j’eu prononcé un mot pour reprendre de plus belle.

« Bon, jt'explique le truc, c'pas compliqué. En gros j'veux me faire une réserve de nourriture et de bois pour cet hiver, sauf que d'habitude c'mon fils qui m'aide. Mais en début d'année, le ptiot est allé s'engager dans l'armée royale. Du coup j'me retrouve seul avec ma femme et ma fille. Ton truc à toi, ce sera d'aller chasser les animaux d'la forêt. Moi j'irai couper du bois. J'accepte tout c'qui s'mange et qui a d'la fourrure. Si t'as pas d'arme, j'peux t'fournir l'arc en bois et les cordes de mon fils, mais c'tout. Bien sûr, tu s'ras bien payé. Aller hop, au boulot. »

Je le regardais, pensif. Un petit boulot de ce genre ne m’intéressait pas spécialement, même s’il réclamait avoir besoin d’aide. Ce serait aussi l’occasion de manger autre chose que du pain rassie et de la viande séchée.

« Très bien vieil homme, je te ramènerai de quoi faire des réserves pour l’hiver. En échange, je ne te demande pas d’argent, un bon repas chaud me suffira. »

Il sourit, agréablement surpris par ma proposition, et acquiesça ensuite en secouant son visage de haut en bas. Je n’avais pas besoin de son arc ; l’occasion était parfaite pour voir si je n’avais rien perdu de mes talents de jeune chasseur. Detrok resterait avec le vieil homme, être seul me conférerait plus de discrétion.

Je m’enfonçai alors avec un grand plaisir dans la forêt, maison de mon enfance. Ce silence si particulier, promulgué par l’absence du vent, était tellement reposant. Je marchais les paupières closes, inspirant profondément les odeurs et parfums des plantes. Quelques mètres plus loin se tenait un arbre dont les branches et feuillages s’agençaient de telle manière qu’il était aisé d’y grimper. Une prise d’élan, mes jambes s’appuyaient sur une branche, me propulsant jusqu’à la suivante. Désormais à plusieurs mètres de hauteur, je choisi de patienter là. Alors que je projetais de petits morceaux de viande séchée au sol afin d’intéresser quelque animal, j’entendis des bruits provenant d’un buisson. La dague à la main, je me concentrai sur les mouvements des feuillages du buisson, prêt à fondre sur la proie.

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Dragnis
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MessageSujet: Re: [Quête] L'hiver vient (Ojûn)   Jeu 27 Fév - 19:32

La pluie. Elle trouve que la pluie est un peu trop présente, ces derniers jours. Pendant tout son voyage, la pluie l'accompagne. Parfois un simple crachin, désagréable, mais qui permet de continuer la route tout en évitant les minces flaques faites sur les routes. D'autres fois, un déluge, qui l'oblige à régulièrement s'abriter. Le ciel gris n'est pas son plus grand ami, depuis les derniers évènements. Les lourds nuages ne font que lui rappeler la mort si brusque du jeune Baldin. Les pirates, la brutalité de Makko et l'odeur de son poil humide, le sourire tordu de malice qui a si vite perdu la vie face à Alto. Et le visage détruit du Capitaine. Par ses propres mains, couvertes de sang. Depuis ce moment, Ojûn ne cesse pas de se laver les mains. Si le rouge ne couvre définitivement plus ses doigts, l'illusion persiste à certains moments. Cela l'effraie sur l'instant, et il lui faut trouver un baquet d'eau, une gouttière, une rivière où frotter ses paumes blanches.

Quand elle ne marche pas, Ojûn arrive à trouver une petite place, discrète, sur les chariots des paysans. Des semaines, longues et pleines de solitude malgré les agitations humaines autour d'elle. Elle s'isole comme elle peut, jusqu'à même être fatiguée de parler. Ses pensées parfois errent jusqu'à l'incroyable Alto, et ses grandes ailes noires. Elle lui souhaite d'aller bien. Peut-être se recroiseront-ils ? Après tout, elle ne pensait pas recroiser Nufhaj au moment de leur rencontre,et cela était arrivé trois fois. Au moins, la dernière lui avait donner l'occasion de se défaire de toute culpabilité. La Dragnis ne s'inquiète désormais plus de le voir surgir, épée en main, pour lui faire payer ses méfaits.

"J'vous dépose là, si vous voulez, v'n'avez qu'à suivre la lisière jusqu'au sud, vous allez pas po'voir manquer la ville !"


Hochements de tête accompagnés de remerciement, et la demoiselle se retrouve seule, enfin, sur des sentiers de terre irréguliers. Contre sa cuisse, dans son fourreau de fortune, le couteau semble vibrer. La lisière est claire, mais Ojûn sait que cette forêt renferme bien plus de ténèbres qu'elle ne laisse paraître.  Elle imagine déjà les ogres et les trolls des contes pour enfants humains qui y vivent. C'est une idée qui lui donne le sourire. Si il y a bien une chose que les humains ont pour eux, c'est leur imagination débordante. Ils ont le don pour extrapoler, et à partir d'une simple brise donner vie à de nouveaux mythes. Ojûn aime les longues chevelures pleines de perles et les gros nez donnés aux trolls des vieux villages, avec leurs grosses chausses en cuir et leur dos couvert de fourrures et brindilles.

