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 [Quête] L'Hiver vient | Solo Edelan

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MessageSujet: [Quête] L'Hiver vient | Solo Edelan   Ven 22 Nov - 15:44



Ma première visite en bordure des terres indépendantes me laissa un souvenir fort impressionnant, et si rien d’extraordinaire ne se déroula cette fois-ci, ce jour reste tout de même comme marqué dans mes souvenirs. Surement parce qu’en mon fort intérieur, la péripétie que je suis sur le point de raconter représente bien cette région sublime dans toute sa sauvagerie…

Je m’y rendis sur l’ordre du roi, qui y avait dépêché nombre de ses hommes pour surveiller les frontières. Nous avions reçu l’ordre de veiller à ce que les fauves et autres carnivores ne s’approchent pas trop près des zones habitées, rongés de cette faim qui leur est propre. Puis, nous avait-on dit, de venir en aide aux populations locales, si nous en avions le temps. Il est inutile de préciser que fort peu des soldats envoyés ne participèrent à cette dernière tache. L’hiver s’en venait, vêtu de son froid manteau, et avec lui les dangers qu’il versait sur les hommes et les bêtes. Jamais le malheur du peuple n’était alors aussi audible que lorsque les dernières feuilles des bosquets terminaient de tapisser le sol de leur couleur cramoisie, car cela signifiait troquer une période d’opulence pour une autre de disette et de d’abstinence.

Lorsque mon périple prit fin, et que terrassé par la fatigue, je posais le pied à terre suite à une longue journée de voyage, l’orbe céleste terminait sa course dans le ciel de pastel pour laisser place à la lune, souveraine de la sombre nuit.

Le paysage était de toute beauté, et je ne saurais repeindre dans toute sa splendeur le tableau  qui s’offrit à mes yeux épuisés. Naturel. Un simple mot, qui me fit pourtant la plus forte impression, moi qui n’était habitué alors qu’aux places bruyantes des villes et aux citées grisâtres. Un simple mot que nous parvenons vite à oublier, nous autres pauvres mortels, bien que nous en soyons une partie intégrante… un peu comme si nous ne cherchions qu’à nous détourner de notre nature première, à la travestir derrière un voile éphémère. Ephémère, oui. Car finalement, nous retournons tous à la nature. En cela la vie sur les grands chemins m’enseigna.

Je m’étais arrêté dans un petit bourg, non loin des bois. C’est là-bas, alors que je m’apprêtais à m’enfoncer davantage dans les rues pour trouver un lieu où passer la nuit qu’un homme interpella. Son visage était noirci par la saleté et ses yeux cernés par la fatigue. En guise de vêtements, de simples hardes qui ne devait pas tenir bien chaud lui recouvraient le corps de pars en pars. Ainsi, lorsqu’il m’exposa sa requête, attristé par son sort, je ne me senti pas la force de refuser. Il n’était pas bien compliqué de trouver quelques animaux à lui apporter pour remplir sa réserve en vue de l’hiver…

C’est ainsi que je m’engageai entre les hautes cimes de la mystérieuse forêt. La nuit s’était installé dans le ciel en une toile obscure, parsemée d’astres plus brillants les uns que les autres. Les troncs épais étaient indénombrables, à tel point je devais jeter un coup d’œil attentif à chacun de mes pas pour ne pas m'écarter trop loin de la lisière de la forêt, de peur de me perdre. Je n’avais pris aucun éclairage pour guider mon chemin. Je n’en avais pas besoin. Pourtant en cette nuit, la lumière des étoiles parvenaient difficilement à percer les épais feuillages, mais elle me suffisait. Mes  yeux de félins transperçaient la pénombre de leur pupille, et je voyais presque aussi bien qu’en plein jour.

