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 Même quand on frappe aux portes de la mort, on fait de bonnes rencontres[PV Adma]

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Dragnis
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MessageSujet: Même quand on frappe aux portes de la mort, on fait de bonnes rencontres[PV Adma]   Sam 11 Jan - 17:39



Cela faisait plusieurs minutes à présent que je m'étais écroulé au sol, mal en point. Depuis trois jours déjà, j'avais traîné sur les routes des terres eldoriennes  mon corps fourbu, gravement blessé à la suite d'une rencontre soudaine et fâcheuse avec quelques bêtes sauvages dont le nom m'était tout bonnement inconnu.

Elles avaient bien failli faire de moi leur dîner et je ne devais mon salut qu'à ma téléportation qui m'avait permis de fuir leurs griffes acérées. Enfin, mon salut... c'était vite dit. Les blessures qu'elles m'avaient infligées au thorax  et au bras gauche n'étaient pas belles à voir et semblaient peu encline à cicatriser. Je les avais pansé et bandé du mieux que je pouvais mais n'ayant que peu d'expérience dans ce domaine, j'en avais rapidement déduit qu'il valait mieux pour moi rejoindre la ville la plus proche pour trouver un guérisseur. Malheureusement, mon état n'avait fait qu'empirer d'heure en heure, sapant peu à peu mes dernières forces. Je ne savais pas par quelle miracle j'avais ainsi pu tenir ces trois derniers jours, mais je soupçonnais ma constitution de Dragnis d'y avoir jouer un rôle certain.

A l'aube du troisième jour cependant, mes pansement étaient gorgés de mon propre sang. Je n'avais osé imaginer quelle quantité de mon essence vitale j'avais pu perdre jusqu'à présent. Et je désirais encore moins changer les bandages, de peur d'accentuer mon hémorragie. Non, j'avais choisi de continuer ma route, tentant de faire fi de la douleur qui me lançait dans la poitrine et le bras. Mon corps n'était mû que par la seule force de ma volonté. Je tint ainsi durant une demi-journée avant que finalement, même cette soif de vivre qui m'animait ne suffise plus à faire bouger mon corps. J'avais senti mes jambes fléchir sous mon poids sans que je puisse réagir, tombant lourdement à genoux avant de poursuivre ma chute. J'étais resté un long moment ainsi,  face contre terre, tentant du mieux que je pouvais de respirer malgré la douleur que cela propageait dans ma poitrine. Toutefois, rester sur le ventre appuyait sur mes plaies, accentuant la douleur qu'elles propageaient dans mon corps. Aussi avais-je décidé de me mettre sur le dos, ce que je fis au prix d'un effort qui m'avait paru surhumain.

Et voilà où j'en étais, allongé à quelques pas de cette route situé au milieu de nulle part, agonisant dans mon propre sang. Mes yeux contemplaient le vaste ciel bleu qui me surplombait avec son soleil qui, indifférent à mon supplice, avait continuer sa course jusqu'à son zénith. Lentement, je dressai mon bras encore valide et étirai mes doigts couleur ossement vers cette lumière lointaine, tentant de capter un peu de sa chaleur. Selim sauta alors sur ma poitrine et s'y coucha, comme désireux de me réchauffer du mieux qu'il pouvait. Sa loyauté dans un tel moment m'émus et laissant ma main retomber, je la déposa doucement sur le menu corbeau.

Je repensais à la Citadelle et ses occupants que j'avais laissé derrière moi et que je n'aurai plus l'heur de revoir, à mon Âme-Sœur qui par ma stupidité allait mourir sans jamais m'avoir rencontrer. Des souvenirs remontèrent comme à chaque fois qu'il m'arrivait de penser à eux. Je ressassai aussi les visions parcellaires de mon propre avenir, conscient qu'une bonne partie de celles-ci ne s'étaient pas réalisées alors que j'approchais à grand pas de l'heure de ma mort. Cela souleva alors une question dans mon esprit. Comment m'était-il possible de mourir ici et maintenant alors que ces visions ne s'étaient jamais concrétiser? J'étais dans l'incapacité de trouver une réponse acceptable et tandis que je tournais et retournais le problème dans ma tête, mon esprit finit par sombrer.

Un bruit lointain parvint à atteindre mon esprit embourbé dans l'inconscience. Il tendait à se répéter tout en se rapprochant. Bien que toujours un peu comateux, je fini par reconnaître de quoi il s'agissait. Ce bruit n'était rien de plus que le croassement strident de Selim. Émergeant finalement de mon évanouissement, je fus aussitôt accueilli par la douleur intense de mes blessures accentuée par les mouvements saccadés du corbeau blotti contre l'une d'elle. J'ouvris difficilement les yeux et tentai d’apercevoir ce qui agitait Selim. Malheureusement, ma vue était troublée et j'étais qui plus est légèrement aveuglé par la lumière du jour qui déclinait. Du peu que je vis, des gens semblaient venir dans notre direction. Voilà qui mettait fin à mes interrogations sur mes visions irréalisées... Je fus alors saisi de l'envie de rire, mais seul un son rauque réussit à s'échapper de ma gorge.

Les facéties du Destin... Vas-t'en Selim, nous nous retrouverons plus tard car il semblerait que mon heure ne soit pas encore venue.

Ce fut les seules paroles que je parvins à murmurer. Libérant le corbeau de l'emprise de ma main, je l'observai s'envoler à tire d'aile avant de retomber dans les affres de l'inconscience.

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Dernière édition par Asmaël Valdhrim le Dim 16 Fév - 21:46, édité 1 fois
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Adma
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MessageSujet: Re: Même quand on frappe aux portes de la mort, on fait de bonnes rencontres[PV Adma]   Dim 12 Jan - 18:36

Certains Maîtres avaient des goûts étranges. Bien entendu, ce n'était pas à elle de donner son avis sur ce genre de sujets. Tout ce qu'on lui avait jamais demandé était de satisfaire ceux qui ne possédaient pas de femme à même d'accomplir de menus travaux. La vie de Domestique, en définitive, n'était pas tout à fait aussi pénible que certains semblaient le croire. Elle appréciait la propriété campagnarde qui lui permettait de ne pas passer trop de temps en intérieur. Son Maître était un petit Noble aux mains baladeuses aimant les tenues proches du corps et laissant peu de place à l'imagination. Chacun ses vices, bien sûr. Mais il la nourrissait, ne la battait pas, et la laissait sortir aussi souvent qu'elle le souhaitait, tant qu'elle aidait aux cuisines, cousait et nettoyait vêtements, sols, meubles et vitres.

Ce jour-là, elle avait été en train de tricoter, tranquillement, dans le jardin, vêtue d'une robe blanche et dorée abondamment ajourée. Les Marchands étaient arrivés, avaient forcé la jeune Hybride à déposer ses aiguilles, et avaient fermé autour de son cou un licol de cuir tressé. Elle n'avait pas protesté, n'avait pas posé de questions, malgré sa surprise. Elle n'avait commis aucune faute. Avait exécuté ses tâches avec diligence, sans un mot plus haut que l'autre, avec obéissance. N'avait pas véritablement bronché quand elle avait dû pénétrer dans la case sombre et fermée qui accueillait les Esclaves de bât pour soigner l'un d'entre eux, en secret. Cependant, elle n'avait pas non plus mentionné leur projet de saboter sa calèche. Sa bouche forma un "O" silencieux. Peut-être le Maître était-il mort, et ses enfants avaient-ils décidés de la vendre pour récupérer leur dû.

Bon gré mal gré, elle pénétra dans la roulotte dans laquelle elle devrait effectuer le voyage, entendant la chaîne ornée de clochettes enroulée autour de ses cornes tinter doucement. Elle était seule, pour l'instant. Personne à qui parler, personne pour la distraire de ces murs qui se refermaient autour d'elle lentement, lentement mais sûrement. Un cri la sortit de son marasme, et elle sentit le véhicule s'arrêter, se jetant dehors autant que le lien à son cou le lui permettait. Puis on vint la chercher. Ce marchand-ci, au moins, avait été informé de ses capacités. Elle était terriblement effrayée par l'utilisation qu'ils pourraient faire d'elle. Mais elle suivit le garde sans broncher, lorsqu'il l'amena jusqu'à une autre roulotte, bien plus luxueuse, percée de larges ouvertures fermées par des rideaux colorés.

Il détacha sa laisse, avant de fermer le rideau principale, l'isolant dans la large pièce presque vide. Elle examina les parois, sentant les différentes herbes qu'elle ne connaissait pas. En revanche, elle ressentit l'humidité d'une bassine d'eau chaude, et vit les bandages blancs du coin de l’œil. Inspirant profondément, elle fut submergée par la senteur métallique, cuivrée, chaude et un peu écœurante, du sang. Et enfin, la silhouette dénudée qu'ils avaient allongée sur un matelas de tissu épais. Elle peinait à distinguer les coulures rouges  par lesquelles s'échappait le fluide vital de ce qui serait probablement son patient. S'il survivait.