Ses bottes un peu trop larges foulent le sol meuble. De la mousse couvre les pierres et les troncs noueux. Elle peut enfin retirer le large capuchon, encore humide des dernières eaux venues du ciel. Ojûn inspire profondément. Derrière elle, ses traces sont profondément inscrites dans la terre. L’automne fait déjà déteindre les verts éclatants de l'été, parsemant quelques tâches jaunes à certains endroits. Sur certains troncs s'élancent de superbes rangées de champignons blancs, parfois jaunâtres, leurs chapeaux délicatement habillés par la rosée matinale.

Les branchages arrachés par un vent trop brusque craquent de plus en plus sous ses semelles. Les sentiers disparaissent, peu à peu. Tant que les collines restent à portée, tout ira bien. Bélize la suit, disparait parfois dans les fourrés, pour à nouveau serpenter avec rapidité entre ses pas. Elle ne craint pas l'écraser, son rythme régulier permet au reptile de l'éviter avec souplesse. Après une longue disparition, c'est le ventre grossi qu'il revient pour venir digérer dans sa poche le mulot fraichement avalé.

Certains trouvent la forêt silencieuse. Ceux là sont sourds. Les arbres grincent, le vent amuse les feuillages, si faible est il, les oiseaux chantent milles poésies. Il y a toujours une bête pour venir gratter le sol, faire craquer les feuilles, ruminer. D'ailleurs, c'est avec la rapidité de l'éclair qu'au loin une biche disparait, suivie de près par deux autres, effrayées. Le seul silence qui habite cette forêt est celui de la vie humaine. Et cela plait beaucoup à la Dragnis, qui compte bien profiter de cette promenade improvisée pour prendre un peu de repos. Les bruits de toutes ces civilisations lui avaient donné un mal de crâne qui ne semblait jamais terminer.




Après quelques heures, les bois se sont sévèrement épaissis. Il lui arrive souvent de devoir se glisser sous de gros branchages, de grimper sur d'épaisses racines. Pour des raisons qu'elle croit hasardeuses, elle se met soudain à repenser à sa rencontre avec l'étrange cavalier au visage de glace, il y a de ça bien longtemps. Rencontre tout à fait improbable, qui pourrait tout  à fait se reproduire...Sans que ce soit cette fois, des personnes aux bonnes intentions. Elle qui pensait pouvoir se défaire des angoisses liées à la survie, voilà que sa gorge redevient sèche, et que son regard guette le moindre mouvement. Un gros faisan la fait sursauter, alors qu'il se jette en dehors d'un fourré et criaille à tue-tête, trop effrayé par l'intruse pour rester immobile et silencieux comme le ferait toute bestiole avec un minimum d'instinct de survie.

"Stupide animal."

Le coeur battant, elle reprend sa route, toujours sur ses gardes. Les ronces s'accrochent  à ses manches, et ralentissent sa marche, ce qui rajoute à son humeur un certain agacement.

C'est en levant la tête qu'elle s'aperçoit de quelque chose, d'encore indéfinissable. Mais pas la peine de prendre le temps de donner à la forme un nom, la Dragnis, vulnérable au sol, préfère se cacher le plus rapidement possible. Elle ne craint pas les bêtes, mais elle ne compte pas rencontrer de félin affamé dans l'immédiat.
Mais son geste ne se termine pas comme elle l'aurait souhaité.

Un hurlement lui est arraché, un mélange de surprise et de douleur, et elle ne peut pas s'empêcher de trébucher sur plusieurs racines. Il devait sûrement y avoir de mauvais esprits pour venir coller autant de racines fourbes dans une si petite parcelle de terre. Et ce dans l'unique but de la rendre ridicule, et d'en faire un repas prémâché. De toute manière, elle attire sûrement dès cet instant quelques prédateurs à l'odorat attentif. C'est donc par mesure de sécurité qu'Ojûn glisse une main incertaine dans sa poche, pour y empoigner sans l'en sortir, son couteau.

C'est quand elle s'aperçoit que ce qui la guettait n'était pas plus malin que le faisan rencontré plus tôt, qu'elle se rend compte que le Destin a vraiment un humour de mauvais goût.

"Je m'attendais à un fauve, et voilà que le Destin m'amène un grand singe."


Malgré les dents gardées serrées à cause de la douleur, Ojûn arrive à tout de même donner à ses paroles le ton d'une boutade, le tout accompagné d'un sourire crispé.

Maintenant qu'elle comprend la source de ses inquiétudes précédentes, elle se permet de revenir à ce qui lui taille les chairs au niveau du mollet. Un vieux piège à loup, rouillé, et oublié là dans les talus. Abrutis de chasseurs.

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Elfe
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MessageSujet: Re: [Quête] L'hiver vient (Ojûn)   Lun 3 Mar - 11:24

Quelles étranges rencontres j’étais amené à faire ces derniers temps. Avais-je été choisi pour quelque chose de particulier ? Dans mon esprit, les Dragnis étaient plus proches de la légende que de la réalité, mais j’avais déjà pourtant pu en rencontrer trois. Et cette fois-ci, il fallait que je retombe pour la quatrième fois sur la moins gracieuse d’entre eux. Les mouvements peu discrets dans les fourrés présageaient d’un gibier plutôt imposant, promettant un repas frugal pour le soir, mais je dus me préparer à ne rien manger d’autre que du cynisme.