C’est au bout d’une heure de recherche que je rencontrais enfin ce qui allait s’avérer être ma proie. L’animal au pelage ténébreux marchait d’une démarche féline, tellement gracieuse que je ne pus détacher mes yeux de cette apparition. Ce spectacle, aujourd’hui encore du fond de mes souvenirs me semble presque irréel. Pourtant, malgré son charme indéniable, j’avais promis au paysan de lui ramener quelque chose. Résolu, je sortis ma lame en un chuintement silencieux.

On m’avait bien proposé une autre arme, un arc en l’occurrence, avant que je ne pénètre la forêt mais j’avais refusé, persuadé de mon incapacité à l’utiliser correctement. Je m’en étais donc allé, avec pour uniques compagnons l’acier que j’avais reçu du roi lors de mon adoubement en tant que chevalier, et d’un poignard que je portais sur moi lorsque je circulais en tenu de civil.

Je me demande encore comment elle fit, mais la bête m’entendit, et tourna alors sa tête de mon côté.  Sans doute une branche qui craqua sous mon poids, ou bien peut être même une feuille. Cela ne m’étonnerai guère tant l’ouï de pareils prédateurs se trouve aiguisée par la vie sauvage. Ses yeux, deux gros saphirs dorés à la pupille féline me transpercèrent, et j’eu l’étrange impression un court instant que l’animal lisait en moi comme dans en livre. Alors qu’un frisson me parcourait l’échine, ses babines se relevèrent et un ronronnement sourd sorti d’entre ses dents qui me semblèrent sur le coup assez tranchantes, pour le moins aiguisées. Pourtant et malgré tout, je ne reculais point. La bête avait sans aucun doute compris mon intention, je le devinais de par sa posture, mais je ne pouvais me permettre de poursuivre les recherches en une telle heure, et je ne me sentais guère envie de m’y remettre le lendemain. Nous nous regardâmes alors mutuellement, l’homme et la bête, en un terrible face-à-face silencieux.

Tout se passa très vite par la suite. Son corps se détendit d’un coup, propulsé par une incroyable extension de ses pattes arrières. Je voyais déjà ses crocs transpercer mon cou quand, par un coup du hasard, je trébuchais sur une racine en reculant. La bête féroce me passa par-dessus, ce qui me permit de me relever pour lui faire face à nouveau. La sueur me coulait le long des tempes, car je savais que la moindre erreur me serait fatale.

Le ronronnement reprit de plus belle, mais cette fois ci je me préparais. Et alors que le félin sautait à nouveau, je m’avançais également, tranchant en un mouvement verticale. Mon arme pénétra la chair de la bête dans l’abdomen et une giclée de sang tacha mes vêtements.  Cela ne m’importa que peu sur le moment. Le fauve, blessé, gisait au sol.
J’avais vaincu.

Sans perdre de temps, je m’agenouillais près de lui, exerçant une attention toute particulière à ne pas m’approcher trop près de sa mâchoire.  Puis, je plantais mon poignard dans la nuque de l’animal et l’agitais de droite à gauche. Un chasseur m’avait raconté un jour qu’il s’agissait d’une des façons les plus efficaces pour achever de tels gibiers sans les faire souffrir plus que nécessaire. Et je tenais particulièrement à ce que ce ne soit pas le cas.

Une fois l’acte accompli, je fis en sorte qu’il puisse tenir sur mon épaule, et décidais qu’il était grand temps que je rentre. Bien que la viande ait été abîmée par le coup d’épée que j’avais asséné, la taille de la bête promettait tout de même d’offrir plusieurs bon repas. Tout du moins je le pensais. Je n’appris que le lendemain le nom de la bête que j’avais abattu. Une créature répondant à la douce appellation de panthère, noire…

L’homme se pense en bien des cas supérieurs aux autres êtres en Elden. Pourtant, en rien il n’excelle. Nombre d’animaux se trouvent plus dangereux, mais aussi plus gracieux que la race humaine. Un jour viendra, je ne sais quand, où l’homme devra répondre de ses actes devant dame nature. J’espère ne plus être en vie pour voir un tel jour arriver, car alors nul n’en rechapera…

Note annexe numéro 1 du journal d'un sang-mêlé.
 

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