Elle retira à tâtons les bandelettes gorgées de sang, parcourant les blessures du doigt, les voyant difficilement, noyées qu'elles étaient dans le carmin jaillissant. Son torse, son bras. Elle inspira profondément, puis expira, se plongeant dans une sorte de transe, alors que ses mains se posaient sur la peau trop blanche. Elle se sentit trembler, sous la douleur qui naquit de son diapason forcé. C'était probablement tout aussi douloureux pour lui, car elle ne soignait pas comme d'autres. Elle ne faisait que forcer un processus naturel qui normalement ne se serait pas fait, ou n'aurait pas eu le temps de se mettre en place. Son esprit luttait, tentait de s'enfuir loin de ces brûlures, de cette fatigue, de cet engourdissement qui la gagnait alors qu'elle atteignait ses limites. Mais elle ne s'interrompit pas, fronçant ses sourcils laineux d'un blond trop clair, fermant ses yeux dorés fendus à l'horizontal, s'obstinant comme seuls les animaux stupides savaient le faire.

Jusqu'à ce qu'elle sente que l'ordre naturel avait été rétabli, et qu'elle ne s'écroule sur le plancher dans un bruit sourd, ses cornes marquant le bois en un tintement défait. Il fallait qu'elle se reprenne, elle le savait, car il aurait du mal à bouger, à parler. Il aurait soif, et faim, pour compenser la perte de sang. Mais elle n'y parvint pas, et finit simplement par sombrer dans un sommeil instable.

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Dragnis
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MessageSujet: Re: Même quand on frappe aux portes de la mort, on fait de bonnes rencontres[PV Adma]   Lun 13 Jan - 22:14

Depuis que j'avais libéré Selim, je n'avais réussi à reprendre conscience que quelques fois et ce sans pour autant être pleinement éveillé. C'est dans un étrange demi-coma que je percevais ce qui m'entourais. A chaque fois que j'émergeais, je ne savais combien de temps s'était écoulé entre chacune de mes absences. Ainsi, la première fois où je repris conscience, se fut lorsque l'on me transporta à bord de ce qui m'avait paru être une roulotte. Toutefois, je perdis connaissance un peu après avoir été déposé sur un matelas de tissus.

Je fut ensuite réveillé par les soubresauts de la roulotte causés par quelques déformations de la chaussée. A chaque fois que l'on rencontrait un nid de poule ou autre, le choc se répercutait en moi et me donnait l'impression que l'on me plantait des aiguilles dans le corps. J'entendis aussi des voix étouffées par les parois de la caravane. Il devait vraisemblablement s'agir des gens qui m'avait secouru mais dans mon état, il m'était impossible de me concentrer sur ce qu'ils disaient. Finalement, l'épuisement eu raison de moi et ce fut à nouveau les ténèbres.

Encore une fois, je me réveillai allongé sur le matelas de la caravane. Elle se trouvait apparemment à l'arrêt et une petite brise salvatrice, qui avait eu la bonne idée de se faufiler par une des fenêtres,  m'environnait. Je la saluai car elle atténuait quelque peu mes tourments et, malgré la fatigue dont j'étais victime, je me forçai à ouvrir les yeux. Ma vision était floue et j'eus beaucoup de mal à m'adapter à la pénombre qui régnait  dans la pièce où je me trouvais. Un rapide tour d'horizon me permis de repérer mes effets personnels déposés dans un coin et une bassine d'eau accompagnée de bandages propres sur la petite table à côté de son matelas. Je n'eus pas le temps de pousser plus loin mon investigation car le rideau qui faisait office de porte s'écarta soudainement, emplissant l'espace d'un instant  de violente clarté. L'exposition à une lumière aussi vive réveilla aussitôt mes maux de tête et je m’évanouis de plus belle.

Cette fois, ce fut une vive et terrible douleur qui parvint à atteindre mon esprit encore inconscient. Une étrange sensation se répandait dans mon corps, se focalisant tout particulièrement aux niveaux de mes plaies. Je n'avais jamais ressenti ce qu'il m'arrivait à présent, c'était comme si mes chairs étaient doué de vie propre et bougeaient à leur guise. Ouvrant brusquement les yeux, il me sembla distingué à travers l'étrange brouillard qui voilait ma vue une jeune hybride penchée sur moi. Suivant ses deux mains posées sur ma poitrine, je scrutai désespérément mes plaies et me rendit alors compte qu'elles se refermaient d'elles-mêmes. Je n'étais pas en état de réfléchir mais je sus d'instinct qu'une magie devait être à l’œuvre. Je reportai mon attention sur l'hybride et fut aussitôt captivé par son visage, tordue par une expression tourmentée. Quelque chose me disait qu'elle partageait la souffrance qui m'assaillait en ce moment même, j'étais prêt à le parier.

Je fus cependant arraché à ma contemplation, par une nouvelle vague de douleur plus forte que les précédente. Tout mon corps en était crispé à l'extrême. Je voulais hurler, mais j'en étais incapable. J'aurais voulu fuir cette maudite roulotte, mais j'étais aussi inerte qu'une souche d'arbre. Mon corps était devenu ma propre prison et le seul droit que l'on mit laissait était celui de souffrir encore et encore.

Toutefois, je sentis l’œuvre de la magie arriver à son terme de même que mon tourment. Pour la première fois depuis plusieurs jours, je ne ressentait plus aucune souffrance tant physique que morale. Certes, la fatigue, elle, était toujours présente mais ce n'était pas ce qui me préoccupait le plus. Non, ce qui retenait toute mon attention, était la jeune hybride qui venait tout juste de s'effondrer au sol. J'esquissai un mouvement du bras dans sa direction, mais je n'arrivais tout juste qu'à lever mon bras de quelques centimètres. J'essayai alors de parler mais ma gorge étais si sèche qu'aucun son en sortit. Encore trop faible, il fallait s'en douter... N'ayant aucune autre alternative, je pris mon mal en patience et attendis que la jeune femme reprenne ses esprits.

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Adma
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MessageSujet: Re: Même quand on frappe aux portes de la mort, on fait de bonnes rencontres[PV Adma]   Mar 14 Jan - 0:01

Comme il était étrange que les rêves qui la prenaient après chacune de ses guérisons soient ceux des pires moments de sa courte existence. Jamais ses instants les plus glorieux, ceux où elle avait rassemblé le courage de se défendre, ou même de simplement rester en place pour ne pas mettre en péril une autre personne. Non, encore et toujours, elle se voyait forcée d'assister, impuissante, à la chute de son Maître, à la mort de cet homme qu'elle avait chéri plus qu'elle ne l'aurait dû, parce qu'il l'avait sauvée. Parce qu'il avait su la toucher et la considérer comme un être à part entière, également. Ce qui l'avait transportée, et l'avait effrayée tout à la fois. Elle n'était pas faite pour diriger, pas même sa propre vie. Elle avait été élevée parmi les Esclaves, pour devenir une Esclave. Et contrairement aux Hybrides prédateurs, elle n'avait pas de notion de territoire, ou propriété aussi envahissant. Elle acceptait d'être manipulée, comme elle acceptait que rien ne lui appartienne, ou qu'elle ne comprenne pas tout ce dont on lui parlait. Elle était Esclave, et elle était fière de bien faire ce pour quoi elle était née.

Mais dans ce cauchemar sans fin, elle ne pouvait que revoir le corps du fier guerrier tomber, encore et encore, alors qu'elle lui tournait le dos et s'enfuyait pour se cacher dans une grotte, dont les murs, peu à peu, se refermaient sur elle jusqu'à l'écraser, lui comprimant la poitrine et le bras. Ce furent la douleur et la sensation de plus en plus envahissante d'étouffement qui la sortirent, enfin, de sa torpeur. Elle se releva précipitamment dans un tintement de clochettes qui lui parut assourdissant, le souffle court, tentant d'oublier ce qu'elle venait de voir en se concentrant sur son environnement immédiat.

Rien de plus facile. La spécialité des Esclaves, et la sienne en particulier était d'oublier tout ce qui pouvait fâcher pour accomplir au mieux la tâche qui lui avait été confiée. Et en l'occurrence, s'occuper d'un patient, si sa mémoire n'était pas aussi défaillante qu'elle voulait parfois bien le faire croire. Elle ferma fort les paupières, s'étira, inspira profondément l'odeur encore bien trop présente de sang, malgré qu'il fût désormais éventé et séché, et entreprit de ramener en silence la bassine d'eau encore chaude auprès de l'homme. Avant de s'installer à son côté, malgré ses membres un peu gourds et les doigts froids des fantômes qui s'accrochaient encore à elle, elle écarta légèrement les petits rideaux qui fermaient les ouvertures de la roulotte, laissant un air frais pénétrer entre les murs de bois.

Quelques inspirations plus tard, son angoisse et son sentiment d'enfermement s'étaient apaisés, et elle vint s'agenouiller à côté de lui, prenant cette fois le temps de l'examiner vraiment tout en le lavant à l'aide d'une éponge humide qui colora rapidement l'eau en rose. Sa peau lui paraissait trop pâle, presque diaphane. Elle avait l'impression qu'elle aurait pu voir toutes ses veines au travers. Mais il n'avait pas l'air fragile, malgré sa peau de porcelaine. Il était musclé, et l'épée déposée dans un coin laissait à penser qu'il s'agissait d'un guerrier. Elle étouffa un bâillement en lavant son visage avec une serviette imbibée d'eau froide, qui attendait dans une seconde cuvette.