« Je m'attendais à un fauve, et voilà que le Destin m'amène un grand singe. »

Combien y’avait-il de chances pour que je recroise le chemin d’Ojûn. Et surtout, dans ces conditions. Elle remuait les bras, apparemment coincée dans ce buisson. Peut-être que je pouvais la ramener au vieil homme, mais je doutais qu’il puisse être inspiré par l’aspect pâlot de cette femme et le peu de viande qu’il était possible d’en tirer. Et franchement, moi non plus.

« Et bien, il semblerait que nous ne vivions que pour nous retrouver. »

Je venais de ranger ma dague sur ma ceinture, et regagnais le sol en descendant branches par branches. M’approchant de ce que je pensais encore quelques instants plus tôt être mon repas, je remarquai le vieux piège rouillé qui lui tenaillait le mollet. Je n’étais donc pas le seul à faire preuve de malchance. Le métal édenté du piège s’était fermement renfermé dans les chairs de la pauvre Ojûn. Si nos retrouvailles m’amusaient et que la situation actuelle tendait à la rigolade, la blessure restait profonde. Mais je ne me doutais pas que cela importait peu ; les Dragnis sont résistants, et ce n’est pas une petite blessure ou une infection qui risquerait de les tuer.

« Aurais-tu besoin d’aide, par hasard ? »

Je tenais toujours le ton à la rigolade, mais le sang coulait abondamment le long de sa peau. Sans attendre de réponse de sa part, je m’agenouillai à côté du piège, réfléchissant à comment le désarmer. L’utilisation des outils tels que celui-ci pour attraper du gibier m’était étrangère. Il devait bien y avoir un mécanisme pour desserrer l’emprise, mais je ne tenais pas à y aller à l’aveuglette.

« Alors, je te laisse là ou bien j’essaie de t’aider ? D'un certain côté, à cause de toi, je risque de retourner les mains vides chez le vieil homme ... Tu n'es certainement pas assez appétissante pour finir dans la marmite de son feu. »

Je ne pouvais m’empêcher de répondre à son cynisme récurrent par des phrases dépourvues de sérieux. Après tout, nous avions déjà un passé commun, j’avais bien le droit de laisser de la place à un peu d’humour.

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Dragnis
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MessageSujet: Re: [Quête] L'hiver vient (Ojûn)   Mar 4 Mar - 20:14


Du sol, il parait encore plus grand que les dernières fois.
Vivre pour se retrouver ?

"Je savais bien que vous me trouveriez irrésistible, mais de là à me suivre à travers tout le pays..."

Les mots sortent sans en demander la permission, et quand elle s'en rend compte, la Dragnis préfère regarder ailleurs. Bien qu'elle se trouve finalement plutôt drôle. Pourtant, la situation ne devrait pas la faire rire, ou lui inspirer une once de comique.

Elle ne veut pas voir ses propres mains se rougir, alors son regard reste loin, perdu dans les feuillages. Si ses yeux se posaient sur elles, Ojûn pourrait les voir trembler et se crisper autour du mollet emprisonné. Du grand écervelé, elle n'entend que le son de sa chute, lorsqu'il décide de descendre de son perchoir, se la jouant homme des bois sauvages.

Le bruit de la lame attire son œil, un bref instant. Ce qui lui arrache un soupir qui s'habille d'un sourire. Une dague. Il croyait vraiment tomber de l'arbre, la dague en main, et attraper quoi que ce soit ? Des fois, on peut se demander s'il est réellement né elfe. Du coup, cela la fait rire, un peu, très discrètement. Pas longtemps, car sa jambe tire. Et une sensation désagréable de chaud et de froid en même temps contre son vêtement lui donne le vertige. Sa lèvre tremble, mais elle essaye de se contenir. Il est vrai que, le monde a connu des Dragnis plus courageux et plus braves.

Sa première blessure. Elle n'en a jamais eu auparavant, de si profonde. De l'aide ?
La prisonnière y réfléchis. Avec un ravalement de salive, elle souffle, et concentre son esprit pour ne pas qu'il flanche. Son attention se porte sur sa jambe, et elle constate les chairs déchirées que mordent les pointes métalliques. Elle se penche, son dos tire et fait crier sa cuisse, son genou. Elle tente de retenir un gémissement, sans succès. Tout lui brûle. Ses petites mains tentent d'ouvrir le piège, les doigts rouges. Ne pas flancher.

Bien. Rien ne bouge. Elle a donc besoin d'aide, c'est indéniable.

Elle rit encore, comme si elle était ivre, ivre de souffrance. Peut-être est-ce bien le seul moment, dans cette situation peu propice à cela, qu'Ojûn rit vraiment. Et en même temps elle couine sous la douleur que provoque les soubresauts.

"Un vieil homme ? Sa vie s'éteindra avant que tu puisses lui ramener quoi que ce soit, voyons. Appétissante ? Pourtant la viande Dragnis se fait rare !"

Un glissement hors de sa poche, et Bélize sort sa tête pointue. Il est inquiet. Il siffle, balance son corps brillant. L'os est broyé par les dents des puissantes mâchoires.

"Aide-moi...S'il te plait ?"

Oui, elle a besoin d'aide. Et elle n'a plus du tout envie de rire, ni de sourire, juste de pleurer, et de paniquer. La douleur la rend sourde, et le vertige lui tourne de plus en plus la tête. Mais ses doigts ne lâchent pas pour autant le traquenard. Sa voix est presque étouffée, et son regard humide.

Elle force, sans remarquer les écailles sur ses mains.

Ojûn se dit surtout qu'elle va mourir. Les Dragnis ne meurent pas facilement. Mais ne fallait-il pas qu'ils aient leurs pouvoirs pour ne pas succomber comme un fragile mortel ? Si le sang qu'elle perd ne la tue pas, la rouille peut-être, fera le travail. Aucune force, aucune résistance. Une enfant. Elle se sent pire que le nouveau-né. Elle repense à ses frères, et à ses sœurs. Ojûn n'est pas grand chose. Un tout petit rien. Un petit rien qui, si la vie s'en échappe, fera peut-être naitre au cœur de la Citadelle un nouvel être qui lui sera supérieur. Elle refuse.

"Aidemoiaidemoiaidemoi...Je ne veux pas mourir..."

Ses gestes sont inutiles, mais elle n'arrive pas à s'arrêter.

"Pardon pour ton nez, pour tes pièces, pardon, pardon, mais aide moi !"

Ses gestes sont agacés, frénétiques. Les pointes laissent sur les écailles des griffures, sans blesser les paumes fragiles.

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Elfe
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MessageSujet: Re: [Quête] L'hiver vient (Ojûn)   Mer 5 Mar - 9:33

Alors elle était donc vraiment l’une des Dragnis. La première fois qu’elle me l’avait dit, je n’y avais pas cru. Mais mes rencontres ultérieures, son affirmation et les écailles présentes sur le revers de ses mains témoignaient de sa vérité. Ceux que j’avais croisés faisaient sans aucun doute plus hommage à leur race, contrairement à Ojûn qui ne semblait cesser de varier entre colère, pitié et cynisme. Après tout, peut-être n’étaient-ils pas bien différents de nous, mise à part à part leur obsession du Destin.

« Aide-moi...S'il te plait ? »

J’avais du mal à croire que je l’avais entendu demander de l’aide. Non, j’avais probablement confondu avec d’autres mots, elle n’était pas du genre à s’abaisser à cela.

« Aidemoiaidemoiaidemoi...Je ne veux pas mourir... »

Finalement, je ne m’étais pas trompé. Elle me demandait … non, elle me suppliait de l’aider. C’en était presque amusant, voire grisant. Elle balançait de rire à pleurs, de gémissements à excuses. Je pourrais aller chercher le vieil homme pour l’aider à désarmer le piège et se libérer de son étreinte, mais la laisser seule et aussi bruyante au milieu de la forêt attirerait sans doute un prédateur affamé.

« Pardon pour ton nez, pour tes pièces, pardon, pardon, mais aide moi ! »

« Je pourrais bien remonter sur mon arbre et te laisser ici. Tu es un bien meilleur appât que des petits morceaux de viande sèche. Cela me permettrait de manger à ma faim ce soir … »

Bien entendu, je n’allais pas agir de la sorte. Mais je prenais un malin plaisir à me caresser le menton d’un air pensif, comme si j’hésitais. Une idée me trottait derrière la tête ; le métal édenté du piège permettrait de caler une lame entre les crocs, dans le cas où ma force seule suffirait à agrandir l’espace entre les deux plaques presque collées l’une à l’autre et ainsi libérer Ojûn. Je dégainai ma dague à nouveau et la lui donnai.

« Arrête un peu de bouger et concentre-toi. Je vais tenter de desserrer l’étreinte, et tu caleras le pommeau de la dague à la base pour te permettre de dégager ta jambe. Tu n’es pas bien grande ni épaisse, ça nous facilitera la tâche. »

Mes mains se frottèrent l’une contre l’autre alors que je me préparai à agir. Je m’assis sur le côté et plaçai mes doigts entre les pointes de métal du morceau gauche du piège. Le talon de mon pied droit alla quant à lui se placer contre l’autre partie. La plaque en acier présente sous ma botte éviterait les pointes de se planter dans ma chair. Une profonde inspiration et un regard inquiet vers la Dragnis, plus pour lui faire peur que par réelle inquiétude, et je me préparai à séparer le piège de sa chair.

« Évite de crier hein, je n’ai pas spécialement envie de me battre contre un ours qui aurait été attiré par tes gémissements. »

Un dernier instant pour rassembler ma force et je l’appliquai, serrant les dents. Cela fonctionna : l’espace entre les dents se fit de plus en plus grand, petit à petit. J’espérai qu’elle n’oublierait pas de placer la dague afin que je puisse lâcher prise après elle, sans voir mon pied broyé. Au fur et à mesure que le piège s’écartait, le sang coulait plus abondamment de ses mollets. Elle arrivait à garder son calme, maintenant les cris de douleur entre ses dents. Elle venait de dégager sa jambe hors de portée de l’objet dangereux, portant toute son attention à sa blessure. J’étais sûr qu’elle allait m’oublier …

« Hé … Dépêche-toi … de placer la dague … »

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Dragnis
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MessageSujet: Re: [Quête] L'hiver vient (Ojûn)   Mer 5 Mar - 18:15


Elle pince les lèvres, et voudrait gronder envers la bêtise de l'elfe, tout en sachant qu'il le fait sûrement exprès. Même dans cette situation douloureuse, il arrive tout de même à lui donner une irrésistible envie de le cogner avec ses petits poings. La souffrance devient trop aiguë pour qu'Ojûn puisse ouvrir les mâchoires et articuler une quelconque réplique cinglante. C'est donc un regard furieux et brillant qui est envoyé au chasseur en herbe.