Elle suivit des doigts, à travers le tissu, les traits humanoïdes et indéniablement masculins, alors qu'un sourire effleurait ses lèvres. Cela faisait bien longtemps qu'elle n'avait pas eu l'occasion d'assister à la toilette d'une personne aussi calme. Un éclat de rire fit tomber la serviette, qui écarta opportunément les cheveux de l'homme, dévoilant une corne osseuse. Ses yeux s'écarquillèrent, et la panique la prit quand elle entendit des pas approcher de leur antre de guérisseur improvisée.

Elle réarrangea les cheveux à la va-vite, et se redressa, manquant retomber sur ses genoux, la tête brumeuse, prise de vertiges. Elle s'appuya sur la paroi, secoua la tête en un nouveau concert de tintements, lissa sa robe ajourée, et s'empara de la bassine pleine d'eau salie pour se donner une contenance, tentant de ne pas en renverser sur le trajet. Ses jambes tremblaient encore. Elle n'avait pas fait ça depuis longtemps et avait oublié que c'était si épuisant. Elle jeta l'eau en un large mouvement circulaire dès qu'elle eut franchi le rideau, ayant pour effet de faire reculer précipitamment le garde venu prendre des nouvelles du blessé.

Il venait avec de l'eau, une outre de vin et des vivres, qu'elle s'empressa de prendre, avant de lui dire que l'homme avait encore besoin de repos. Il prit le temps de la détailler du regard, mais elle ne baissa pas les yeux. Elle ne se souvenait que trop bien de ce qu'elle portait. La robe était celle d'une Esclave faite pour le plaisir des yeux, presque une tenue de danseuse. Elle se soumit à son jugement appréciateur sans broncher, puis retourna à l'intérieur alors qu'ils reprenaient la route. Il ne restait plus qu'à savoir ce qu'elle pourrait bien faire de ce mystérieux homme cornu...

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Dragnis
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MessageSujet: Re: Même quand on frappe aux portes de la mort, on fait de bonnes rencontres[PV Adma]   Mer 15 Jan - 14:25

Je m'attendais à devoir répondre à quelques questions de la part des mes sauveurs, mais il n'en fut rien. Dès que la jeune hybride se fut remise de son évanouissement, elle se contenta de laver mon corps souillé par le sang à l'aide d'éponges et d'eau chaude. Trop faible pour refuser, je me laissai donc faire, aussi docile qu'une poupée de chiffons entre ses mains.

Tandis qu'elle commençait à m'éponger le visage, un sourire s'ébaucha sur son visage qui, à ma grande surprise, ne tarda pas à se changer en rire spontané. La serviette tomba au sol, non sans frôler au passage mes cheveux. Son regard changea alors du tout au tout, passant d'une expression de joie, à de la surprise puis de la peur panique quand des pas se firent entendre. Elle avait vue une de mes cornes, il fallait sans douter. J'avais déjà eu un peu de chance qu'elle ne s'attaque pas à mon dos, car elle aurait aussi remarqué mes écailles blanches. Quoiqu'il en soit, elle n'en dit pas un mot, arrangeant simplement ma coiffure et se dirigeant vers la porte, bassine à la main.

Pendant une bonne minute, la jeune hybride quitta mon champ de vision. Je perçus une partie de leur conversation où il était surtout question de mon état de santé. Étonnement, la jeune femme s’abstint de parler de mes cornes. J'en restai quelque peu perplexe, mais je me dit assez rapidement qu'elle ne cherchait peut-être pas à m'attirer des ennuis.

Quand elle franchit de nouveau le rideau, ces bras étaient chargés de plus de choses qu'à sa sortie. J'avisai la nourriture et l'outre qu'elle transportais et pour la première fois depuis les derniers jours, je pris conscience de la faim et la soif qui me tenaillait. La jeune femme s'en était certainement rendue compte car elle ne tarda pas à m'apporter à boire. Elle approcha l'outre de mes lèvres et j'acceptai sans réfléchir de boire son contenu. Le liquide, du vin s'y je ne me fourvoyait pas, coula aussitôt le long de ma gorge sèche. Les premières gorgées m'arrachèrent une quinte de tout, due à la sensation de brûlure que j'éprouvais. Je n'étais pas très adepte de ce genre de boissons alcoolisées, mais il fallait avouer qu'après plusieurs gorgées de ce breuvage, je me sentais quelques peu ragaillardi et la soif qui me tenaillait depuis deux jours semblait s'être apaisée pour le moment.

A peine avais-je finis de boire, que déjà elle me tendit des fines tranches de viandes séchées que j'acceptais volontiers malgré les difficultés que j'eus à déglutir. Après quelques bouchées supplémentaire, je fus finalement repus. Posant mes yeux azurées sur la jeune hybride, je pris une profonde respiration avant de prononcer quelques remerciements à son égard.

Je vous remercie pour tout ces bienfaits, mademoiselle. Sans votre secours, il y aurait fort à parier que je serais en train de nourrir les charognes qui peuplent la région. Sachez que pour cela vous avez toute ma gratitude.

J'étais étonné d'entendre enfin ma voix habituelle, douce et cristalline, et non l'étrange grondement rauque qui l'avait remplacé ces-derniers jours. Je sorti rapidement de ma rêverie et voulu engager la conversation. Après un petit temps de réflexion, je choisit d'assouvir ma curiosité sur un point, aussi décidai-je de lui poser ma question. Ce fut un murmure qui s'échappa de mes lèvres, suffisamment audible pour qu'elle soit la seule à l'entendre.

Pourquoi n'avez-vous rien dit au sujet de mes cornes à la personne qui s'approchait de la caravane?

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Adma
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MessageSujet: Re: Même quand on frappe aux portes de la mort, on fait de bonnes rencontres[PV Adma]   Mer 15 Jan - 15:32

Satisfaction. Le sentiment étrange qui s'était emparé d'elle en le voyant boire et manger, même si elle avait dû lui tendre tous les aliments. Mais si son corps acceptait tout cela, c'est qu'il se remettait, petit à petit. Probablement beaucoup plus rapidement que si elle n'avait pas été là, bien sûr, car il avait été gravement blessé. Mais son sang se reconstituerait peu à peu et la fatigue disparaîtrait également, comme l'engourdissement. Comme sa migraine, ses vertiges, ou la douleur fantôme dans son bras et dans sa poitrine. Elle pressa distraitement les endroits incriminés en se rongeant de curiosité. Elle aurait aimé savoir ce qui avait bien pu l'amocher à ce point. Pas des humanoïdes, elle en était presque sure. Mais elle n'était pas spécialiste, et elle avait été très proche de sa limite, ses pensées étaient encore brumeuses.

Elle était en train de déterminer comment s'asseoir convenablement avec cette robe quand il lui parla. Elle ne le fixait pas des yeux, mais perdait peu de détails. Il avait les yeux aussi clair que le ciel des montagnes. C'était un peu nostalgique. Et incohérent. Elle ne passait vraiment pas droit. Normalement, elle dormait des jours après une telle utilisation de sa magie personnelle. Elle avait l'impression d'agir au ralenti, comme en décalé. Elle finit par s'installer sur le plancher de la roulotte, qui reprenait doucement son chemin cahotant, le dos droit, les cuisses reposant sur ses mollets nus. Puis elle se laissa doucement glisser sur le côté avec un bâillement, jusqu'à ce que son épaule repose contre un meuble cloué au sol. Elle était forcée de tourner la tête dans un angle un peu inconfortable, mais peu importait.

Sa voix douce était un peu pâteuse, un peu lente, moins cristalline que d'ordinaire, lorsqu'elle finit par lui répondre avec un sourire un peu vague. Elle ne comprenait pas, elle s'en était bien sorti avec le garde. Mais elle avait paniqué à ce moment-là. Alors qu'ici, elle se sentait en confiance, étrangement. Cela dit, si elle avait eu l'envie d'y réfléchir, elle aurait compris qu'elle était ainsi avec la plupart des guerriers.

"Ce n'est pas moi qu'il faut remercier, vous savez. Tout est propriété du Maître de la Caravane. Je n'ai fait que..."

Elle eut un vague geste de la main dans sa direction générale alors qu'elle papillotait des yeux. Elle secoua à nouveau la tête, avant de se pencher pour attraper l'outre d'eau, qu'elle porta à ses lèvres, avant de se rappeler qu'elle n'était pas pour elle. Elle fronça très légèrement ses sourcils trop blonds et but malgré tout, avant de la lui proposer. Elle se concentra sur le chemin du liquide froid dans sa gorge, se sentit un peu plus éveillée.

Ses oreilles mobiles se tournèrent vers l'inconnu alors qu'il recommençait à parler, et que la roulotte sautait un obstacle qui la fit particulièrement remuer. Les cornes de l'Hybride tapèrent une fois, puis deux, dans le meuble, et avec un soupir, elle se pencha, les avant-bras croisés sur le sol, et le menton posé dessus, les clochettes tintant doucement de le remous.