Elle n'oubliera pas de se moquer plus tard en guise de représailles, de lui et de son petit couteau ridicule. Elle le fixe sauvagement, silencieuse, la mâchoire serrée, pendant qu'il s'amuse à faire le malin avec son petit menton ridicule. S'il essaye de se donner un air intelligent...Peut-être que son cerveau n'est pas aussi aéré qu'il en a l'air. Ojûn sursaute un peu, mais empoigne tout de même la dague tendue vers elle. Que peut-il avoir derrière la tête ? Qu'elle se coupe la jambe et voilà, problème réglé ?

Toujours en serrant les dents, bouche close et le front humide, elle fixe celui qui lui explique une manœuvre tordue. Il n'est en aucun cas un bon professeur. Mais comme la jeune Dragnis n'arrive pas à sortir le moindre son, elle se contente de le laisser faire. Tout en pensant très fort qu'elle lui calerait bien la dague ailleurs, à ce nigaud. Ce qui lui arrache un vague sourire crispé, parce qu'elle commence doucement à prendre goût à la moquerie, même quand elle n'est que dans ses pensées.

Ojûn hoche la tête, et attend la démonstration de force que Nufhaj compte lui faire. Et elle espère bien qu'il sera impressionnant, parce que sa jambe va en dépendre.  Elle le laisse faire.

Mais le regard que lui lance avant d'ouvrir le piège ne la rassure pas en ce qui concerne les capacités de l'elfe. Elle espère que c'est juste une simple démonstration de sa bêtise, et non pas un témoignage de son inutilité. Déjà qu'il ne sait pas chasser...

L'idée de l'ours ne l'effraie pas. Elle se demande toujours si cet homme est réellement un elfe. Ou juste un humain qui s'est collé des oreilles en bois. Mais elle n'a pas le temps de continuer ses pensées, un peu floues et délirantes, sur la question des ursidés, qu'une violente pointe brûlante vient lui arracher un cri vite étouffé.  Comme dans un sursaut, le sang reprend sa fuite, au rythme des battements de son cœur. Une main plaquée sur la bouche pour éviter de crier, elle essaye de se concentrer sur autre chose. Ojûn sait qu'elle doit vite retirer sa jambe, et entourer les plaies pour que l'hémorragie se stoppe. Sans attendre que le piège soit ouvert, la Dragnis se tourne déjà dans tous les sens pour en extraire son membre saignant. Le cri que lui arrache la pointe assassine n'est pas retenu.

Elle ne remarque toujours pas ses mains sur lesquelles il ne reste que quelques traces de peau. Les feuilles s'arrachent sous ses contorsions, et c'est soufflant qu'elle retire son manteau pour le nouer le plus fort possible autour de la plaie. La demoiselle ne veut même pas regarder le mélange de chair déchirée et de tissu, le tout englué dans le sang qui commence déjà à s'assombrir à certains endroits. Le cuir de sa botte est sombre, tâché. Elle est presque sûre de sentir à l'intérieur le liquide chaud.

La sueur l'inonde. Elle a très envie de fermer les yeux, et d'attendre là. Attendre quoi ? Aucune idée. Ses yeux s'en fichent, et son esprit aussi. Il n'a qu'une envie : se déconnecter de ce corps souffrant pour aller se blottir loin de la réalité.

Mais Ojûn s'accroche, retour à la réalité. Elle se concentre sur la voix de Nufhaj. Ah oui, la dague. Ses doigts l'ont presque lâché. Déglutissant, la vision flouée par une fièvre proche, elle rampe, et traine derrière elle le craquement des branchages. Elle s'aide même de la dague, lourdement planté dans la terre meuble, pour tirer son corps blessé jusqu'au traquenard qui pourrait se refermer sur Nufhaj. Pourquoi ne pas simplement le lâcher tout en retirant son pied rapidement ? Peu importe.

Un dernier râle, et son bras arrive avec beaucoup d'efforts à se lever, pour que la lame puisse se ficher dans le sol. Coincée entre deux pointes, la dague peut à présent faire son office.

Son bras retombe mollement sur le sol. La drôle de sensation que lui procure ses doigts attire son regard.

"...Merci..."

A côté de son visage, Bélize siffle, se glisse jusqu'à elle, s'enroule autour de sa nuque humide. Son souffle rauque se perd dans les feuilles mortes du sol. Les lèvres sèches, elle observe ses propres écailles. Si ses pouvoirs se décident à rester assez de temps en elle, elle guérirait vite. Du moins elle l'espère. Mais cette bonne nouvelle est accompagnée d'une ombre qui l'inquiète bien plus que la blessure.

"Regarde...Tu vois, toi qui ne me croyais pas..."

Sa voix n'est qu'un souffle. Le mouvement de ses doigts fait danser des reflets émeraudes.

Elle ne peut pas rester allongée là. Dans ses pensées brumeuses, quelque chose de clair et précis la tient en éveil, et l'oblige à pousser sur ses deux bras pour se redresser, non sans lui arracher une autre plainte. Pas besoin d'être spécialiste pour savoir que ses propres os, broyés, lui piquent les chairs. Elle redoute le moment où elle va devoir retirer le manteau ensanglanté, et nettoyer la plaie en retirant les éclats blancs. Elle ne pense même pas en être capable. Et ne sait pas jusqu'où Nufhaj est prêt à aller pour l'aider. Il ne lui doit rien, il peut tout aussi bien tourner le dos et s'éloigner, retourner faire son homme des bois au milieu des branches hautes.

"Je ne dois pas rester. Si mes pouvoirs me soignent un peu, ils informent également les miens...Peut-être sont-ils déjà au courant..."