Elle semblait plongée dans ses réflexions, jaugeant du regard le mystérieux homme. Puis elle prit visiblement une décision et souffla:

"Je n'ai rien dit parce que je n'avais aucune raison de le faire. Et que je ne sais pas ce que vous êtes. Si vous êtes un Hybride en fuite, je ne veux pas le savoir, et je refuse de les laisser vous remettre aux autorités ou vous tuer. Même si vous aviez l'air en bonne voie pour ça."

Une once de colère dans son regard. Elle n'aimait pas voir des gens blessés. C'était arrivé trop souvent, sans raison valable. Parfois devant ses yeux. Parfois sans qu'elle puisse y faire quelque chose. Parfois parce qu'elle avait refusé de faire quoi que ce fut. Le sang noir était un rappel constant de sa lâcheté et de sa faiblesse. Pas particulièrement ce qu'elle préférait. Elle soupira et changea de sujet, sa voix à nouveau claire et audible:

"Vous avez encore mal? Autre chose que de la fatigue et du tiraillement, je veux dire. Les deux sont normaux, et plutôt de ma faute, j'admets. Et je ne sais pas comment il est arrivé là, mais vous avez des plaques... de sang? Probablement, dans les cheveux et certainement dans le dos, aussi."

Il n'y avait pas des milliers de façon de lui dire qu'elle allait devoir le relever et le retourner pour le laver, sauf s'il parvenait miraculeusement à le faire lui-même, mais elle hésitait étrangement. Cet homme avait véritablement quelque chose d'intrigant, en définitive...

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Dragnis
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MessageSujet: Re: Même quand on frappe aux portes de la mort, on fait de bonnes rencontres[PV Adma]   Jeu 16 Jan - 17:52

De la modestie, telle avait été sa réaction lorsque j'avais prononcé mes remerciements. C'était une qualité fort appréciable, mais je n’arrivais pas à déterminer si cela était due à son caractère propre ou simplement à sa condition d'esclave. Certains d'entre eux étaient rabaissés par leurs maîtres au point de n'avoir que peu d'estime d'eux-mêmes et développait une forme de modestie.

Je l'observai distraitement lorsqu'elle entreprit de boire de l'eau. Mon regard avait été attiré par son froncement de sourcils. Je abstins de commentaires, n'ayant jamais trop su comment réagir face aux hybrides asservis, et refusai poliment l'outre d'eau quand elle me la proposa.

Puis vint le moment où elle répondit à ma question et je ne pu contenir l'éclat de rire involontaire que sa réponse entraîna. Elle avait raison. J'avais bien failli réussi à mourir sans son intervention, mais la manière dont elle avait exposé cela provoqua mon hilarité. Je dus attendre de mettre un peu calmer avant de lui répondre.

Rassurez-vous je ne suis pas en fuite. Pour ne rien vous cacher, je ne suis pas un hybride non plus... Mais je penses que vous vous en doutez.

Posant mon regard sur la jeune femme, je ne pu m'empêcher de lire dans son visage et d'entendre dans sa voix, une certaine fatigue.

N'hésitez surtout pas à vous servir des vivres aussi, demoiselle. Vous aussi semblez avoir besoin de reprendre des forces.

A peine mes paroles avaient-elles quittées mes lèvres, j'en éprouvai le regret de les avoir prononcées. J'espérais ne pas avoir offensé en aucune manière ma bienfaitrice, car il n'en était pas mon intention. Je savais cependant que certains hybrides pouvaient réagir très mal pour de banales paroles, considérant qu'on les rabaissait. Un sourire amical se peignit sur mon visage dans le but de lui faire comprendre que j'étais sincère.

Les quelques instants suivants ne furent perturber que par les clochettes de la jeune hybride, sonnant au rythme des cahotements de la roulotte qui avait depuis un bon moment repris la route. Elle finit toutefois par reprendre la parole et me demanda si je me sentais mal de quelques façon que ce soit. Je me contentai d'un hochement de tête pour lui assurer que j'allais mieux ce qui était la pure vérité. Certes la fatigue restait présente mais du reste je me sentais assez bien.

Continuant de l'écouter, elle m'indiqua que certaines parties de mon corps étaient encore entachés de sang. Allons, bon... Il n'était pas difficile de deviner où elle voulait en venir. Ma toilette avait été simplement mis en pause et elle voulait s'y atteler à nouveau... Je fus l'espace d'un instant pris d'un doute. Devais-je la prévenir ou non de ce qu'elle verrait sur mon dos? Finalement, je choisis de me taire, préférant observer sa réaction. Je m'appuyai donc sur le matelas à deux mains, et entrepris de me redresser malgré le peu de force qui parcourait mes bras. Quand ce fut fait, je lui tournai mon dos, exposant les écailles blanches qui en recouvrait la majeure partie.

Avez-vous une idée plus précise de ce que je suis à présent, mademoiselle?

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Adma
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MessageSujet: Re: Même quand on frappe aux portes de la mort, on fait de bonnes rencontres[PV Adma]   Jeu 16 Jan - 22:27

Le rire n'était pas exactement la réaction à laquelle elle était la plus habituée. A ce qu'on s'énerve contre elle, oui. A ce qu'on la frappe, éventuellement. A ce qu'on l'ignore, régulièrement. A ce qu'on comprenne mal ce qu'elle dit, aussi. Elle avait bien sûr été quelque peu énervée, sans aucun doute. Mais certainement aussi avec une pointe d'humour. De curiosité également. Mais pour cela, elle devrait attendre, de toute évidence. On lui avait maintes et maintes fois répété de ne pas poser de questions.

Une vague tension la quitta. Il n'était pas en fuite. Elle n'aurait donc pas à trop louvoyer avec le Maître de la Caravane. Ce qui ne signifiait pas pour autant qu'elle savait ce qu'il était, même s'il semblait penser que si. C'était toujours un peu vexant, quand les gens la prenaient pour plus intelligente qu'elle n'était. L'inverse était fréquent et même attendu, mais ça... Mais au moins, il la traitait décemment, malgré son statut d'Esclave. Ce qui lui permit de le regarder innocemment et de lui faire par de la raison la plus stupide qu'elle put trouver. Avec une pointe d'espièglerie, elle se dit qu'il l'avait bien cherché.

"Bien entendu que vous n'êtes pas un Hybride. Même ceux qui sont très éloignés de leur animal ne sont jamais aussi beaux."

C'était au moins sincère, à défaut d'être cohérent. Parce que, très honnêtement, il y avait de magnifiques Hybrides, qu'ils soient proches ou non de leur animal. Mais c'était tout autre chose, ici... Elle fut sortie de ses réflexions par la suite des remarques et elle fixa ses yeux dorés dans les siens. Elle le voyait moins bien, mais la surprise était un réflexe conditionné. Elle ne fit rien pendant un long moment, puis répondit finalement à son sourire, et apporta jusqu'à elle un bol de fruits secs qu'elle commença à grignoter. Après en avoir prit une bouchée et avoir commencé à la mâchonner, elle ouvrit la main et la tendit vers lui, les amandes et les noix roulant dans sa paume.

"Vous en voulez?"

Installée confortablement, elle se dit que ce n'était pas une bonne idée qu'il l'appelle "demoiselle". Elle ne l'était pas. Ne l'avait jamais été. Et n'avait aucune envie de l'être. Elle laissa échapper un petit soupir avant de lui affirmer, d'un ton plaisant:

"Adma, pas "demoiselle", je vous prie. C'est bien plus confortable pour moi..."

Elle continua ensuite à grignoter et boire de l'eau fraîche, sentant la brume se dissiper peu à peu dans son esprit. A moitié allongée sur le sol de la roulotte, bercée par le tintement et les cahots, elle se sentait peu à peu dériver vers des souvenirs de ses montagnes, ceux qui la rassérénaient toujours lorsqu'elle était un peu troublée. Elle fut presque surprise lorsqu'il se releva. Elle fit de même, quelque peu impressionnée qu'il parvienne déjà à bouger, et ramena la seconde bassine à ses côtés, une serviette à la main. C'est à ce moment-là qu'il se retourna et qu'elle vit les écailles qui recouvraient la majeure partie de son dos.

Elle laissa échapper un petit "O" admiratif et ne put s'empêcher de faire courir ses doigts sur la surface souple et pourtant relativement rigide. Elle était si fascinée qu'elle n'entendit qu'à peine sa question. Elle passa la main du bas vers le haut, les tapota du bout de l'ongle, se demandant si c'était douloureux ou non. Elle finit par se rendre compte de ce qu'elle faisait et s'interrompit, un peu confuse. Elle se reprit avec un raclement de gorge et commença effectivement à nettoyer les taches sombres sur son dos, puis dans ses cheveux, avant de finalement lui répondre avec un soupir un peu défait.

"En réalité, je n'en ai aucune idée. Si vous n'êtes pas un Hybride, et certainement pas un Humain ou un Elfe... Je ne vois pas ce que vous pourriez être. Des écailles et... et des cornes. Je dirais bien un Dragon... Mais des Dragons humanoïdes, ça n'existe pas. En somme, vous êtes un mystère pour moi, Guerrier Solitaire."

Elle haussa les épaules et continua à retirer délicatement les plaques de sang séché dans ses cheveux en essayant de réfléchir à une réponse plus satisfaisante à sa question. Mais non, définitivement, elle ne voyait pas...