Peut-être que personne ne sait. Elle l'espère. Le but n'est pas d'être sauvée d'un bête piège oublié et rouillé, pour se faire mettre à mort par un Dragnis juste après. Ou peut-être que la faute qu'elle pense avoir commise n'est en réalité qu'un acte fortuit et sans conséquences. Mais l'idée lui semble bien irréelle. Quelque chose, au fond, lui dit qu'elle a péché et que cela ne restera pas bien longtemps impuni.
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Elfe
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MessageSujet: Re: [Quête] L'hiver vient (Ojûn)   Jeu 6 Mar - 9:40

J’avais du mal à comprendre ce qui la tourmentait. Elle était tirée d’affaires et n’avait qu’à se laisser soigner par ses pouvoirs, même si elle ne semblait pas convaincue que ceux-là suffiraient à la remettre sur pieds. Peut-être était-ce le fait de m’avoir remercié qui la préoccupait. Non, je n’avais pas décelé de cynisme dans sa voix, étonnamment. Il ne restait qu’une chose ; les siens étaient informés de sa blessure. Et alors, où était le problème ? Au contraire, elle aurait du s’en réjouir, non ?

« Et bien tant mieux dans ce cas. Reste ici et attend que tes pouvoirs te soignent, ou bien que tes semblables arrivent. Il y’en a d’ailleurs une qui n’est pas bien loin. »

Les Dragnis étaient censés être si peu nombreux, si rares, et pourtant j’en avais déjà rencontrés trois au cours de ces derniers mois. Certes, ils étaient différents les uns des autres. Presque totalement, même. Peut-être même que bientôt, j’allais éventuellement avoir l'occasion de monter un dragon et voyager jusqu’à la fameuse Citadelle. Cette idée m’arracha un sourire ; comme si c’était possible. Et puis, j’avais bien d’autres soucis à régler avant de pouvoir me plonger librement dans des songes si grotesques.

L’anxiété se lisait très clairement sur les traits fins de son visage pâle. Je n’étais immanquablement pas au courant de la situation, et sa blessure ne se soignerait pas en quelques minutes, comme j’espérais le voir. Allais-je donc l’aider à nouveau ? Cela faisait maintenant bien longtemps que j’avais payé ma dette envers elle, et plus d’une fois. Et puis, j’allais revenir bredouille de ma chasse, cela ne conforterait pas le vieil homme à nous aider. Pourtant, je pris cette décision.


« Allez, c’est parti. »

Je m’étais relevé et avais rattrapé la marche lente et boiteuse d’Ojûn. L’un de mes bras l’entoura par la taille et je la soulevai pour la porter sur mon épaule, sans trop de difficulté d’ailleurs. Et d’un autre côté, j’étais ravi d’avoir à porter une plume plutôt que du lourd gibier. Elle avait émis un râle lorsque son abdomen se posa contre mon épaule. Sa tête penchait dans mon dos, tandis que ses jambes et son postérieur s’agitaient devant moi. Je lui donnai une claque sur les fesses en rigolant.

« Cesse donc de remuer ton popotin, on n’est pas très loin. »

Nous avancions, ou plutôt j’avançais, à travers les feuillages de la forêt. La lisière était proche, mais la densité de la verdure laissait croire que nous nous trouvions au centre des bois. La forêt obscure s’avérait dangereuse pour ceux qui n’y avaient pas mis les pieds auparavant, tant par les créatures la peuplant que par le labyrinthe qu’elle pouvait devenir.

Heureusement, j’y avais grandi. Je ne tardai donc pas à retrouver les sentiers la bordant et la chaumière du vieil homme. J’entrai à l’intérieur, mais rien à part le silence ne s’y trouvait. Les bûches assombries par le feu crépitaient, la marmite dégageait une chaleur bouillante, mais personne n’était là. Sans doute le couple s’était absenté pour quelque raison, Detrok quant à lui n’avait pas bougé de l’endroit où il patientait depuis mon arrivée. Je déposai Ojûn sur la table, j’avais presque oublié sa présence tant son poids s’apparentait à celui d’une plume.


« Je vais faire le tour de la propriété, voir si je peux trouver quelqu’un. »

Depuis le pas de la porte, j’observais l’horizon qui s’assombrissait. Le soleil allait bientôt se coucher pour laisser place à la lueur blanchâtre de la Lune. Un calme inquiétant, seul le vent et les oiseaux sifflaient. Mon regard se posa sur le griffon, puis je me dirigeai vers lui. Mes mains se portèrent jusqu’à son cou où j’allais le caresser. Je lui demandai ce qu’il avait bien pu voir, sans pour autant attendre de réponse, bien évidemment. J’appréciais parler à voix haute en sa présence, comme si je tentais de lui exprimer mes pensées.

« Qu’est-ce qu’il s’est passé ici ? »

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Dragnis
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MessageSujet: Re: [Quête] L'hiver vient (Ojûn)   Jeu 6 Mar - 23:48

Le souvenir reste brumeux. Elle se souvient avoir parlé, de ses pouvoirs, des siens. Un vague retour à ce moment lui fait croire que Nufhaj n'a pas compris de quoi elle parle. Comment pourrait-il comprendre ?