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MessageSujet: Re: Même quand on frappe aux portes de la mort, on fait de bonnes rencontres[PV Adma]   Sam 18 Jan - 21:13

J'avais remercié la jeune hybride lorsqu'elle m'avait proposé quelques fruits secs, et j'en piochai quelques uns dans le creux de sa main avant de les porter à mes lèvres. Leur douce saveur sucrée s’immisça dans mon organisme, me rendant quelques forces. Quelques instants plus tard, sa voix s'éleva à nouveau. Apparemment, ma façon de l'appeler demoiselle l'a gênait et elle préférait que je l'appelle par son prénom.

Enchanté de faire votre connaissance, Adma... bien que notre rencontre ne se soit pas fait dans les meilleures conditions, je l'avoue. Quoiqu'il en soit, puisque vous vous êtes présentée, laissez-moi en faire de même. Asmaël Valdhrim, mais vous pouvez m'appeler Asmaël, cela suffit amplement.

Pendant qu'elle continuait de se restaurer, je fermai les yeux. Bercé par le cahot de la roulotte, je pus tirer profit de ces quelques minutes de repos revigorantes. L'air frais et apaisant qui parfois s'infiltrait dans la caravane était le bienvenue tant il contribuait à la sérénité ambiante qui avait envahit la pièce. Moi-même, j'avais du mal a croire qu'il n'y avait pas encore une  heure, j'étais à l'agonie.

Vint le moment où il fallut nettoyer le reste du sang encore présent sur mon corps. Quand je lui présentai mon dos après lui avoir demandé si elle savait ce que j'étais, je l'entendis pousser une exclamation et se redresser. Je sursautai légèrement lorsque sa main se posa sur mes écailles. Je sentis ses doigts courir lentement sur mon dos, rebroussant légèrement mes écailles sur leur passage. La sensation était assez étrange. Comme si l'espace d'un instant, je me sentais vulnérable. Après avoir tapoté l'une des écailles du doigt, Adma finit toutefois par cesser son examen et alors qu'elle reprenait une éponge imbibé d'eau, elle répondit à ma précédente question.

Sa réponse était étonnante. Un mystère? Oui, c'est vrai. Aux yeux de ceux d'En-bas, nous autres Dragnis sommes des êtres sibyllins. Nous ne nous mêlons jamais longtemps aux autres peuples. Rare sont les miens  qui arpentent en ce moment même le monde, d'ailleurs . Hormis, mes frères et sœurs eux aussi en quête de leur Âme-Sœur, tout les autres vivent reclus dans la Citadelle. Autant dire que cela ne contribue pas à nous populariser.

Les derniers mots d'Adma me firent tiquer. Guerrier Solitaire. Voilà un qualificatif auquel je ne m'attendais pas du tout. Je n'avais jamais eu l'impression de dégager la moindre aura de force et de ténacité que j'avais pu ressentir en croisant d'autres mercenaires plus aguerris. Je me gardai cependant de faire un commentaire et réfléchit à sa réponse, tandis qu'elle entreprenait de retirer le sang coagulé de mes cheveux.

Une idée intéressante que vous avez là... Certes, elle est un peu fantaisiste mais cela ne la rend pas moins attrayante. Qui plus est vous ne vous êtes pas trompée en associant mon peuple aux dragons.

Je me questionnais toujours si je devais ou non, lui dire ce que j'étais. Après quelques réflexions, je me rendis compte que n’éprouvais aucun ressentiment à le lui dire. Aussi, après un profonde inspiration, je me lançai.

Un Dragnis... Voilà ce que je suis, Adma.

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MessageSujet: Re: Même quand on frappe aux portes de la mort, on fait de bonnes rencontres[PV Adma]   Ven 31 Jan - 22:29

Les énigmes. Même son nom en était une. Cette lame, ces vêtements de qualité, ce discours poli, ce nom, ces cornes... Rien ne semblait s'imbriquer. Elle n'avait jamais aimé les devinettes. Elle pensait droit, pas dans des circonvolutions, des labyrinthes dans lesquels il aurait fallu que son esprit se perde pour parvenir à les résoudre. En définitive, une impression forte que l'on se moquait d'elle, de son éducation limitée et de son absence de connaissances et de compréhension.

Cependant, elle n'avait pas en elle ce qu'il fallait pour s'énerver, pour faire valoir ses droits, pour simplement signifier qu'elle aurait préféré qu'il ne la fasse pas attendre. D'un autre côté, elle se fit la réflexion qu'il était peut-être quelque chose dont il ne pouvait pas parler. Ou alors, membre d'une organisation qu'il ne pouvait évoquer. Peut-être était-il un membre de la fameuse Pie Écarlate. Elle avait entendu de nombreuses rumeurs à leur sujet, de la part de ses Maîtres, qui les abhorraient, et d'autres Esclaves, qui contemplaient la possibilité de devenir des Hors-la-loi avec envie.

Un frisson la saisissait toujours à cette perspective. La simple idée d'être libre, de devoir décider pour elle-même, de devoir fuir, sans cesse, les autorités, d'être confronté à la nécessité de tuer, pour se défendre, pour survivre. Des souvenirs de meurtre, d'escarmouches, de tenues maculées, des rivières sombres coulant sur son visage, sur son corps... Non, décidément, elle n'aimait pas cette idée.

Elle poursuivit sa chasse aux taches sombres dans les fins cheveux blonds. Les genoux plantés fermement sur le plancher de la roulette, elle voyait le sommet de son crâne, sentait les cornes sous ses doigts. Elle s'interrompit lorsqu'il recommença à parler. Il n'y avait personne d'autre à qui il aurait pu s'adresser. Ses paroles lui étaient donc destinées. Une idée fantaisiste? Elle fronça les sourcils, un peu blessée. Il lui avait demandé son opinion, elle l'avait donné, et désormais... Elle fut un peu rassérénée quand il lui confirma qu'elle n'était pas si éloignée de la vérité en le rapprochant des dragons.

Elle acheva donc sa tâche, avant de finalement lui sécher les cheveux et le dos, et elle de l'aider à se rallonger. Elle ne réagit tout d'abord pas à sa révélation, parce qu'elle ne comprit pas qu'il s'agissait de cela. Dragnis, Dragnis... Non, ça non plus, ça ne lui disait rien. Elle s'assit à nouveau et fixa ses pupilles dorées, fendues à l'horizontal. Elle haussa les épaules, les clochettes tintinnabulant doucement, s'occupant les mains en déplaçant les assiettes, les bols, et les gourdes. Sa voix était curieuse quand elle finit par répondre:

"C'est une Guilde? Un employeur? Je me demandais comment vous vous étiez retrouvé dans cet état, mais si vous travaillez pour des hors-la-loi, ce serait effectivement plausible. En revanche, je vous voyais plus comme un combattant solitaire. Vu que vous aviez été laissé pour mort ou presque sur le bord de la route."

Elle piocha à nouveau dans les fruits secs avant de reprendre d'une voix plus basse:

"Vous avez eu de la chance que le Maître de la Caravane ne décide pas de garder votre lame pour paiement des services rendus. Les miens, bien sûr, mais je suis une denrée en transit. Vous devriez songer rapidement à une histoire pour vous sortir d'ici sans un collier autour du cou, ou un aller simple assuré pour les geôles les plus proches, Asmaël. Après tout, je ne voudrais pas voir mes efforts gâchés..."

Ce n'était pas tout à fait son sentiment à l'instant. Il n'avait pas l'air d'être une mauvaise personne, même si ses instincts animaux lui disaient qu'il était plus dangereux qu'il en avait l'air. Mais l'apparence ne faisait pas tout, elle en était consciente...

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MessageSujet: Re: Même quand on frappe aux portes de la mort, on fait de bonnes rencontres[PV Adma]   Lun 3 Fév - 19:42

Encore une fois, je fus étonné de son ignorance. Ou plutôt de son innocence. Je pensais qu'elle avait entendue parler de ma race au moins une fois, tant le mystère qui l'entourait l'avait rendue légendaire. Pour autant, je n'en fus pas pour le moins dérangé. Au contraire, j'éprouvais un étrange soulagement. Son regard n'allait pas changé et elle continuerait à rester la même avec moi.

Ce n'est pas une guilde, Adma. C'est ce que je suis. Au même titre que vous êtes une hybride, je suis un dragnis. Quand à savoir ce qui m'a mit dans cette état... Ce n'était ni plus, ni moins qu'une horde de créatures qui m'étaient totalement inconnues et qui me sont tombées dessus sans prévenir. Leur assaut fut violent et quoique je ne parvins à leur échapper que d'extrême justesse, cela ne ce fit non sans dommage comme vous l'avez constaté. Vous pouvez donc vous rasséréner, je ne traite pas avec les bandits.

Mes dernières paroles se voulaient rassurantes. Nul besoin qu'elle s'imagine des choses erronées à mon sujet, d'autant plus que je n'avais pas spécialement de raisons de lui cacher la vérité. Quand elle reprit la parole dans un murmure presque inaudible, je lui accordai aussitôt toute mon attention. Parler à voix basse ne signifiait qu'une chose, on ne tenait pas à être entendu par des oreilles indiscrètes. Ce qu'elle me dit amena son lot de réflexions...

En effet, il aurait pu. Mais j'en aurais été profondément offensé. J'attache une valeur sentimentale à ce sabre. Il me permet de me rappeler d'où je viens et pourquoi je foule ces terres. Toutefois, il aurait mieux valu pour lui qu'il s'en saisisse car, pour ne rien vous cacher, ma bourse est plutôt vide ces-derniers temps et ce sabre est sûrement la chose qui a le plus de valeur parmi mes maigres possessions.

Je réfléchis un moment à la façon dont elle avait décrit la personne à qui je devait la vie ainsi que de sa propre description. Je n'avais pas immédiatement compris ce que cela sous-entendait.

Le Maître de la Caravane... C'est un marchand d'esclave, n'est-ce pas?

Ma question était purement rhétorique. Le ton avec lequel elle avait prononcé ce titre était suffisant pour me faire à cette idée. De plus, sa vision de mon avenir n'était pas vraiment agréable, finir esclave ou emprisonné... Aucune de ses deux perspectives ne m'enchantait. Si les quelques années que j'avais passé à errer dans les territoires des hommes m'avait appris quelque chose sur moi-même c'était bien que j'aspirais à vivre aussi libre qu'il m'était permis.

Qu'il essaye donc de me passer un collier au cou! En ce monde, mes mouvements sont d'ores et déjà réduit par de chaînes bien plus lourdes et contraignantes que celles que pourraient représenter l'esclavage. Aussi, je ne compte aucunement permettre à cette homme de me voler le peu de liberté que je possède encore.

De nouveau, je me tus. Ce que j'avais dit n'était qu'une fanfaronnade. Depuis qu'Adma s'était occupé de mes blessures, j'avais senti mes forces revenir peu à peu, mais étais-je réellement en mesure de tenir tête aux homme du convoi? Je n'en étais pas sûr. La meilleure solution qu'il me restait était donc de m’éclipser subrepticement. Il me fallait simplement attendre le bon moment. Avec un peu de chance, je pourrais même user de ma magie pour distancer qu'elle peu mes éventuels poursuivant... Désireux dans savoir plus sur le Maître de la Caravane et sur notre mystérieuse destination, je décidai d'interroger Adma.

Adma... Que savez-vous du Maître de la Caravane exactement? Sauriez-vous par exemple qu'elle est notre destination?

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MessageSujet: Re: Même quand on frappe aux portes de la mort, on fait de bonnes rencontres[PV Adma]   Jeu 6 Fév - 16:32

Une race? Les Dragnis étaient donc une race, au même titre que les Hybrides? Et ils possédaient un lien avec les dragons? Voilà qui était étrange. Elle n'en avait jamais entendu parler, mais la façon dont lui l'avait dit semblait montrer qu'elle aurait savoir ce dont il était question. Quelques instants, elle eut la tentation de se justifier, d'expliquer qu'elle n'était qu'une jeune esclave, que ses Maîtres avaient principalement vécu dans les Montagnes, ou à la campagne, nullement dans les grandes villes où elle aurait peut-être pu croiser les siens. Et c'était probablement le comportement qu'elle aurait adopté avec son propriétaire, ou un Marchand. Elle avait appris de la manière forte que ce n'était jamais bon de les décevoir.

Cependant, d'une façon étrange, l'homme... Asmaël, la mettait à l'aise. Comme s'il ne sa jugeait pas parce qu'elle était Esclave, qu'il ne la pensait ni stupide ni inutile en raison de sa condition. Elle décida donc, consciemment, de le traiter comme s'il était... Non, comme si elle était une personne libre est indépendante, ne prenant d'ordre que de son propre esprit. Comme elle avait eu loisir de le faire, à une époque lointaine. Une ébauche de sourire étira ses lèvres. Elle était si vieille que cela lui semblait avoir été une éternité plus tôt. Deux ans, ce n'était rien, surtout quand on n'en compte moins d'une vingtaine.

Elle hocha la tête dans une cascade de tintements, à la fois pour chasser la remarque sur son ignorance, pour accepter son explication sur la horde de bêtes et pour prendre en compte le changement de sujet. Elle ignorait s'il disait cela pour la rassurer ou s'il avait véritablement été attaqué par des animaux. Ce n'était pas exactement son problème, et elle n'avait jamais été très douée pour distinguer la vérité du mensonge chez les autres.

Lorsqu'il l'évoqua, elle fixa son regard sur le sabre. Difficile à distinguer, parce qu'immobile. Dans certains moments de rêveries, elle se demandait comment les autres voyaient, pour vouloir toujours fixer de face, et avoir qualifié le sombre de rouge. On lui avait expliqué que c'était une couleur en soi, avec ses propres nuances. Elle avait répondu que le sombre avait des degrés également. Mais cela n'aidait pas particulièrement, et ne convainquait pas grand-monde.

Elle mâchonna distraitement le reste de fruits secs en songeant à ce qu'il avait dit. Peut-être, peut-être qu'elle... Elle reporta son attention sur lui alors qu'il reprenait la parole, ses oreilles mobiles se tournant dans sa direction. C'était une question délicieusement naïve. Elle révisa son jugement. Peut-être ses Maîtres n'avaient-ils pas été suffisamment isolés, plutôt que l'inverse. Elle lui sourit, avant de répondre, finalement:

"Oui, c'est un Marchand d'Esclaves. Mon Maître est mort et ses enfants n'avaient pas envie de garder un poids mort. Je ne fais pas de travaux de force, je suis... Domestique."

Elle haussa une épaule, comme si cela expliquait tout. Elle ne servait pas foncièrement à grand-chose. Elle faisait le ménage, la cuisine, le service, les travaux d'aiguille et les lessives. Elle était relativement satisfaite de cette existence, même si elle avait apprécié d'être "écuyer" pendant le temps que cela avait duré. Elle fut sortie, à nouveau, de sa réflexion par les paroles du guerrier. Virulentes, cette fois. Elle n'était pas certaine qu'il fut en état. Elle savait ce que cela demandait d'être soigné de cette façon. Comme si l'on avait trop tiré sur son corps, chaque articulation comme rouillée, chaque membre comme trop lourd, l'esprit pâteux, sans force. Comme ces étranges poissons ronds et transparents, gluants, avec plein de longues pattes sans pied qu'elle avait vu une fois.

Quelques secondes, elle se demanda ce qui pouvait bien être plus contraignant que l'esclavage. Ne pas s'appartenir, ne pas pouvoir décider de son propre futur, se soumettre à une entité supérieure à soi... Oh, elle sentait qu'elle tenait une idée, là... Un Religieux? Asmaël suivait-il l'enseignement de quelconques Esprits à qui il devait obéissance? Elle allait poser la question, sa curiosité flambant haut, mais il la prit de court en lui demandant quelque chose à son tour. Elle ne put s'empêcher de laisser échapper un petit rire avant de boire une gorgée d'eau.

Les Esclaves sont rarement mis dans ce genre de confidence, vous savez. Mais nous nous dirigeons vers une grande ville du Territoire, pour pouvoir nous vendre, les autres et moi. Quand au Maître Caravanier, c'est la première fois que je fais un trajet avec lui. Je n'ai pu que l'apercevoir, jusque-là. Mais..."

Elle baissa les yeux, triturant entre ses longs doigts fins le bas de la robe fine et ajourée qu'elle portait encore. Elle ouvrit la bouche, la referma, hésitante. Elle finit par secouer la tête et soupirer lourdement, avant de relever la tête dans un concert de clochettes, le regard décidé, leur or assombri par une tristesse maintes fois ressassée:

"J'ai eu... hum..."

Elle fronça les sourcils avant de se lancer, parlant bas et vide:

"Il y a de cela quelques années, j'ai laissé mourir un homme, un guerrier, alors que j'aurais pu, j'aurais dû, faire quelque chose. Si... je le peux, j'aimerais... Vous aider, si la situation le demandait. Pour... Je ne sais pas... équilibrer?"

Elle eut une moue à mi-chemin entre l'agacement et la déception. Les mots, les mots... Ils n'avaient jamais été son fort. Frustrée, elle se leva, fit quelques pas dans un sens, puis dans l'autre sur le sol mouvant de la roulotte, parfaitement stable sur la plante de ses pieds. Elle était un Hybride des Montagnes, après tout, un peu de mouvement, ce n'était rien en comparaison des à-pics rocheux. Elle se frotta le visage du plat de la main avant de secouer la tête:

"Non, c'est ridicule... Quoiqu'il arrive, je ne pourrais rien faire, de toutes les façons..."

Elle força un petit sourire et finit par se rasseoir. Le Maître de la Caravane n'allait certainement pas tarder à venir voir ce qu'il en était de ce patient improvisé.

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MessageSujet: Re: Même quand on frappe aux portes de la mort, on fait de bonnes rencontres[PV Adma]   Mer 12 Fév - 0:35

J'assimilais les informations que me donnait Adma à mesure qu'elle sortait de sa bouche. Un maître mort, des enfants désireux de se débarrasser des poids morts et le Maître Caravanier, marchant d'esclave de son état qu'on avait chargé de vendre la jeune hybride... Je m'abstins de commentaires, mais je ne pouvais néanmoins m'empêcher de penser que la vie d'esclave était bien pittoresque. Ils n'étaient que de simples marchandises aux yeux des hommes...