Elle reprend pleinement conscience lorsqu'une douleur aiguë lui vrille le crâne. Ses yeux s'ouvrent sur les herbes hautes qui défilent. La tête en bas ? Voilà donc qui explique cette désagréable sensation au niveau du ventre : c'est l'épaule de l'elfe qui s'enfonce et lui coupe le souffle. Ojûn aurait bien voulu ne pas se faire porter comme un vulgaire sac de pommes de terre, surtout par lui. Quitte à se faire trimballer, elle imaginait plutôt que ce soit d'une façon plus élégante. Ce Nufhaj n'est qu'un rustre sans manières. Mais la demoiselle n'est pas vraiment en état de protester contre quoi que ce soit. Puis elle se rend compte de ce qui la soudainement sortie de sa torpeur. Ce qui lui secoue sèchement le corps. Ses fesses...

"L'elfe ! Tu as osé..."

Elle n'en revient pas qu'il ai pu oser une telle chose. Elle grogne, grommelle quelques mots, des insultes sûrement, les joues rouges.

"Tu as de la chance que je sois dans cet état..."

Sa confusion mêlée à la surprise la rend d'humeur moins cinglante. Elle aurait pu trouver quelque chose de plus piquant, mais les seules idées qui lui sont venues étaient ridicules. Lui couper les parties génitales, c'est surfait comme vengeance.
Et puis, c'était quoi ce vocabulaire ridicule. Popotin. Cet elfe n'a visiblement pas hérité de la grâce et de la poésie propre à son espèce.

Silencieuse, elle se laisse porter. Quelque chose dont elle n'arrive pas à se souvenir l'occupe. Elle a l'impression d'avoir manqué quelque chose d'important, mais quoi...

Ses idées troubles sont interrompues quand elle est posée dans la chaumière vide. Cela non sans qu'elle proteste et agite ses bras en s'agrippant à son galant chevalier, craignant d'être jetée sans aucune délicatesse.

"Doucement, doucement !"

Laissée là, au milieu de cet endroit inconnu. Elle soupire, encore. Et fixe sa jambe, puis ses mains. Les écailles brillent, et rendent ses doigts pointus, comme les longues griffes des dragons. Au moins, la douleur a été atténuée. Mais aussi forts sont les pouvoirs dragnis, il est hors de question de laisser la plaie s'engluer dans le vieux tissu sale du manteau.

C'est en serrant les dents, les bras un peu tremblant car elle craint ce qu'elle va trouver, qu'Ojûn dénoue le manteau pour le jeter au sol. L'odeur métallique lui donne la nausée. Une inspiration profonde, et elle se décide. La dague à sa ceinture lui sert à déchirer le pantalon. Elle retire les morceaux imbibés de sang un à un. Cela non sans lui arracher quelques cris étouffés, car le sang coagulé rend la chose plus ardue. La plaie est béante, gonflée par le muscle déchiré et parsemé de tâches blanches inquiétantes. Profondément dégoûtée, mais résignée, sans se poser de questions, Ojûn lève la jambe blessée pour aller clopiner dans la petite pièce, à la recherche de quelque chose d'utile. Quel heureux hasard de trouver l'eau qui boue dans le vieux chaudron. Elle trouve un draps, qu'elle déchire rapidement en deux. Le premier morceau va être plongé dans l'eau bouillante, et nettoiera la plaie. Le deuxième servira à bander la plaie, une fois qu'elle aura trouvé de quoi jouer à l'apprentie brodeuse. Une fois les mauvais instants passés, elle est plutôt fière d'elle. Les points sont inégaux, et parfois les nœuds un peu étranges, mais ça va vite s'arranger. Certes, l'envie de vomir lui a plusieurs fois secoué l'estomac.

C'est en s'appuyant sur les murs, et les barrières, qu'elle rejoint, en boitant celui qui s'amuse à causer tout seul. Du moins c'est ce qu'elle croit, jusqu'à ce qu'elle aperçoit le plumage soyeux de la bête.

"Il est beau."

Mais elle n'ose pas trop s'en approcher. Elle n'en a jamais vu d'aussi près, les seuls qu'elle a bien pu apercevoir se trouvaient dans les cieux, ou trop loin d'elle pour qu'elle puisse distinguer la tête de l'animal avec autant de précision.

"Il a l'oeil plus vif que toi."

Elle aussi se demande où sont passés ceux qui ont laissé leur chaumière vide.

"Tu as dis quelque chose, je crois, dans la forêt, mais j'ai oublié..."

C'est en formulant la demande que lui reviennent les paroles du Pourpre.
On peut presque lever les yeux au ciel. Mais au fond, l'elfe est ignorant des us et coutumes dragnis. Mais les dernières paroles font l'effet d'un électrochoc à la demoiselle.

" Tu as bien dis ...Une autre...Comme moi ?!"

Ojûn ne sait pas si il dit la vérité, ou si il est stupide pour confondre Dragnis et un banal hybride lézard. Elle l'espère vraiment, mais en doute.

"Où ? Comment as-tu fait pour croiser un autre Dragnis ?!"

Qui cela pouvait être ? Elle se demandait si c'était un des jeunes envoyés à la Quête, ou bien...Pire.

"Comment était-elle ?"

C'était une question un peu stupide. C'est à peine si elle se souvenait de Telabeth et il avait fallu croiser son regard pour que lui revienne en mémoire l'identité de son frère Dragnis.

Ojûn essaye de se redresser, prise de panique. Pas déjà, pas encore. Elle n'est pas prête à fuir les siens, ni à accepter la faute qu'elle a potentiellement faite.

"Ils ne doivent surtout pas me trouver...Surtout pas..."