Selon ses dires, nous nous dirigions vers l'une des nombreuses grandes cités du territoire eldorien. La nouvelle, loin d'être mauvaise, n'était pas pour autant excellente. Certes, je n'aurais pas à marauder bien longtemps avant de trouver une ville habitée mais cela présentait un inconvénient majeure... La probabilité de retomber sur le convoi n'était pas négligeable...
J'écoutai attentivement la suite quand elle se mit à parler de son passé, de cet homme qu'elle avait laissé mourir et de son envie de se racheter. Je ris doucement aux dernière remarques de la jeune hybride. Vouloir m'aider davantage? Elle en avait déjà fait tant...

Ne vous forcer pas, Adma. Personnellement, je ne vous impliquerais pas plus avant dans cette histoire. Je m'en voudrais que l'on vous accuse et vous châtie pour m'avoir fourni de l'aide, et... Vous avez déjà sauvez ma vie, vous en demander plus serait indécent. Non, si je dois quitter ce convoi, je devrais comptez que sur moi-même. Il faut seulement que je réfléchisse à un plan...

Plongé dans mes pensées, je réfléchis silencieusement à une éventuelle manière de fausser compagnie à ce marchant d'esclaves, mais plus le temps passait et plus l'envie de dormir se faisait sentir, au point que je fermai mes yeux et m'endormis pour de bon.

Ce fut le tintement des clochettes d'Adma qui me tira de mon repos. Tout les sens en alerte, je me redressai vivement sur mon lit de fortune. La lumière orangée qui filtrait au travers des rideaux m'indiqua que j'avais dormi jusqu'au crépuscule. Notre caravane semblait par ailleurs à l'arrêt. Il y avait fort à parier que le convoi faisait une halte. Toutefois, des pas à l'entrée de la caravane m'empêchèrent de pousser plus loin mon raisonnement. Sans attendre, je saisis mon manteau cendrée, oubliant un instant les déchirures et taches de sang séché qui le marbraient, et le jetai sur mes épaules pour dissimuler mon dos.

Quelques secondes plus tard, le rideau qui fermait la roulotte fut tiré et céda sa place à un homme. Il était plutôt grand et bien charpenté de surcroît. Des cheveux noirs filasses garnissait le haut de sa tête tandis qu'une épaisse barbe lui rongeait la partie inférieure du visage. Les vêtements amples et ternes qu'il portait accentuait l'antipathie que je ressentait pour cette personne qui gagnait sa vie en marchandant celle d'autrui.

Bien le bonsoir, étranger! Je vois que les pouvoirs de cette hybride ne sont pas des racontars, vous semblez remis à neuf! J'en tirerais un bon prix! D'ailleurs, j'espère bien que vous me remercierez pour vous avoir sauver la vie.

L'homme partit dans un rire gras qui ne m'arracha pas le moindre sourire. Contenant la rage qui bouillonnait en moi telle un serpent près à attaquer, je fis tout mon possible pour afficher une expression neutre.

La charité n'est décidément plus de mise en ce bas monde... Je pourrais bien vous céder le maigre pécule présent dans ma bourse mais je n'ai rien d'autre qui soit digne de payer ma dette.

Allons, allons! Vous omettez ce magnifique sabre en votre possession. Il me semble y reconnaître l'exotisme d'un katana...

Alors qu'il faisait un pas en direction de mon arme, la main tendue vers celle-ci, je sautai sur mes pieds et le devançai. Son regard fut apparemment surpris par ma vivacité et je béni une fois de plus le destin qui m'avait fait naître avec la constitution sans faille de mon peuple. Mes membres étaient certes ankylosés mais rien de fondamentalement insurmontable. C'est donc debout que j'affrontai du regard le Maître.

Si il y a bien une chose que je ne vous laisserai pas prendre, c'est ce sabre.

Passé les premiers instants de surprise, un sourire était revenu éclairé le visage du Maître mais, après mes paroles, son sourire s'élargit d'autant plus.

Je ne penses pas que vous soyez en mesure de me dire ce que je peux prendre ou non. Je pourrais tout aussi bien m'en saisir et vous vendre aussi au marché des esclaves.

Il me semble que vous ne pouvez réduire un homme à l'esclavage, Maître Caravanier

C'est exact. Mais pour cela, encore eut-il fallut que vous en soyez un vous-même!

Le ton sur lequel il avait annoncé cela se voulait triomphal tout comme l'expression qu'il affichait. La remarque m'avait effectivement pris de court, mais je tentai tout de même de feindre l'ignorance.

Allons, ne faites pas l'innocent. J'ai aidé à vous transporter dans cette roulotte et j'ai vue de mes propre yeux les cornes que vous dissimulez dans vos cheveux. Vous avez peut-être eu la chance d'avoir un très grande ressemblance avec les humains, mais vous n'en restez pas moins un hybride. Par conséquent, il ne sied qu'à moi-même de disposer de vous.

Je vois... Toutefois, je persiste à dire que ce sabre ne vous échoit point. Pour moi, il représente beaucoup, alors qu'à vous il ne vous rapportera rien.

D'un geste vif et avant qu'il n'ai pu faire le moindre mouvement de recul, je dégainai mon katana et le dirigeai vers lui, lame en avant. Elle était brisée nette à moins d'une main de la garde. Lorsque ma voix s'éleva, glaciale et sèche, le sourire du Maître disparu.

Ceci est l'unique raison de ma présence parmi vous. Si mon sabre n'était pas dans cet état j'aurais pu me défendre et vous ne m'auriez nullement retrouver gisant sur le bord d'une route à me vider de mon sang.

HRP:
 

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MessageSujet: Re: Même quand on frappe aux portes de la mort, on fait de bonnes rencontres[PV Adma]   Ven 14 Fév - 13:15

Elle-même avait été consciente de la vanité de sa proposition, de sa question, de son offre. Mais elle l'avait faite en toute connaissance de cause, parce que cela lui avait tenu à cœur, à cet instant précis. Et malgré la douce moquerie, malgré son rire, malgré qu'il ait refusé, elle n'en démordrait pas. L'expression avait beau dire "têtu comme une mule", ils n'avaient jamais rencontré un mouflon décidé. Si elle pouvait faire quelque chose, à ses risques et périls, peut-être, elle le ferait. Cet homme était mort pour elle, et tel était l'idéal qu'il lui avait transmis, celui dans lequel elle aurait voulu se voir grandir. S'il y avait une cause qui méritât qu'elle donne tout ce qu'elle possédait, et si la seule chose qu'elle possédait était sa vie, alors soit. Voilà ce qu'elle ferait.

Certes, il ne correspondait pas exactement au peuple opprimé ou à la veuve et l'orphelin dont il lui avait parlé, mais il faudrait faire avec. Ce ne serait pas un fait d'arme. Elle n'avait cure de la reconnaissance. Elle voulait simplement faire quelque chose pour combler cette brèche que son impuissance avait ouverte en elle. Un objectif trop égoïste pour qu'elle soit digne de la Garde, mais elle n'était qu'Adma, et malgré ses convictions, elle craignait que ce rêve ne s'éloigne d'elle à chaque nouvelle vente.

Ses oreilles se tournèrent vers son patient et elle laissa échapper un petit rire, à peine un souffle, en constatant à sa respiration régulière qu'il s'était endormi. Le plus gros inconvénient de son pouvoir. Elle ne maîtrisait pas mal son don, mais les conséquences en étaient lourdes à la fois pour elle et le récipiendaire. Elle n'en laissait rien paraître, mais elle avait des difficultés à se déplacer aussi agilement que d'ordinaire, les douleurs fantômes et résiduelles dans ses membres, nées de ses blessures, pulsant toujours sourdement, sous la fatigue presque engourdissante. Elle inspira profondément et, avec plus de précautions désormais, puisqu'il n'y avait personne pour la voir, elle commença à ranger les reliefs de leur "repas". Ses doigts s'égarèrent un instant sur la cape du guerrier, constatant les trous et les taches sombres. Avec un soupir, elle s'installa et commença à repriser les lacérations avec son petit nécessaire de couture.

La répétition lénifiante du geste lui permit presque de s'assoupir. Elle fut cependant violemment tirée de sa torpeur à l'arrêt de la caravane. Rapidement, elle reposa le vêtement et se releva, s'attendant d'un instant à l'autre à la visite du Marchand, le bruit irritant des clochettes retentissant fortement dans le soudain silence qui précédait le brouhaha du déchargement et de l'installation pour la nuit. Et, de toute évidence, elle ne s'était pas trompée.

S'ensuivit alors l'échange le plus étrange auquel il lui fut donné d'assister. Elle avait assisté à des négociations, à des réprimandes, à de la mauvaise foi évidente. Mais rarement à ce type d'argument. Une conversation, une dispute, d'égal à égal. Aucun ne demandant rien de l'autre. Deux hommes libres se disputant des droits. Elle fronça les sourcils en entendant mentionner les cornes. La discussion ne s'adressait pas à elle, pourtant, elle écoutait. Et elle s'inquiétait. Il n'aurait pas dû se lever. Il n'aurait pas dû dégainer ce sabre. D'un instant à l'autre désormais, d'un instant à l'autre, le Caravanier allait appeler sa garde en renfort. Alors, seul et affaibli, sans arme -elle peina à cacher sa surprise à la vue de l'arme brisée- il ne survivrait pas. Elle détestait gâcher son travail, et elle s'était promis de ne plus vivre cette impuissance qui la rongeait comme le temps ciselait les roches de sa montagne natale.

Sa main fine, peu habituée aux travaux de force, se referma autour d'une longue et solide attelle. Son bras s'éleva, dans le dos du gras marchand. Et le coup s'abattit. Elle avait frappé fort. Trop, peut-être. Elle n'avait pas mesuré la portée de cette frappe. Jamais de sa vie n'avait-elle attaqué quelqu'un. Et moins encore de cette façon. Pourtant, elle ne s'attarda pas dessus, posant délicatement, sans bruit, le bout de bois au sol, avant de se tourner vers Asmaël, par-dessus le corps momentanément inconscient de l'esclavagiste. Sa voix était basse, un murmure, mais véhiculait toute l'urgence qu'elle ressentait alors que les rares vestiges de rouerie qu'elle aurait pu avoir se rassemblaient pour tisser le seul fil qui pourrait les sauver tous les deux:

"Vous n'aurez qu'une seule et unique chance de vous enfuir, Asmaël. Il ne restera pas dans cet état très longtemps. Je ne peux que vous conseiller de courir vite, et d'éviter cette caravane pendant quelques temps. Et de trouver un bon forgeron, aussi. Vous risquez d'en avoir besoin plus rapidement que vous n'auriez pu le croire."

Elle prit une nouvelle inspiration et enjamba le corps, faisant une chose qu'elle n'avait jamais imaginé faire un jour. Serrer dans ses bras un guerrier auquel elle faisait ses adieux, de son plein gré. Elle s'éloigna et lui sourit:

"Je suis désolée de devoir faire retomber la faute sur vous. Mais si vous voulez que j'y survive, il va falloir me mettre hors d'état de nuire également. Je vous déconseille le crâne, j'ai la tête plutôt dure, en revanche. Ce serait dommage que vous vous cassiez la main juste après avoir été réparé."

Un petit rire lui échappa. Elle savait ce qui l'attendait. Ce qu'elle ne lui disait pas. Elle serait de toutes les façons tenue pour responsable. Mais elle avait prouvé sa valeur. Elle ne serait pas tuée. Probablement pas... Son sourire ne fléchit pas. Après tout, elle n'avait jamais espéré décider de sa vie, et elle était satisfaite d'avoir pu être utile une fois, au moins...


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MessageSujet: Re: Même quand on frappe aux portes de la mort, on fait de bonnes rencontres[PV Adma]   Dim 16 Fév - 21:17

Le choc sourd et mat qui s'éleva soudainement dans la roulotte me surpris et, à en juger par l'expression du Maître Caravanier, lui aussi en fut étonné. Quoique? Son expression de stupéfaction était quelque peu déformée par autre chose... de la douleur? Ma surprise allait grandissante quand je vis les yeux du marchant se révulser et, quelques instants plus tard, son corps s'affaisser et tomber lourdement contre le plancher, révélant au passage l'origine du bruit. Adma se tenait derrière lui, armée d'une bâton qu'elle venait d'utiliser comme gourdin.

J'étais plongé dans un état d'hébétude quand elle commença à me parler à voix basse. Ces mots me rendirent ma lucidité. Fuir. Oui, je devais en profiter pour fuir. Ces mises en garde concernant la caravane étaient sérieuses aussi me jurais-je de veiller à ne jamais recroiser la route de ce marchant d'esclaves. Tandis que je m'affairais à récupérer le reste de mes effets personnels, je fus de nouveau vivement étonné quand, sans prévenir, Adma m'embrassa un court instant avant de reculer et me sourire.

Ce qu'elle me dit par la suite me toucha beaucoup. Savoir que je me devais à présent de frapper et assommer celle à qui je devait d'être en vie à l'heure qu'il est m'était difficile. J'aurais cent fois préféré l'amener avec moi plutôt que la laisser au main du marchant. Pourtant quelque chose dans son regard me fit comprendre que jamais elle n'accepterait mon offre. Baissant ma tête, j'essuyai les quelques larmes qui avaient commencé à naître dans le coin de mes yeux. Quand je la regardai à nouveau, j'étais déterminé. À mon tour, je l'enlaçai et lui chuchota mes mots d'adieux dans le coin de l'oreille.

Je suis désolé de la tournure des événements, Adma. J'aurais préféré ne pas vous impliquer. Puisse le Destin laisser nos routes se croiser à nouveau. J'aimerais avoir la chance de pouvoir payer l'immense dette que j'ai envers vous. Je ne vous dirais donc pas adieu, mais en revoir.

Après un court silence, il me semblait juste d'ajouter quelque paroles pour calmer l’appréhension que je lisait sur le visage d'Adma.

Ne vous inquiétez pas, vous ne sentirez rien.

Je repliai légèrement les doigt de ma main droite et, d'un coup sec et précis, je frappai la nuque de la jeune hybride. Presque aussitôt, elle perdit conscience et je la soutint dans mes bras tandis qu'elle s'écroulait. J'accompagnai sa chute afin de m'assurer qu'elle ne se fasse pas mal et posai délicatement sa tête sur le sol de la roulotte. Jetant un dernier regard aux deux personnes évanouis sur le plancher, je me glissai hors de la roulotte.

Dès que j'eus posé le pied sur la terre ferme, je me pliai en deux pour éviter les éventuels gardes du convoi et commençai à m'éloigner le plus discrètement possible. J'avais décidé de suivre la route par le même chemin que le convoi afin d'éviter de me perdre de nouveau au milieu de nulle part. C'était risqué certes, mais il n'y avait pas d'autres solutions. Je n'aurais qu'à me méfier plus que de mesures des poursuivants que pourrait envoyer le marchant à ma poursuite.

Quand j'arrivai à la caravane de tête, je remarquai la présence d'un garde qui, par chance, scrutait les environs pour prévenir tout éventuelles attaques. Sans une once d'hésitation, je me dirigeai d'un pas souple et silencieux vers cette sentinelle puis quand je jugeai que la distance devenait suffisamment faible, je me téléportai dans son angle mort et lui fit une violente manchette à la nuque qui l'expédia au tapis presque instantanément.

Passé ce dernier obstacle, plus rien ne m'empêchait de fuir la caravane, ce que je fis aussitôt. Les cinq premières minutes qui suivirent, je les passais tantôt à courir, tantôt à utiliser ma magie de téléportation par petit saut, essayant de mettre le plus de distance entre moi et le convoi. Je tendis l'oreille par la même occasion, soucieux de m'assurer que personne ne me talonnait. Néanmoins, je cessai rapidement d'user de ma magie conscient que mon état, bien que grandement amélioré comparé à la veille, n'était pas encore au mieux et qu'il me fallait donc ménager mes forces pour réussir ma fuite.

Cela faisait quelques heures à présent que je trottinais sur le sentier qui servait de route. Mon rythme était certes ralenti par la fatigue qui allait en s'accumulant, mais je faisait preuve d'une volonté sans faille et continuai à poursuivre ma route. De temps à autre, il m'arrivait de jeter des coups d’œil dans mon dos car j'avais l'étrange sentiment d'être suivi. Pourtant, à chaque fois, je ne voyais pas âmes qui vivent. Quelques minutes plus tard, j'arrivais à une bifurcation. Une pancarte planté au milieu du croisement, indiquait les différentes cités desservies par chaque chemin.

Encore une fois, j'eus la désagréable sensation d'être observé. Mais comme à chaque fois, quand je me retournais, je n’aperçus personne. Toutefois, un souffle d'air se fit soudain entendre et avant que je n'ai pu esquisser le moindre mouvement pour fuir, un oiseau fondit sur mon épaule et s'y percha. Posant mon regard sur le volatile qui venait de se s'accrocher à mon épaule, je fus aussitôt rassuré. C'était un grand corbeau que je connaissais très bien.

Selim! C'est donc toi qui me suivait depuis tout ce temps! Je vois que tu n'as toujours pas décidé de m'abandonner à mon triste sort.

Mes doigts glissèrent le long de son plumage noir de jais, le faisant piaffer de satisfaction. Mes yeux se reportèrent à la pancarte plantée au bord de la route. Il se trouvait à dix lieues d'Aratos. La recommandation d'Adma me revint alors à l'esprit. Trouver un forgeron.

Quand penses-tu, mon ami? Une cité comme Aratos doit bien compter un forgeron digne de ce nom?

Le corbeau me répondit par un de ses habituels croassements gutturales tout en fixant l'une des perles noires qui lui servait d'yeux sur moi. Resserrant mon emprise sur la poignée du sabre qui pendait à mon côté, je hochai de la tête en signe d'assentiment avant de prendre la route d'Aratos d'un pas déterminé.

Nous n'avons pas une seconde à perdre...

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Même quand on frappe aux portes de la mort, on fait de bonnes rencontres[PV Adma]

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