Ses mots se perdent dans son souffle saccadé. Au fond, Ojûn n'aurait aucune certitude concernant son cas qu'une fois en face d'un des siens, près à en finir. Ce qui ne lui plaisait pas beaucoup.
La petite blessée se frotte les yeux, préoccupée.

"Il y a..Des choses, compliquées. Et il est possible...Que je sois, disons...Tuée par les miens."

Ojûn ne comptait pas lui expliquer en long et en large les Lois, sa faute, et tout ce qui suit. La brise du soir lui fait du bien, et apporte un peu de fraicheur à ses joues. Au fond, ce n'est pas vraiment les affaires de Nufhaj. Elle se débrouillerait. Aussi, préfère t-elle changer de sujet, et s'occuper d'un problème plus immédiat.

"Tu n'as trouvé personne ici je suppose...?"

C'est comme si les occupants avaient fuit quelque chose. Les Dragnis ne chassent que les siens. La possibilité que l'un des siens soit déjà là est donc exclue. Une bête, tel un ours ? Il faudrait vraiment être stupide comme Nufhaj pour fuir sa propre maison et aller courir dans les bois face à l'arrivée d'un ours. Et puis, le griffon ne semble pas avoir été surpris par de quelconques évènements tel que l'arrivée d'un prédateur.

Les criquets crissent, eux aussi insouciants. Mais ils sont vite interrompus par un rugissement profond, encore lointain.




"Oh."

Voilà donc qui explique la fuite des deux habitants. Leur chaumière implantée dans la petite prairie est une cible facile pour un dragon, il n'a pas à craindre d'abîmer ses ailes dans un tel espace. Et ils sont assez intelligents pour reconnaitre une habitation pouvant potentiellement contenir un repas facile.

Le griffon fait claquer son bec. Il n'apprécie pas le rugissement venu des cieux, malgré son écho encore lointain.Le silence enveloppe les bois, il a fait taire la forêt. Les criquets devenus muets se cachent dans les herbes hautes.

"On devrait se mettre sous un arbre. Ne laisse pas ton griffon là. Il va l'attirer."


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MessageSujet: Re: [Quête] L'hiver vient (Ojûn)   Ven 7 Mar - 9:54

Mes doigts continuaient à glisser entre les plumes de Detrok. Mes yeux quant à eux, scrutaient les alentours, à la recherche d’une âme qui vive, autre qu’Ojûn. Malgré les piaillements des oiseaux, les crépitements du feu et les gémissements de la Dragnis, un silence inquiétant s’était installé autour de la chaumière. L’absence de vieux couple était définitivement anormale. Je me préparai à rentrer à l’intérieur afin de prévenir la boiteuse qu’il nous fallait quitter l’endroit. Nous. Jusqu’où allais-je donc aller pour l’aider ? Rien ne m’y tenait, et j’avais des affaires importantes à régler.

« Il est beau. Il a l’œil plus vif que toi. »

Sa voix avait récupéré une part de sérénité et sa jambe une apparence moins horrifiante. Elle s’était traînée jusqu’au pas de la porte, ses pieds posés sur les deux marches qui nous séparaient. Nous étions à la même hauteur, cela devait la changer.

« Encore heureux, c’est un griffon. »

Un tas de questions fusèrent, sans même me laisser le temps de réfléchir. Le temps que l’une soit posée, la seconde talonnait déjà la précédente. Si ma rencontre avec l’un des siens semblait l’étonner, je faisais bien de garder secret ma rencontre avec un troisième. Mais pourquoi était-elle aussi paniquée, pourquoi voudraient-ils la tuer ? Beaucoup de choses m’échappaient, et il nous fallait déguerpir d’ici.

« Nous parlerons de tes collègues plus tard. Il n’y a effectivement plus personne ici, il se passe quelque chose d’étrange. Nous ferions mieux de nous remettre en route. »

Un court rugissement résonna dans les airs assombris du crépuscule. Un dragon, encore … Je n’étais pas encore rentré au Bastion qu’il fallait que l’une de ces bêtes se présente à nouveau aux alentours. Je n’avais jamais eu peur de ces monstres ailés, mais depuis l’affrontement dans la montagne, je préférais éviter d’avoir à en recroiser pour un temps. Detrok poussait quelques bruits qui restaient sourds à travers sa gueule, pendant que ses ailes s’agitaient.

« On devrait se mettre sous un arbre. Ne laisse pas ton griffon là. Il va l'attirer. »

Se mettre sous un arbre, bien sûr. Nous pourrions également nous déguiser en dragon pour qu’il passe son chemin ? De toute manière, il était trop tard. A quelques mètres de la maison, il s’était posé et nous avait barré la route vers la forêt. Tandis que Detrok écartait les ailes, se voulant intimidant, j’observai attentivement le dragon. Étonnamment, il ne semblait pas nous prêter plus d’attention que cela. Dans sa gueule, sa patte avant était occupée à expulser quelque chose coincé entre ses crocs. Sitôt l’encombrant tombé au sol, la bête reprit son envol.

Même pas un regard, on aurait dit qu’il s’était posé là par hasard. Le griffon aussi semblait perplexe, la tête penchée sur le côté, le regard vers les cieux. Alors que je m’approchai en observant le dragon regagner le ciel en direction des montagnes, je crus reconnaître ce qui lui obstruait la gueule.


« On dirait un morceau du vieil homme … »

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[Quête] L'hiver vient (Ojûn)

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